Archive pour le Tag 'roman'

L’héritage de Clara

L'héritage de Clara Roman de Françoise BOURDIN
Suite de « Le secret de Clara », ce roman commence avec le décès de la vieille dame de plus de quatre-vingts ans qui n’a pas su surmonter un nouveau drame : la mort d’un de de ses arrière-petits-fils. Avant de mourir, la chef de clan et gardienne des valeurs familiales, transmet le flambeau à Vincent, le fils aîné de son bien-aimé fils Charles.
Sur son lit de mort, Charles avait divulgué le secret de Clara à ses enfants, neveux et nièce. Par égard pour Clara, ses cinq petits-enfants avaient su, malgré les rancoeurs et les désirs de vengeance, rester unis autour d’elles. L’aïeule partie, le clan menace d’exploser. Certes ils se retrouvent à Vallongue, dans la maison familiale en Provence, que Clara leur a léguée en indivision. Vincent a divorcé de Magali, tombée dans l’alcoolisme. Alain exploite toujours ses oliviers sans parvenir à trouver une attache auprès de Jean-Rémi. Marie, qui a fait deux bébés toute seule, se retrouve soudain confronté à son passé. Et puis il y a Virgile, le fils aîné de Vincent, et Cyril, le fils de Marie, qui se détestent tellement qu’ils manquent reproduire le scénario dont leurs deux grands-pères ont été les principaux antagonistes. Alain, le sage de la fratrie, saura-t-il sauver le clan, avec pour leitmotiv la devise de Clara : « La famille avant tout ! » ?
Une histoire de famille bien ficelée avec des personnages très attachants. Bien sûr, c’est un peu trop conventionnel, un peu trop propret, un peu trop attendu, mais ces deux volumes offrent un excellent moment de lecture.

Un moment de vérité

Aujourd’hui, je me rendais chez une cliente pour commencer avec elle la lecture de sa biographie. C’est un moment toujours particulier dans la vie professionnelle d’un écrivain public que celui de confronter son travail rédactionnel à l’appréciation du client et c’est toujours avec une boule d’angoisse au creux du ventre que je m’y soumets. Le coût d’une biographie, relativement élevé, donne le droit au client à un certain niveau d’exigence. Après des semaines de travail à l’appui d’une dizaine d’heures d’enregistrement, malgré la trentaine d’ouvrages réalisés depuis que j’exerce ce métier, le doute et l’anxiété sont là, intacts. Et si ma prose n’était pas à la hauteur de la vie confiée à mon dictaphone ? Et si le client, dès les premières pages lues, m’interrompait pour me manifester son mécontentement ? Cela n’est jamais arrivé, mais il suffirait d’un malentendu, d’une mauvaise impression, d’une interprétation erronée. Malgré toute ma conscience professionnelle pour écrire au plus juste, malgré ma capacité d’empathie pour retranscrire les sentiments et les émotions évoqués, malgré mon investissement dans cette vie que je me suis appropriée pour mieux l’incarner et la traduire en mots, l’anxiété grandit à mesure que j’approche du moment de vérité.
Le verre d’eau à portée de main, je commence la lecture. Ma cliente est assise en face de moi et je lui lance régulièrement de brefs regards. Impassible, elle écoute…
Alors que, la gorge sèche, je tends la main vers le verre, elle me regarde, les yeux brillants :
« C’est incroyable ! J’ai l’impression de regarder le film de ma vie ! Comment avez-vous fait ? »
Gagné ! Soulagée, je poursuis. Et à cet instant précis, j’ai la conviction d’exercer un des plus beaux métiers, exaltant pour moi et foncièrement utile pour ceux qui me font confiance !

Le secret de Clara

Le secret de Clara Roman de Françoise BOURDIN

Clara, la soixantaine, veuve, est désormais à la tête du clan Morvan. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, elle quitte Paris et fuit avec les autres membres du clan à Vallongues en Provence, dans la grande maison de famille. Charles, son fils aîné, prisonnier en Allemagne, vient juste de rentrer. Il apprend la mort en déportation de son épouse Judith et de leur petite-fille, tandis que leurs deux garçons, Vincent et Daniel, étaient restés aux bons soins de Clara, avec leurs cousins Marie, Alain et Gauthier, les enfants d’Édouard. Lui-même n’était pas parti pour le front, réformé… Quand il se suicide, dans le bureau de la grande maison, quasiment sous les yeux de son frère Charles, Clara devine la vérité mais refusera de l’entendre : ainsi pour tout le clan, le « pauvre » Édouard s’est-il donné la mort. Et Clara espère que Charles, son fils préféré, saura retrouver la joie de vivre dans les bras d’une autre femme. Mais il refuse d’oublier Judith et assume son rôle de chef de clan, élevant ses neveux et nièce avec ses deux enfants, avec l’aide de Clara, Madeleine, la veuve d’Édouard, vivant avec eux dans le souvenir de son cher époux…
Mais les enfants grandissent et tous n’acceptent pas l’autorité de Charles, notamment le jeune Alain qui refuse de poursuivre ses études et obtient, à peine sorti de l’adolescence, après une violente confrontation avec son oncle, de repartir en Provence pour s’adonner à l’exploitation des oliviers sur le domaine familial.
Un récit vivant dans la pure tradition des sagas familiales. Un roman populaire bien écrit, de ceux qu’on ne lâche plus à peine commencés.

Une bonne raison de se tuer

Une bonne raison de se tuer Roman de Philippe BESSON

L’action – si je puis dire – se déroule à Los Angeles, en novembre 2008, le jour de l’élection de Barak Obama.
Tandis que les Etats-Unis et le reste du monde sont suspendus aux postes de radio et de télévision dans l’attente des premiers résultats, Laura et Samuel sont à la dérive, absolument hors du temps. Elle s’est levée avec la ferme intention de se donner la mort à la fin de la journée ; il doit enterrer son fils de dix-sept ans, découvert pendu dans son lycée. Ces deux personnages, à la fois si différents et si semblables, vont-ils se rencontrer et peut-être se sauver mutuellement ?
Sur plus de deux cent cinquante pages, l’auteur nous raconte une journée d’un homme et d’une femme dans la même ville et l’on ne s’ennuie pas.
Philippe Besson fouille avec talent dans les âmes de ces personnages pour expliquer l’effroyable. Au fil des pages, on comprend que Laura, une femme qui a consacré sa vie à son mari et ses deux fils, se trouve absolument démunie lorsque son mari la quitte pour une plus jeune et que ses fils suivent le père par confort avant de voler plus ou moins de leurs propres ailes. Quant à Samuel, un homme divorcé et père un week-end sur deux, il fait ce qu’il peut pour aider son gamin à grandir malgré la séparation et se demande comment survivre au geste fatal de l’adolescent qu’il n’a pas su prévenir ni même deviner.
Un livre dont on ne sort pas indemne.

Vivre vite

Vivre vite Roman de Philippe BESSON

 » Regardez-moi bien. Qui sait si je serai encore là demain…  » Aussi célèbre soit-il, James Dean, symbole de la jeunesse éternelle, demeure toujours aussi insaisissable.
Philippe Besson, dans ce roman construit sur les « témoignages » des proches de l’acteur, parvient à saisir la fragilité et le paradoxe du personnage. Car ce garçon, si jeune orphelin, a suscité des sentiments très variés et très contrastés parmi celles et ceux qui l’ont côtoyé.
Bien sûr, les fans de l’acteur n’apprendront rien de nouveau, car sans doute tout a-t-il été déjà dit. Mais ils aimeront sans doute cet ouvrage, comme je l’ai aimé, alors même que je connaissais déjà très bien la vie de James Dean. Adolescente, je me suis intéressée à ce jeune homme qui voulait tellement vivre à cent à l’heure qu’il en est mort. J’ai lu une grande quantité d’ouvrages, y compris une biographie en anglais que j’ai déchiffrée avec pugnacité pour les besoins d’un exposé que je devais faire en classe de Terminale, bien sûr dans la langue de Shakespeare.
Quarante ans plus tard, j’ai aimé me replonger dans l’univers de cet acteur qui restera, malgré tous les ouvrages écrits sur sa personne, une énigme.

