Archive pour le Tag 'temps'

Il y a 103 ans…

A la recherche du temps perduLe 14 novembre 1913 paraît le premier tome de « A la recherche du temps perdu ».
Refusé par plusieurs éditeurs dont Gallimard, le premier tome d’une série de sept, « Du côté de chez Swann » de Marcel Proust est publié par Grasset à compte d’auteur.
Le dernier tome de cette oeuvre complète sera publié dix-sept ans plus tard.
Ce roman est considéré comme un tournant dans l’histoire de la littérature française.

 

Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit

Un jour je m'en ira sans en avoir tout dit Roman de Jean D’ORMESSON

Dans ce livre, improprement catégorisé dans la rubrique des romans, est en fait une suite de réflexions sur le thème cher à Jean d’Ormesson : le temps !
Ce n’est pas la première fois qu’il évoque le sujet ; il me semble même qu’il est au cœur de ses derniers ouvrages. Il parle de son grand-père, de sa tante Françoise et de sa cousine Marie, la femme de sa vie, celle qu’il a cru perdue quand elle a décidé d’épouser Pama Karpo, un garçon originaire du Tibet que sa mère, incapable de procréer, avait un jour ramené d’un voyage au Tibet ; quelques semaines plus tard, elle était enceinte de Marie !
Il nous parle de son enfance, de ses vacances auprès de son grand-père qui a joué un rôle si important dans sa vie, d’un temps où rien ne bougeait : « Longtemps, demain a ressemblé à hier. » et de son goût, déjà exprimé dans ses précédents livres, pour la paresse : « A côté du noble art de faire faire les choses par les autres, il y a celui, non moins noble, de les laisser se faire toutes seules. »
La mort tient aussi une place importante dans l’ouvrage : « Le plus cruel, quand on vieillit, c’est ce vide, peu à peu, qui se fait autour de soi. », après avoir longuement chanté l’amour, la grande affaire dans la vie de l’auteur comme dans la nôtre ! Mais l’amour pour lui est indissociable des voyages : le Maroc, l’Inde, la Grèce, encore et toujours la Grèce et ses iles innombrables aux criques minuscules, accessibles seulement par bateau, désertes et paradisiaques.
Puis il termine avec le temps, leitmotiv qui revient sans cesse comme une antienne : « L’avenir n’est rien d’autre qu’un passé en sursis. » Ce futur qui, à peine est-il devenu présent, se précipite dans le passé…
Alors bien sûr, ses détracteurs diront que l’auteur ratiocine et ils n’auront pas tout à fait tort. Mais on n’écrit bien que sur les choses que l’on connaît bien, et souvent les auteurs ont un thème récurrent qui finit souvent par devenir obsessionnel et occuper chaque nouvel ouvrage.
Et puis, quand on aime, on ne compte pas ! Je ne me lasse pas des mots de Jean d’Ormesson, qui coulent de façon si limpide et si mélodieuse !

Au fil des mots, du temps et de la poésie

Au fil des mots, du temps et de la poésie dans Livres lus Métivier-1ère-de-couverture001-150x150 Recueil de poèmes de Nicole METIVIER

Dans ce recueil de cinquante poèmes organisés autour du temps qui en est le thème phare, on aborde une poésie le plus souvent néo-classique avec, ça et là, de parfaits alexandrins, ce qui fait dire à l’amatrice de prosodie que je suis : « quel dommage que l’auteur n’ait pas poussé plus loin la perfection ! » car Nicole Métivier a l’étoffe du poète classique, il faudrait parfois très peu de chose pour éliminer les quelques petits défauts techniques. Mais cet avis n’engage que moi et n’enlève absolument rien au plaisir ressenti à cette lecture et à l’admiration que certaines trouvailles ont suscitée.
Pour parler de l’enfant en devenir :
« Elle sentait la vie au milieu de son ventre,
Le doux frémissement d’un petit corps menu ».
Et plus loin ce quatrain sublime :
« Il avait du comment le pourquoi du Mystère,
La conscience du Tout dans l’Infini des Cieux,
Et le Livre de Vie à porter à sa mère
Afin que sa lecture illumine ses yeux. »
Qu’elle évoque la future maman ou le souvenir du père, l’émotion est toujours à fleur d’écriture. Mais la poésie à l’état pur surgit aussi dans des poèmes comme « Jean de la lune » avec ce superbe quatrain :
« Il arrive bientôt au bord de la margelle
Et scrute au fond du puits pour transpercer le noir
Mais dans ses profondeurs, exemptes d’une échelle,
La lune, un peu distraite, a dû se laisser choir. »
et encore avec nostalgie dans « La gomme » :
« Mais mon humble ouvrier à l’aspect compassé,
Par la microtechnique, a été déclassé
Et c’est l’ordinateur froidement cuirassé
Qui, d’un ”copier-coller”, retranscrit le passé. »
Pour évoquer le temps qui passe, l’artiste a des images originales :
« Le temps d’un baiser doux, l’horloge a fait trois tours »
Nicole sait aussi chanter « L’éternel féminin » :
« Elle a de ses vingt ans, la beauté saisissante »
Les inconditionnels du Petit Prince ne resteront pas insensibles à cette strophe :
« Lucarnes de l’espoir, lorsque je vous contemple,
Je sais que, quelque part, un être me sourit,
Un Petit Prince errant dont le cœur, il me semble,
En quête d’infini, recherche son amie. »
Bref, tant de poèmes si beaux que je ne puis me résoudre à en extraire quelques vers, sauf peut-être, pour conclure :
« Et dans le tendre écrin, crépuscule d’argent,
Un petit coin du ciel blottira mon serment,
Le plus beau des trésors, la promesse et la joie,
Ton amour et mon cœur dans un cocon de soie

Ce recueil, vendu 10 euros par l’auteur, n’est à ma connaissance pas commercialisé dans les lieux de vente habituels. Mais n’hésitez pas à vous rendre aux différents salons littéraires locaux ; vous aurez toutes les chances d’y rencontrer Nicole pour une dédicace. En cadeau à soi-même ou à un proche, ce premier ouvrage de l’auteur saura séduire le lecteur.




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