Joyeux suicide et bonne année !

Joyeux suicide et bonne année Roman de Sophie de Villenoisy

Sylvie, 45 ans, juriste, se retrouve très seule après la mort de son père. Plus de parents, pas d’enfants, pas de famille, peu d’amis, pas d’amant, même pas un chien ou un chat pour fêter ses retours du bureau. Du coup, elle travaille beaucoup. Mal dans sa peau, sans passé glorieux ni avenir réjouissant, elle vivote. Un jour, elle se réveille avec une décision : elle se suicidera le jour de Noël sans informer quiconque.
Pour l’aider à surmonter son deuil, son amie (la seule) Véronique lui conseille de consulter un psy. Sylvie choisit Franck, le plus proche de son domicile. Plutôt bel homme, ses méthodes insolites étonnent la jeune femme et mettent du piment dans sa vie. Ils ont deux mois jusqu’à la date fatidique. Franck réussira-t-il à faire changer sa patiente d’avis ?
Un petit livre plein d’humour qui traite pourtant d’un sujet très actuel et infiniment sérieux et triste. Et pourtant, on sourit et on rit même !
On passe vraiment un bon moment avec cet ouvrage écrit dans un style très moderne.
A lire absolument.

Le liseur

Le liseur Roman de Bernard SCHLINK

À quinze ans, Michaël Berg devient l’amant d’Hannah Schmitz, une femme de trente-sept ans. Pendant six mois, après le rituel du bain et de l’amour, celui de la lecture à haute voix par le garçon ponctue leur liaison. Puis Hanna disparaît. Michaël apprend qu’elle a refusé la promotion, induisant une formation, offerte par la société des tramways dans laquelle elle travaillait. Le jeune homme se souvient qu’elle lui a raconté avoir déjà quitté un poste dans une usine pour ne pas avoir à suivre une formation…
Sept ans plus tard, alors que Michaël suit des études de droit, il assiste au procès de cinq femmes, anciennes gardiennes dans un camp de concentration, accusées entre autres crimes, de n’avoir pas libéré des centaines de femmes enfermées dans une église, alors que celle-ci avait prit feu après un bombardement. Parmi les accusées se trouve Hannah…
Alors qu’il s’étonne du comportement de cette femme qui se défend si mal avant d’accepter l’accusation la plus grave, celle d’avoir décidé, dans des rapports écrits, quelles prisonnières devaient être envoyées chaque semaine aux fours crématoires, la vérité éclate dans l’esprit du jeune homme : Hannah ne peut pas avoir fait ce dont on l’accuse. Non pas qu’il refuse cette éventualité-là, trop douloureuse à accepter pour lui qui a tant aimé cette femme, mais parce que, pour une raison précise et irréfutable, il est tout simplement impossible qu’elle ait écrit ces rapports.
Va-t-il parler ? Va-t-il révéler la vérité qui disculperait cette femme ?
Le film tiré de cet ouvrage il y a quelques années m’avait envoûtée. Le livre m’a bouleversée. Car ce roman, merveilleusement écrit, pose la question de la culpabilité d’aimer un criminel. Il pose également la question de la culpabilité des générations après guerre, en Allemagne, par rapport au passé encore récent. Et il pose l’éternelle question qui souvent me hante : « Qu’aurais-je fait à sa place ? »

La joie en herbe

La joie en herbe   Roman de Claude VINCENT

Le narrateur est un monsieur d’un certain âge, marié et père d’un fils unique un peu volage. Écrivain et critique littéraire, il a consacré sa vie à son métier au détriment de sa vie personnelle et familiale, jusqu’au jour où il acquiert une maison dans un village du Sud de la France.
Alors qu’il avait toujours appliqué la consigne ancestrale « Pas de bête à la maison », il sauve un chiot que le propriétaire s’apprêtait à fracasser contre un muret, comme ses autres frères et sœurs. Interloqué lui-même par cet acte transgressif, l’homme un peu rigide, économe de sentiments et bourré de certitudes, promet au paysan d’adopter le chiot après le sevrage.
Ainsi Maya, le jeune chienne bâtarde, entre-t-elle dans la vie de ce vieux couple poursuivant côte-à-côte une vie sans fantaisie ni surprises ni illusions. Et elle va changer leur existence ! L’homme va découvrir un monde insoupçonné en se laissant apprivoiser par « la bête » dont il devient littéralement gaga ! Ce faisant, il s’humanise, baisse un regard toujours trop haut fixé, découvre des gens formidables de sincérité et de simplicité. Grâce à Maya, chienne folle, dépensière d’amour sans compter, il va renouer avec son fils un dialogue à peine amorcé et redécouvrir la femme qu’il a toujours aimée sans pouvoir le lui dire ni même se l’avouer.
Tendre et drôle, ce récit est la preuve que l’homme s’humanise au contact des animaux. Déjà convaincue que les êtres humains qui n’aiment pas les animaux ne sont pas fréquentables, ce roman plaisamment écrit le confirme !

L’Insurgé

L'insurgé Roman de Jules Vallès

« L’Enfant » puis « Le Bachelier » ont donné naissance à « L’Insurgé » !
On avait laissé Jacques Vingtras, bachelier, à l’aube de sa vie adulte et on le suit, tant bien que mal, dans son apprentissage de la vie politique et son difficile combat contre la pauvreté qui se résume à la simple survie dans un monde et une époque où le terme « social » n’avait pas encore revêtu son costume d’assisté qu’on lui prête aujourd’hui.
Le roman se situe à la fin de XIXe siècle, dans cette période historique nommée « La Commune ». Pour l’inculte que je suis concernant cette tranche de l’histoire de mon pays, Jules Vallès n’a pas vocation de professeur et ne m’enseigne donc pas grand-chose. Difficile, dans ces conditions, de se passionner pour son roman. Il eût fallu, pour mieux l’apprécier, remettre le nez dans mes anciens manuels scolaires… Je n’ai pas eu cette curiosité et ce courage ; aussi l’ouvrage de cet auteur m’est-il resté aussi hermétique, voire encore davantage, que les deux précédents tomes.
Bref, je me suis ennuyée durant cette lecture qui a duré des mois, car au livre j’ai souvent préféré la tablette pour jouer au scrabble !

Interviewée par Mona Radio Fajet

FajetMona, animatrice de l’émission littéraire « Vous m’en lirez tant », m’a reçue à Radio Fajet 94.2 pour parler de mon roman « La confession d’Anna » et mon métier d’écrivain public.
Vous pouvez écouter notre entretien d’une demi-heure vendredi 20 mai à 18 h 30 et de nouveau dimanche 22 mai à 10 h 30.
Puis elle sera en podcast sur le site de cette radio locale.

Muchachas 3

Muchachas 3 Roman de Katherine PANCOL

Dernier tome des « Muchachas » mais certainement pas la fin de la saga de l’auteur des « Crocodiles », « Tortues » et « Ecureuils » car aucune des intrigues développés dans les deux tomes précédents ne se termine, si ce n’est celle de Léonie et Ray Valenti… Mais même dans ce cas, si le sort du méchant macho est scellé – et plutôt mal scellé je trouve, car le salopard ne méritait pas la mort que lui offre l’auteur ! – celui de Léonie est encore ouvert.
Quant à Hortense et Gary, ils sont en pleine déroute sans qu’on sache si Gary s’est décidé à quitter Hortense pour Calypso et si Hortense acceptera de mettre sa carrière en construction entre parenthèses pour récupérer l’homme qu’elle dit aimer.
Et puis que deviennent Joséphine, Shirley et Philippe que l’auteur laissent un peu tomber ?
Bref, c’est du pur Pancol et j’ai aimé, mais qu’on ne me dise pas qu’il n’y aura pas une suite dans un, deux ou trois ans !

Machachas 2

9782226254450g Roman de Katherine PANCOL

Dans ce tome 2, on retrouve Hortense et Garry à New-York. Sûre de son talent, elle travaille dur pour percer dans le monde de la mode. Gary quant à lui se prépare au concert qu’il doit donner avec Calypso, étudiante comme lui dans la célèbre Julliard School. La violoniste au physique ingrat a subjugué le jeune-homme par sa virtuosité. Le beau et riche Gary, petit-fils de la reine d’Angleterre – oui, PANCOL avait osé cette filiation dans la trilogie précédente ! – serait-il en train de tomber amoureux de cette jeune-fille si différente de son Hortense ? Elle-même à  d’ailleurs un doute quand elle voit les deux musiciens arriver sur scène, Calypso vêtue d’une magnifique robe fourreau bleu ciel. Mais elle secoue la tête, certaine que Calypso redeviendra Cendrillon dès qu’elle aura posé son violon.

Il faut bien admettre qu’on est un peu frustré de ne pas retrouver Stella, nouveau personnage apparu dans le tome 1. On l’a devine sous les traits de l’inconnu qui suit Joséphine dans ses conférences…. Pour nous faire patienter, l’auteur introduit un nouveau personnage haut en couleurs, qui se présente comme la reine de la turlute, et qui n’est autre que la mère de….

Bref on se rue avec délice sur le tome 3 en se demandant comment tous ces personnages, anciens et nouveaux, vont se croiser et former un ensemble cohérent !

Muchachas 1

Muchachas 1 Roman de Katherine PANCOL

Dès les premières pages, on retrouve Hortense et Gary que nous avions quittés à New York dans le dernier tome de la précédente trilogie, puis Joséphine et Philippe, plus amoureux que jamais, en voyage à Sienne. Après le plaisir de retrouver ces personnages attachants, on passe à l’histoire de Stella, nouveau personnage, enfant battue d’une maman battue par un homme lui-même petit garçon souffre-douleur. Comme tous les hommes violents avec leur épouse, il cogne et humilie et plus il cogne et plus il humilie, plus Léonie, la maman de Stella, courbe l’échine et rentre la tête dans les épaules. Mais Ray a une personnalité complexe car s’il est assez lâche pour frapper une femme, il est assez courageux pour être le pompier le plus valeureux de la ville, qui n’hésite pas sauter dans les flammes pour sauver une femme ou un enfant. Aux yeux du monde, ce salopard est un héros ! Dès qu’elle l’a pu, Stella s’est sauvée de chez elle et vit dans une ferme avec Tom, son fils, et le père de celui-ci qui doit toutefois se cacher car il est un migrant sans papiers que Ray, pour se venger de Stella, a juré de livrer à la police. Stella s’accroche à un détail : pour justifier les viols récurrents, Ray lui a dit qu’il n’était pas son père. Mais alors, qui est le père de Stella ?
On plonge dans le roman avec délice et on ne le lâche plus avant d’avoir atteint la dernière page !!!
A lire, mais pas avant d’avoir lu la trilogie précédente (Les yeux jaunes des crocodiles+La valse lente des tortues+Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi).

 

44 ans sans toi

44 ans sans toi Roman de Patrick LAGNEAU

Ray Miller, octogénaire, ancien scientifique dans l’armée américaine, s’apprête à révéler un secret très important dans l’émission de téléréalité « Révélation ou imposture » présentée par Laurent Lopez, animateur vedette du moment. Le principe est simple : une personne révèle un fait et les nombreux journalistes au service de l’animateur doivent tenter de prouver, dans le temps de l’émission, qu’il ne s’agit pas d’une révélation mais d’une imposture.
La révélation de Miller est une telle bombe que la CIA le traque depuis plus de dix ans pour l’empêcher de parler, après l’avoir plongé dans un profond coma, plus de cinquante plus tôt, et avoir fait croire à son épouse qu’il était mort en mission. Une fois sorti du coma, le scientifique  n’était plus Ray Miller mais Bill Wallace. Il avait subi un lavage de cerveau et n’a donc aucun souvenir de sa vie passée et ne se souvient ni de son épouse française Clémence ni de leur fils Bradley… Mais lorsque la mémoire lui reviendra, sa vie deviendra un enfer et en perpétuel danger de mort. D’ailleurs, au moment où il commence à descendre les marches pour rejoindre l’animateur sur le plateau, en direct face à des millions de téléspectateurs, il s’écroule, apparemment foudroyé par un arrêt cardiaque, en réalité assassiné… Quelle est donc la révélation qui a coûté la vie au vieil homme ?
Un roman à mi-chemin entre le policier et la science-fiction qui tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

La femme de l’ambassadeur

La femme de l'ambassadeurRoman de Katia ASTAFIEFF

Mathilde, femme de l’ambassadeur de France à Moscou, a, selon la formule consacrée, tout pour être heureuse. Pourtant, elle ne l’est pas.
Marius, son mari, est un homme beau et gentil, elle vit dans un bel appartement, possède une multitude de toilettes élégantes, dispose d’une voiture avec chauffeur, fréquente artistes et personnalités. Elle a vraiment tout sauf l’essentiel : une raison de vivre. Son plus grand ennemi : l’ennui. Au point qu’elle songe, mollement, à quitter cette vie facile, superficielle et futile pour retourner en France et reprendre peut-être sa vie de brillante universitaire qu’elle a abandonnée pour suivre l’homme qui l’avait choisie. Alors qu’elle y songe vraiment, elle rencontre un homme lors d’un vernissage.
Il est l’opposé de Marius : rustre, taciturne, effacé. Il semble à Mathilde qu’il suit l’ambassadeur comme son ombre. Mais quand il lui adresse la parole, en quelques mots abscons, elle sent son coeur s’accélérer. Elle ne pense dès lors plus qu’à lui. Bien qu’elle s’en défende, la passion s’est emparée d’elle, de son coeur, de son corps et de sa tête. Et la voilà vivante, enfin actrice de sa propre vie.
Lorsque Andreï lui propose une escapade à la campagne, tandis que son mari est parti à Saint Petersbourg, elle accepte…
Un excellent roman, petit mais dense, avec une écriture à la fois incisive et infiniment poétique. L’âme russe vibre dans chacune des pages et on évolue à Moscou aux côtés de Mathilde, si fragile et si forte, jusque sur les rives du lac Baïkal.
A lire absolument.

Mauvais sang à l’Elysée

Mauvais sang à l'Elysée Roman de Marcel Dumas

Nous sommes en 2027, autrement dit demain, année d’élection présidentielle.
François Fessenac, président sortant, s’apprête à assumer un second mandat. Mais Julien Lessner, député-maire lorrain, soutenu par son parti et de nombreux Français, monte dans les sondages au point d’inquiéter le groupe financier qui soutient le candidat républicain. Le candidat socialiste est jeune, charismatique, proche du peuple car issu de la classe moyenne. Fessenac commence à douter et ses « amis » encore davantage car l’arrivée au pouvoir de cet homme de gauche serait une catastrophe pour ces hommes qui ne jurent que par la finance. Aussi un plan est-il échafaudé, dans le dos du président, pour éliminer Lessner. Un regrettable accident assurera la victoire de leur candidat. Mais lorsque Fessenac apprend que Lessner n’est autre que son fils, un enfant dont il ignorait l’existence après avoir rompu, sous la pression familiale, avec son amour de jeunesse, la donne change…
Un livre passionnant, une histoire crédible dans un futur si proche qu’on oublie qu’il s’agit d’un roman d’anticipation.

Miroirs

Miroirs  Roman de Brigitte MONCEY

Boris, étudiant en lettres modernes, enquête sur la mort mystérieuse du poète polonais Josef Michowski. Arrivé avec sa mère dans un village meusien après avoir fui les nazis, il avait poursuivi ses études et devenu écrivain célèbre, partageant sa vie entre Paris et la Meuse.
Dans la capitale, il vit des amours sans lendemain avec des filles faciles à conquérir ; dans son village l’attend son amie de toujours, Louison, amoureuse depuis l’enfance de son petit voisin. Un soir, il se laisse séduire par la jeune fille qui lui avoue ses sentiments. Effrayé par l’attitude de la jeune Lorraine, Josef s’enfuit dès l’aube.
Le temps passe, Louison attend et sombre peu à peu…
Josef part en Pologne, sur les traces de son enfance et des membres de sa famille. Un jour, il rencontre Anna et pour la première fois, son cœur bat la chamade. Quand il ramène sa fiancée dans son village d’adoption, il ne se doute pas que Louison l’attend…
Un bon roman, un peu trop court à mon goût, avec des personnages attachants aux destins croisés.

La grâce et le venin

La grâce et le venin Roman de Michel JEURY

« Tu seras leveuse de maux, ma belette, quand tu seras grande. Je t’apprendrai mes secrets. Et tu diras aussi de bonnes prières de missel : ça ne peut rien gâter. » Ainsi parlait « la » Segonde, une vieille guérisseuse qui avait recueilli Aline après sa naissance. Quant au missel que possédait Aline, c’était le seul héritage que sa mère lui avait laissé avant de mourir. Auprès de la vieille femme qui décela chez l’enfant le don, Aline apprit à ôter le feu, enlever des épines, soulager des migraines, relever des estomacs, assécher des eczémas, replacer des membres démis et bien d’autres maux encore.
À peine adolescente, l’enfant se retrouve seule après la mort de sa mère adoptive. C’était au milieu du XIXe siècle et la vie dans la campagne limousine était bien misérable. Aline se marie avec un homme en âge d’être son père et devient mère de deux garçons.
La veuve Colin, comme on l’appelle dans son village et ses environs, entreprend à presque soixante-dix ans, avec l’aide du notaire de son village, la lourde tâche d’écrire le roman de sa vie et de lever certains secrets avant de partir tranquille ayant su, après bien des hésitations et des déceptions, à qui transmettre le fameux don…
Un roman très bien écrit, dans une langue à la fois simple dans la bouche d’Aline et précise pour rendre le décor et l’atmosphère de l’époque.
Une histoire à la fois d’une grande violence et d’une grande beauté. À lire.

Il y a 64 ans…

gigi6v2433Le 24 novembre 1951 a lieu à Broadway aux USA la première du spectacle « Gigi », d’après le roman de Colette.
La romancière a insisté pour que le premier rôle soit interprété par Audrey Hepburn, alors peu connue.
La production tiendra l’affiche pendant six mois, attirant une attention considérable sur l’actrice qui fera ses débuts au cinéma en 1953.
Puis le roman de l’écrivain français sera adapté au cinéma avec Leslie Caron et Maurice Chevalier en 1958.

Le sixième sommeil

Le sixième sommeil Roman de Bernard WERBER

Jacques Klein est le fil d’un aventurier, champion de courses à la voile en solitaire disparu en mer alors qu’il était adolescent, et d’une scientifique, Caroline, spécialisée dans l’étude du sommeil.
Âgé de vingt-sept ans, étudiant en médecine, il présente sa fiancée Charlotte à sa mère qui évoque la poursuite de ses recherches malgré le cuisant échec qu’elle vient d’essuyer en plongeant un cobaye humain volontaire dans un stade de sommeil au-delà du sommeil paradoxal, le stade de tous les possibles, dont il ne revient cependant pas. Et puis voilà qu’elle disparaît sans laisser aucun signe. Persuadé que sa mère est vivante, Jacques plonge dans le sommeil en utilisant la technique enseignée par sa mère jusqu’à la plage de ses rêves inventée par son père. Là, il rencontre l’homme qu’il sera dans vingt ans. Celui-ci lui apprend que sa mère est bien vivante mais en grand danger. Jacques le jeune doit immédiatement partir pour la Malaisie, chez les Sénoïs, un peuple qui maîtrise le rêve lucide et qui a accueilli Caroline.
A son arrivée à Kuala Lumpur, Jacques rencontre Frankie Charras, un reporter déchu atteint par la maladie du sommeil, mais expert dans la tribu des Sénoïs. Quand enfin ils arrivent sur place, Jacques apprend qu’il est malheureusement trop tard, sa mère est morte à l’occasion d’une attaque par un groupe de mercenaires à la solde de Malaisiens intéressés par leur île en raison d’un « trou bleu » dans l’océan, endroit rêvé pour les plongeurs en apnée et les amateurs de dauphins.
Jacques et Frankie décident de rester sur place pour aider les Sénoïs, d’autant qu’ils sont tombés amoureux de deux femmes de la tribu. Les années passent et alors qu’ils vivent une existence paisible, Jacques voit en rêve l’homme qu’il sera dans vingt ans, et celui-ci lui apprend qu’il doit rentrer à Paris pour sauver sa mère !
Si Caroline Klein n’est pas morte, que lui est-il arrivé et son fils peut-il la sauver ?
Pour un roman sur le sommeil, je dois dire qu’il contient des passages carrément soporifiques ! Mais si on parvient à assimiler les explications un peu tarabiscotées et les dialogues un peu fades entre le Jacques du présent et celui du futur, l’ensemble se lit assez bien et on se laisse entraîner dans cette aventure onirique. Mais nous sommes loin du grand Werber du temps des « Thanatonautes » et de « L’empire des anges » !

D’après une histoire vraie

d-apres-une-histoire-vraie-de-delphine-de-vigan Roman de Delphine DE VIGAN

Un écrivain, Delphine comme par hasard, traverse une période difficile après l’immense succès de son dernier roman qui mettait en scène sa mère bipolaire. Alors qu’elle s’apprête à écrire une histoire sur la téléréalité, elle rencontre une femme qui ne sera jamais mentionnée autrement que par son initiale : L.

Elles sympathisent et, progressivement, L est nègre et va prendre l’ascendant et s’immiscer dans la vie de l’écrivain au point de l’isoler de son cercle d’amis. L’homme qu’elle aime, un critique littéraire souvent aux Etats-Unis, met du temps à s’inquiéter car L sait garder ses distances vis-à-vis de lui.
A chaque fois que Delphine évoque son projet d’écriture, L. insiste sur la vacuité du propos et la pousse à rejeter la fiction pour continuer à écrire du réel. En même temps, L. sait se rendre indispensable car elle sait comprendre Delphine mieux que quiconque.
Petit à petit, à force d’entendre L. critiquer son projet , Delphine éprouve de plus en plus de difficultés à écrire, ne serait-ce qu’une liste de courses. Puis elle ne peut plus ouvrir une page word ou sa messagerie. Elle fait appel à L. pour lui venir en aide. Et lorsque ses enfants quittent l’appartement pour suivre leurs études en province, L. vient s’installer chez Delphine…
Delphine de Vigan joue avec ses lecteurs qui veulent toujours démêler le vrai du faux dans un roman. Dans celui-ci, l’auteur met la barre très haut, elle emmène son lecteur très loin et le balade du début à la fin du livre…
Une histoire étonnante, un roman très bien écrit, récompensé du Prix Renaudot 2015.

Moi, Amélie, dernière reine de Portugal

Moi, Amélie, dernière reine de PortugalRoman de Stéphane BERN

En 1908, le roi de Portugal et son fils aîné sont assassinés. Amélie, reine de Portugal, devient veuve à l’âge de 43 ans et doit aider son fils cadet, Manuel, à assumer son rôle de roi, auquel le jeune homme n’était pas préparé et subir à ses côtés la révolution de 1910 et enfin l’exil.
Marie-Amélie d’Orléans, princesse de France, est née en Angleterre en 1865. Elevée avec rigueur et sévérité par sa mère, elle partage néanmoins une tendre complicité avec son père.
Alors que la jeune fille ne se sent pas bien dans sa peau en raison d’une taille au-delà de la norme, elle épouse en 1886 dom Carlos de Bragance, héritier du trône portugais. Très amoureux, le couple vit ses premières années dans une atmosphère féérique. Mais très vite, alors que le jeune homme est devenu roi et après la naissance de leur premier enfant, la vie sentimentale d’Amélie se dégrade et elle doit supporter les humiliations d’un époux volage.
Plutôt bien écrit, à la première personne du singulier, le livre est intéressant par cette part de l’histoire du monde que personnellement, je ne connaissais pas. En revanche, je me suis franchement ennuyée à la lecture de certains passages dans lesquels l’auteur abreuve ses lecteurs de détails aussi insipides que les nombreux plats constituant un repas de noces ou les toilettes des invités.

Tistou

Tistou Roman de Marie DE PALET

Tistou est berger transhumant originaire de la Camargue. Un jour, alors qu’il séjourne avec son troupeau sur un plateau en Lozére, il rencontre Jacquotte et les deux jeunes gens tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Mais leur projet de mariage ne plaît pas à Maria, la sœur aînée de Jacquotte qui l’a élevée seule dès sa naissance, après la mort de leur mère en couches puis du père.
Maria a épousé Philippe, un fermier pour le compte d’un riche propriétaire, et a trouvé un bon parti pour sa sœur. Mais Jacquotte lui tient tête et épouse Tistou qui accepte de renoncer à la vie errante de berger transhumant pour se fixer avec son épouse et emménager dans la petite maison dont Jacquotte a héritée. La vie est difficile, mais ils vivement heureux.
Une nuit d’hiver 1870, Tistou tue accidentellement un maquignon malhonnête qui lui devait de l’argent. Cette mort passe pour un accident à cause du sol verglacé et Tistou, qui a récupéré son argent sans rien voler, reprend sa vie auprès de son épouse sans rien révéler de son secret.
Alors que le jeune couple se réjouit de la naissance prochaine de leur premier enfant, un homme laisse sous-entendre à Tistou qu’il a été témoin de l’accident mortel…
Après la mort soudaine de Philippe, Maria demande à sa sœur et son beau-frère de venir habiter à la ferme afin de l’aider à l’exploiter et surtout rassurer le propriétaire par la présence d’un homme pour gérer l’exploitation. Mais ce n’est qu’une façade, car Maria n’a nullement l’intention de mêler Tistou à la gestion de ses affaires. Pour elle, il reste un bon à rien et le traite en domestique.
Lorsque Maria apprend les vraies circonstances de la mort du maquignon, elle voit là enfin une occasion de se débarrasser de Tistou qu’elle chasse en le menaçant de dénonciation auprès des gendarmes s’il ne quitte pas la ferme sur le champ, sans même embrasser son épouse et ses jumeaux.
Tistou s’en va en espérant retrouver un jour sa famille. Mais Jacquotte aura-t-elle la force de l’attendre ?
Pas de la grande littérature, mais on ne s’ennuie pas et le récit se situe dans une superbe région : celle de mes récentes vacances !

Elle marchait sur un fil

Elle marchait sur un fil Roman de Philippe DELERM

Marie est attachée de presse indépendante. Mais Marie est surtout une femme abandonnée par son conjoint.
Ils n’étaient pas mariés, mais elle et Pierre avaient une longue vie de couple derrière eux et un fils en commun qui leur a donné une petite-fille, Léa, dix ans.
Marie avait supporté les infidélités de Pierre qu’elle mettait sur le compte d’un appétit sexuel plus grand… Mais la rupture pour une jeunette est difficile à accepter.
En séjour seule dans leur maison de vacances en Bretagne, elle fait la connaissance des nouveaux propriétaires de la maison mitoyenne et d’un groupe de cinq jeunes gens amateurs de théâtre.
Alors un élan d’espoir envahit Marie. Va-t-elle pouvoir, avec et grâce à eux, réaliser le rêve avorté avec son fils Etienne qui avait refusé son idée de monter une pièce de théâtre avant de définitivement abandonner sa carrière naissante de comédien pour une vie plus conventionnelle ?
Marie s’investit entièrement dans ce projet et entraîne avec elle sa petite-fille, aussi passionnée qu’elle.
Pour la gloire ou la désillusion ?
Un petit roman superbement écrit, sans périphrases ni avalanche d’adjectifs et adverbes. Un style épuré, concis et efficace avec une fin abrupte à laquelle on s’attend un peu, mais qui surprend quand même…
A lire.

Un heureux événement

Un heureux événementRoman d’Eliette ABECASSIS

Barbara et Nicolas s’aiment. Ils ont beaucoup voyagé, sont sortis dans les restaurants parisiens branchés et puis un jour, ils ont décidé de faire un enfant. Plus précisément, il a voulu un enfant et elle a cédé. Avant même la naissance de l’enfant, elle savait que leur vie ne serait plus la même…
Dans ce petit ouvrage qui se lit en quelques heures, l’auteur nous parle des affres de la grossesse, des douleurs de l’accouchement.
Sans tabou, elle laisse entendre que ce qu’il est convenu d’appeler un heureux événement est en fait un cataclysme dans la vie d’une femme. Elle suggère l’inconvenant, le non politiquement correct, à savoir que la maternité n’est pas une évidence, les bébés ne sont pas toujours beaux, l’amour maternel peut ne pas être au rendez-vous à l’apparition du nouveau-né. Bref, si l’enfant est parfois la consécration de l’amour, il en aussi souvent le fossoyeur !…
Superbement écrit par une femme qui n’a pas peur d’appeler un chat un chat… A ne pas mettre entre les mains de toutes les femmes…

Les Chênes d’or

Les chênes d'orRoman de Christian SIGNOL

Mélina Fontanel a perdu sa mère dans un feu de forêt qu’elle essayait d’éteindre pour sauver ses truffières. Depuis, l’enfant vit seule avec son père, paysan pour le compte des Carsac, les châtelains.
Sous la menace du maire et du curé, Louis Fontanel laisse sa fille fréquenter l’école communale. Elle s’y rend avec Pierre, le fils unique des Méthivie, les métayers du château.
A l’école, inévitablement, la petite fille apprend des bribes de l’histoire de sa mère que personne ne veut lui révéler. Sauf Pierre, contraint et forcé, le soir de leur mariage.Mais il apporte davantage de questions que de réponses ! Qui a mis le feu à la fore^t ? Et de qui est-elle la fille ? De Louis Fontanel ou de Philippe Carsac, l’aîné des deux fils du châtelain ?
Très bien écrit, ce roman nous emmène dans le décor favori de l’auteur : le Périgord. Et l’on découvre grâce à cette histoire une partie du mystère des truffes.

Paru ce jour dans l’Est Magazine

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Il y a 150 ans…

alice bisLe 4 juillet 1865 paraît « Alice au Pays des Merveilles » de Charles Lutwige Dodgson alias Lewis Carroll, écrivain et mathématicien britannique.
Pour ce roman, l’auteur s’inspire d’une rencontre avec Alice Liddell, petite fille de dix ans, lors d’un pique-nique.
Le livre connaîtra un immense succès dans toute l’Europe et Carroll écrira bientôt la suite : « Alice de l’autre côté du miroir ».

 

 

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants Roman de Mathias ENARD

En 1506, Michelangelo Buonarotti n’a pas encore atteint l’apogée de son art et de la notoriété, mais son David qui trône à Florence a déjà fait de lui un artiste accompli et reconnu.
Alors qu’il travaille à un tombeau pour Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, Michel-Ange se rend à Istanbul, ou plus exactement Constantinople, suite à une invitation du sultan qui souhaite lui confier la réalisation d’un pont sur la Corne d’Or après avoir rejeté les plans dessinés par Léonard de Vinci. Flatté, Michel-Ange accepte la mission et tombe sous le charme de l’Orient et des beautés, à la fois naturelles et charnelles, du monde ottoman. Ce voyage, qui transformera l’artiste de la Renaissance italienne, entraîne le lecteur dans un univers flou et fascinant où les êtres et les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent.
Un court roman captivant grâce à une écriture précise et ciselée, fine et élégante comme une dague orientale.
Prix Goncourt des lycéens en 2010.
A lire.

Bleus sont les étés

Bleus sont les étésRoman de Christian SIGNOL

Aurélien, vieux monsieur solitaire, vit pauvrement sur un causse du Massif Central, des produits de son jardin et du troupeau de moutons qu’il élève.
La vie n’a pas été tendre avec lui. Après avoir le père qu’il adorait, il a dû renoncer à la femme qu’il aimait pour s’occuper de sa mère qui n’entendait pas partager le logis avec une belle-fille !… Ce regret, et pire encore celui de n’avoir jamais eu le fils auquel il aurait tant aimé transmettre tout le savoir simple hérité de son père, ne le quitte plus depuis le décès de sa mère et depuis que lui-même approche de la fin.
Lorsque les Parisiens, nouveaux propriétaires d’une maison voisine, arrivent avec leur fille adolescente et leur fils d’une dizaine d’années, Aurélien voit sa vie transfigurée. Car entre Benjamin et lui se produit un véritable coup de foudre. L’enfant des villes se sent étonnamment à l’aise dans cette campagne aride et isolée. Bientôt, le garçon passe toutes ses journées puis toutes ses nuits chez Aurélien. Mais tout a une fin et les vacances se terminent sur une promesse : le retour pour les grandes vacances. Là, ce ne sont pas deux semaines qu’ils passeront ensemble mais deux mois !!!
Aurélien ne vit plus que dans cette attente, assailli parfois par le doute puis rasséréné par l’arrivée d’une lettre du garçon.
Enfin juillet arrive ; le vieil homme et l’enfant se retrouvent et leur complicité reprend, intacte. Mais les parents de Benjamin ne voient plus d’un très bon œil cette amitié qu’ils jugent dangereuse pour leur fils. Aurélien prend trop de place dans la vie du garçon. Les vacances se terminent sur des propos amers, presque des menaces. Mais le gamin promet de revenir à Noël, envers et contre tout…
Un petit roman très agréable, tout plein de bons sentiments comme souvent les ouvrages de Signol.

 

La tristesse des anges

la tristesse des anges Roman de Jon Kalman Stefansson

Suite du roman Entre ciel et terre, on retrouve le gamin, attachant personnage qui avait perdu son seul ami en mer, lorsque celui-ci, occupé à apprendre une poésie par coeur, avait oublié d’emporter sa grosse veste. Le marin était tout simplement mort de froid, entre les bras de son jeune ami, tandis que leurs compagnons et le patron de la barque les ramenaient à terre après une longue journée de pêche. Le roman se passe en Islande et mourir de froid est tout simplement un fait divers…
Après ce drame, le gamin, pas vraiment bâti pour la rude vie de pêcheur, quitte la communauté au sein de laquelle il vit depuis la mort de son père, séparé des autres membres de sa famille, pour aller rendre à son propriétaire le recueil de poèmes que Barour, son ami, avait emprunté. Pour cela, il traverse une partie du pays et manque mourir à son tour. Mais il arrive à bon port et trouve refuge chez la patronne d’un café qui lui offre le gîte et le couvert en échange de quelques travaux avant de lui proposer d’apprendre l’anglais afin de traduire les grands auteurs. Mais le destin en décide autrement…
Un soir, on frappe à la porte. C’est Jens, le postier. L’homme et son cheval ne font qu’un, unis par la glace qui a soudé l’homme sur sa monture.
Réchauffé et reposé, le postier doit repartir. Mais il doit traverser les fjords et a besoin pour cela d’un homme habitué des sorties en mer. La patronne demande au gamin de l’accompagner.
Un long voyage commence, au cours duquel les deux hommes vont tour à tour manquer perdre la vie. Malgré leurs différences et leur antipathie réciproque, ils n’ont d’autre choix que de se raccrocher l’un à l’autre pour survivre dans cette nature hostile, dans un hiver interminable, malmenés par un blizzard implacable qui transforme les tempêtes de neige en un véritable enfer.
Au cours de leurs rares rencontres avec des habitants de fermes isolées et quasiment enfouies dans la neige, des liens se tissent car ils reposent sur l’essentiel : éviter la mort à ces deux voyageurs. Lors de la dernière halte, le fermier leur confie une mission : transporter le cercueil contenant le cadavre de son épouse pour qu’elle soit dignement enterrée dans la ville la plus proche et cependant très éloignée…
L’auteur nous plonge dans un univers à la fois très poétique et d’une extrême violence. Un récit très lent mais très bien écrit.

Prix Erckmann-Chatrian

Sur mon lieu de vacances, j’ai appris que mon roman « La Confession d’Anna » n’avait pas passé la barre des finalistes et que le prix avait été décerné à Nicolas MATHIEU pour son premier roman intitulé « Aux animaux la guerre » paru aux Editions Actes Sud.
De source sûre, il paraît que c’est un excellent roman !

 

La mouette et la croix

La mouette et la croix Roman de Henri QUEFFELEC

L’histoire se passe an 1788, à la veille de la Révolution française, dans une île que l’auteur a appelée Loadic (Hoëdic).
Jacques Andro, enfant unique d’un couple de petits paysans bretons, est devenu prêtre grâce à l’aide financière d’un gros propriétaire. Il exerce la prêtrise sur l’île de Loadic. Mais lorsque la Révolution éclate, les prêtres sont en danger.
Alors qu’il est, a priori, plutôt favorable aux idées nouvelles des révolutionnaires qui sont si proches des préceptes religieux, il n’en devient pas moins un prêtre réfractaire. Il s’en remet à la solidarité des Loadicais qui ne veulent pas perdre leur ministre du culte.
Dernier récit de la série des romans des îles, cette histoire nous embarque dans une période trouble de l’Histoire de France.
C’est superbement écrit mais… franchement… je n’ai pas réussi à me passionner pour cette histoire…

 

 

Le standinge selon Bérurier

le-standinge-410890-250-400 Roman de Frédéric DARD

D’étranges suicides ont eu lieu à l’Ecole Supérieure de Police de Lyon. Mathias, professeur dans l’établissement, soupçonne plutôt des meurtres, d’autant plus qu’il a lui-même failli par deux fois être tué. C’est pourquoi il sollicite l’aide de son ancien collègue, le commissaire San Antonio assisté par l’inénarrable Alexandre-Benoît Berurier.
Afin de pouvoir enquêter, San Antonio a l’idée géniale de se faire passer pour un élève tandis que Bérurier devient professeur des bonnes manières, ce qui est un comble pour ce personnage très… pittoresque !
C’était mon premier San Antonio et je pense le dernier, même si je reconnais avoir ri à certains passages. Mon problème est que je connais très peu l’argot et je ne pouvais comprendre les expressions que par le contexte, et encore…

La parole perdue

La parole perdueRoman de Frédéric LENOIR et Violette CABESOS

Selon les Evangiles, Jésus n’aurait écrit qu’une seule fois dans sa courte vie, une phrase tracée dans le sable, aux pieds de la célèbre pécheresse Marie-Madeleine.
Ces quelques mots en araméen auraient été retranscrits par la femme adultère avant de mourir mais demeurent secrets car lorsqu’ils ont été découverts, ils ont vite été de nouveau cachés car susceptibles de bouleverser toute la chrétienté.
C’est autour de cette parole perdue que le roman s’articule. Il se déroule sur trois périodes : la Rome antique, le Moyen Âge et aujourd’hui.
Le lecteur qui avait aimé il y a quelques années « La promesse de l’ange » écrit à quatre mains par ces mêmes auteurs retrouvera avec plaisir l’archéologue Johanna. A la fin du roman, elle était victime d’un très grave accident de la circulation après avoir vécu de folles aventures au Mont Saint-Michel. Six années ont passé ; Johanna a perdu l’homme de sa vie mais elle a de lui une petite fille qu’elle a appelée Romane.
Et comme elle, Romane est habitée par un esprit du passé qui vient la hanter après le meurtre d’un archéologue sur le site de Pompéi, chantier dirigé par Tom, un ami de Johanna.
Lorsque la fillette commence à dépérir, en proie à une violente fièvre nocturne et des cauchemars qui lui font revivre l’éruption du Vésuve, la jeune femme comprend qu’elle ne pourra libérer sa fille qu’en résolvant l’énigme de la parole perdue.
Dommage que les auteurs n’aient pas rédigé un résumé de leur précédent ouvrage en commun car ils font souvent référence au passé de Johanna au Mont Saint-Michel… sauf que quelques années ont passé depuis !
Il n’en reste pas moins que ce roman est passionnant – après un démarrage un peu lent – et l’épisode de l’éruption du Vésuve, notamment, est saisissant. On s’y croirait et on se surprend à avoir presque aussi chaud que les personnages qui fuient la pluie de braises !

Malgré quelques passages un peu invraisemblables et une fin ébouriffante, on passe un excellent moment de lecture.

1er Prix du roman pour « La Confession d’Anna »

Je connaissais l’attribution de ce prix par la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France » depuis quelques mois déjà.
La remise des prix avait lieu dimanche dernier à Metz. C’est donc avec grand plaisir que j’ai reçu le diplôme et la récompense (une gigantesque coupe de fruits en cristal) des mains de Joëlle di Sangro, ancienne déléguée régionale de la SPAF.
SPAF remise des prix

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La Confession d’Anna postule à Nouvelles Plumes

Chalumeau Confession d'Anna 1ere couv Edition 1Je suis têtue… Après les deux derniers échecs, je viens d’inscrire mon roman sur le site de Nouvelles Plumes qui collabore avec France Loisirs…

« La Confession d’Anna » recalé…

Chalumeau Confession d'Anna 1ere couv Edition 1Mon dernier roman n’a pas été sélectionné pour participer au concours Femme Actuelle 2015. Voici le mail que j’ai reçu :

« Bonjour Mme Isabelle CHALUMEAU,
Nous vous remercions pour votre envoi de manuscrit, mais votre livre La Confession d’Anna ne fait pas partie des manuscrits qui seront évalués.
Vous concernant, la (ou les) raison(s) principale(s) de non-sélection est (sont)  :
Thème peu évalué par les Editions Les Nouveaux Auteurs
Cette(ces) décision/s de refus n’est (ne sont) donc en rien un jugement sur la valeur de votre oeuvre.

 Bien cordialement et bonne chance dans votre recherche d’éditeur.
Les Nouveaux Auteurs. »

Que faut-il en penser ? Je suis tentée par arrêter d’écrire et ça tombe bien, parce qu’en ce moment, je n’ai pas le temps !…

La Confession d’Anna en lice pour le Prix Femme Actuelle 2015

Chalumeau Confession d'Anna 1ere couv Edition 1Mon dernier ouvrage, un roman intitulé « La Confession d’Anna » participe à la 8e édition du Prix Femme Actuelle dont la présidente du Jury pour 2015 est Eliette ABECASSIS.
Je croise donc les doigts pour que le jury apprécie « La Confession d’Anna ». L’enjeu est d’importance puisqu’il s’agit d’une édition à compte d’éditeur!!!

J’en profite pour rappeler que ce roman est disponible au rayon auteurs lorrains du magasin Cora à Houdemont et bien sûr directement en s’adressant à moi, mais également en version numérique pour vos liseuses sur cette page Amazon :

http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=Zaz+Chalumeau

2e extrait de mon dernier roman « La Confession d’Anna »

Chalumeau Confession d'Anna 1ere couv Edition 1Deux semaines plus tard, Alexandre rendit visite à sa marraine.
― Je suis contente que ta mère t’ait enfin tout raconté, dit-elle.
― Je ne comprends pas qu’elle ne l’ait pas fait plus tôt ; j’avais quand même le droit de savoir !
― Reconnais que ce n’était pas facile pour elle. Décrire le viol dont on a été victime n’est déjà pas simple ! Alors à son propre enfant…
― Je sais. Mais en attendant, je me suis fait des films incroyables !
Michèle tapota affectueusement le genou de son filleul. Elle aimait beaucoup ce garçon ; elle le connaissait depuis toujours et il était devenu le fils qu’elle n’avait pas eu.
― Et toi, poursuivit Alexandre, pourquoi ne m’as-tu jamais rien dit ?
Michèle sursauta, surprise par l’agressivité du ton du jeune homme.
― Je ne pouvais pas, Alexandre ! Ta mère est ma meilleure amie !
― Et alors ? Elle n’avait tué personne ! Elle était victime, pas criminelle ! Et moi, ça m’aurait aidé à comprendre ! À la comprendre !
― Ecoute, Alexandre, je n’avais pas à dicter sa conduite à ta mère. Comme tu le dis si bien, elle était la victime. Elle a beaucoup souffert et je comprenais qu’elle ne veuille pas en parler. Raconter les circonstances d’un viol, c’est le revivre à chaque fois.
Alexandre soupira.
― Et mon père ? Tu ne crois pas qu’elle aurait pu m’en parler ?
― Mais c’était la même chose ! Evoquer ton père, c’était forcément parler du viol dont il n’avait pu la sauver !
Alexandre haussa les épaules. Michèle le vit serrer les mâchoires, puis il fit craquer ses phalanges. Une larme apparut à sa paupière.
― Arrête de te tourmenter, Alex ! Ta mère a souffert et tu dois lui pardonner de n’avoir pas su parler plus tôt. Le principal est qu’elle l’ait enfin fait, que tu saches que ton père était un mec bien, qu’il a aimé ta mère et qu’il t’aurait aimé s’il avait vécu.
― Peut-être…
― Non, pas peut-être !
― Ok…
― Tu aurais pu ne jamais apprendre ton histoire à cause de cette… cruche !
― Clotilde.
― Pour moi, elle restera toujours la cruche ! Et toi le plus grand des idiots ! Tu as failli te fâcher avec ta mère à cause de cette fille inculte et vulgaire !
― C’est bon, marraine ! Je ne suis plus avec elle !
― Et c’est tant mieux ! Comment as-tu pu tomber amoureux d’une telle fille ? Elle était tout ce que ta mère ne supporte pas !
― Maman a toujours dit que je ne devais pas choisir mes nanas en fonction d’elle.
― Evidemment ! Ta mère est intelligente et elle veut que tu sois heureux. Mais de là à choisir une fille qui soit aux antipodes des goûts de ta mère…
― Clotilde était mal dans sa peau.
― Et toi aussi, apparemment ! On aurait dit que tu faisais exprès de sortir avec une fille qui n’appréciait pas l’art, qui n’avait aucune élégance, aucune éducation, aucune…
Alexandre, amusé par la virulence des propos de sa marraine, éclata de rire.
― On dirait que c’est toi, ma mère !
― Si j’avais été ta mère, tu aurais entendu parler du pays ! Tu n’as pas idée comme je me suis retenue de coller une paire de claques à ta péronnelle et de te secouer pour que tu te réveilles !
― Maman paraissait tellement indifférente…
― Paraissait ! C’est exactement cela ! On dirait que tu ne la connais pas !
― On ne se comprenait plus…
― Enfin… la cruche partie, vous avez vite retrouvé votre complicité !
Alexandre sourit. Michèle avait raison : sa mère et lui avaient failli se perdre.
― Je ne l’aurais jamais laissée tomber.
― Tu dis ça aujourd’hui ! En attendant, tu te laissais mener par le bout du nez ! Enfin, quand je dis le bout du nez, c’est façon de parler ! Faisait-elle de si bonnes…
― Marraine !
― Quoi, marraine ? Tu ne vas pas me dire que c’est sa conversation qui te séduisait ! Ni son esprit qui te ligotait comme un fil à la patte !
― Bon… on peut parler d’autre chose ?
Michèle haussa les épaules.
― Tu as raison ! déclara-t-elle finalement, car repenser à cette période de ta vie me met en pétard ! Tu étais devenu plus con que tous les ânes bâtés à la fois ! Et plus méchant avec ta mère que le plus teigneux des pitbulls !
― Tu ne crois pas que tu exagères un peu ?
― Tu n’as pas idée du chagrin de ta mère quand elle n’avait plus de nouvelles de toi ! Tu ne l’appelais plus qu’une fois tous les quinze jours ! Et tu passais en coup de vent une fois toutes les trois semaines pour avaler un café !
― Je n’avais pas l’impression que je lui manquais !
― Bougre d’imbécile ! explosa Michèle.
Alexandre fronça les sourcils. Il aimait et respectait trop sa marraine pour ne pas accorder de crédit à ses paroles, aussi dures fussent-elles.
― Quand je venais, j’avais l’impression qu’elle avait hâte que je parte ! répondit-il.
Michèle soupira, excédée par la mauvaise foi manifeste du jeune homme.
― Vous êtes vraiment cons, vous les mecs !
― Oh ! c’est pas beau de mettre tous les hommes dans le même sac ! s’exclama Alexandre en riant.
Puis il saisit sa marraine par le cou et lui planta un baiser sonore sur la joue.
― Je ne suis pas venu pour me disputer avec toi, dit-il en la regardant gravement.

Vous pouvez acheter ce livre au format papier en m’envoyant un mail :isabelle.chalumeau@orange.fr ou au format e-book sur cette d’Amazon : http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=Zaz+Chalumeau

1er extrait de mon dernier roman « La Confession d’Anna »

Chalumeau Confession d'Anna 1ere couv Edition 1Du plus loin qu’il se souvenait, Alexandre n’avait jamais entendu sa mère rire. Elle n’était pas une mauvaise mère ; simplement, elle était toujours triste. Elle portait sur le visage les stigmates du malheur et en elle un secret de famille qu’il n’avait pas réussi à percer malgré les innombrables questions posées à différentes étapes de son enfance puis de son adolescence.
Au volant de sa voiture, le jeune homme conduisait attentivement dans les rues de Nancy, sa ville natale. Il se réjouissait de bientôt serrer sa mère dans ses bras. Elle était tout pour lui et il savait, même si la pudeur l’empêchait de lui témoigner son amour, qu’il était tout pour elle.
Longtemps, il n’avait pas vu la femme derrière la mère. Comme tous les enfants, elle était « Maman », plus précisément sa « M’man », un être asexué entièrement dévoué à l’éducation de son fils. Jamais un homme, hormis les époux de ses amies, n’entrait dans leur appartement. À l’âge de la puberté, Alexandre avait commencé à s’interroger sur la sexualité de sa mère, même si le terme lui faisait horreur tant il refusait de l’imaginer dans les bras d’un individu, amant de passage ou au contraire compagnon de vie incognito. Enfant, il s’était cru le fils du Saint Esprit ; sa mère était la nouvelle Vierge Marie, sa Vierge Catherine ! Ses copains, à la fois ceux qui vivaient entre leurs deux parents et ceux qui, comme lui, n’avaient qu’une maman pour repère et qui parfois voyaient défiler des hommes à la maison, lui avaient ouvert les yeux un peu crûment. Lui n’avait jamais eu à se plaindre de la présence d’un beau-père et encore moins d’un père. Longtemps, il avait espéré que sa mère lui dévoilerait l’identité de celui-ci. Après tout, à partir d’un certain âge, il s’était senti prêt à entendre n’importe quelle vérité, mais il s’était heurté à un mutisme désespérant qui avait alimenté tous ses fantasmes. Il avait échafaudé les histoires les plus incongrues, les plus cruelles et les plus romantiques pour finalement retomber dans l’incertitude et la réalité de l’absence.

Ce soir-là, il était heureux d’annoncer la bonne nouvelle à sa mère : il avait enfin obtenu le contrat à durée indéterminée tant attendu dans l’entreprise qui avait recours depuis des années à ses services comme intérimaire. Informaticien, il n’avait jamais eu de problèmes pour travailler, en revanche il peinait à trouver une embauche ferme, ce qui l’empêchait de se projeter dans l’avenir. À vingt-sept ans, il n’avait encore rien pu entreprendre, sauf meubler son appartement et acheter une voiture à crédit, évidemment grâce à sa mère qui avait dû se porter garante.
Il avait quitté la maison assez jeune, vingt ans à peine, alors qu’il n’avait pas encore terminé ses études. Une amourette qu’il pensait éternelle l’avait amené à vouloir quitter le nid, le cocon, car sa mère s’était montrée intraitable sur le sujet : elle n’accepterait jamais d’assister à un défilé de jeunes filles chez elle avec le risque de se tromper de prénom, le matin au petit déjeuner. Le jeune couple avait rencontré la même intransigeance de la part des parents de la jeune fille ; les deux tourtereaux n’avaient eu d’autre choix que louer un studio. Alexandre travaillait le week-end dans une cafeteria et Saphia, étudiante, bénéficiait d’une bourse. Après quelques semaines d’euphorie et d’amour fou, le quotidien difficile les avait bien vite rattrapés et Alexandre n’avait plus supporté cette vie monotone qu’il menait auprès de sa première conquête ; Saphia, néanmoins, plaisait à sa mère. Peut-être d’ailleurs lui plaisait-elle trop ; le garçon en éprouva de la jalousie. Il avait donc rompu et cherché un nouveau studio car il avait bien compris que sa mère n’envisageait pas son retour dans sa chambre d’adolescent qu’elle avait d’ailleurs rapidement transformée en bibliothèque. Puis il avait rencontré Ophélie. Plus âgée que lui et régulièrement dépressive, elle vivait des aides sociales. Catherine avait également apprécié cette jeune femme, pour des raisons différentes, mais son état de santé psychologique l’avait inquiétée. Le comportement maternel de la jeune femme, qui avait tant plu au garçon en mal de tendresse, avait fini par l’agacer. Ophélie ne vivait que par lui et pour lui. Cette dévotion à sa personne l’avait d’abord séduit, mais elle le contraria bien vite quand il dut affronter le caractère possessif de sa copine ; au chômage, elle attendait son retour avec impatience et ne le lâchait plus de la soirée ni du week-end. Il n’avait plus une minute à lui et ne pouvait même plus rendre visite seul à sa mère. Elle voulait à chaque fois l’accompagner et Catherine trouvait cela normal. Par crainte de plonger la jeune femme dans la dépression s’il rompait, il se montra de plus en plus distant, jusqu’à ce qu’Ophélie lui dise un jour qu’elle quittait Nancy pour retourner chez ses parents en Vendée. Alexandre n’eut pas l’hypocrisie de vouloir la retenir, mais il eut la décence de dissimuler son soulagement.

Adolescent, Alexandre avait pensé que sa mère était lesbienne. L’absence d’hommes dans son entourage lui paraissait à la fois suspecte et révélatrice du grand mystère. Mais il avait dû se rendre à l’évidence qu’à part la présence de Michèle, amie d’enfance, aucune autre femme ne se trouvait dans l’intimité de Catherine. Il avait rencontré des collègues, mais aucune d’entre elles n’éveilla un doute en lui. Quant à Michèle, sa marraine, elle était aujourd’hui divorcée, mais il l’avait connue mariée - son époux était en outre également son parrain - et mère de deux filles un peu plus jeunes que lui. Leur amitié était profonde et solide, mais il n’avait jamais été témoin d’aucun geste déplacé entre les deux femmes ; il en fut à la fois soulagé et déçu car le mystère demeurait entier et il ne connaissait toujours pas ses racines.

Alexandre gara sa voiture sur le parking de la résidence. Il aimait revenir dans cet endroit. L’appartement que sa mère occupait dorénavant seule était situé dans un immeuble construit sur une butte. Du dixième étage, la vue était splendide. D’un côté, la ville s’étalait aux pieds des habitants et de l’autre, côté chambres, un parc assurait la quiétude de leurs nuits.
Par habitude et par égard, il sonnait toujours deux coups brefs à la porte d’entrée de l’immeuble avant de l’ouvrir avec sa clef puis de pénétrer dans l’ascenseur. Généralement, quand il arrivait sur le palier, Catherine l’accueillait sur le pas de sa porte. Il voyait dans ses yeux le plaisir qu’elle ressentait de sa visite, mais ses bras jamais ne l’entouraient et elle ne pressait jamais son corps contre le sien. Il en souffrait parfois et il enviait les camarades dont les mères démonstratives et exubérantes lui procuraient à la fois gêne et jalousie. Elles étreignaient leurs fils avec force et impudeur et les embrassaient en les regardant presque amoureusement. Tandis que lui devait deviner l’amour qui bouillonnait dans les veines de sa mère, sa fierté maîtrisée, ses élans retenus, ses paroles tendres tues.

Ce soir-là, Catherine ne l’accueillit pas. Il sonna de nouveau avant d’introduire sa clef dans la serrure et entra dans le couloir. Perplexe, il vit de la lumière dans le salon. Le vieux chat Socrate vint se frotter à ses jambes. Il caressa le pelage noir de l’animal dont il avait partagé le quotidien et sa couette pendant dix ans. Il pensa à la mort future et sans doute proche du félin, âgé déjà de dix-sept ans… Il savait que sa perte serait douloureuse.
Sur le seuil, il découvrit sa mère assise dans son fauteuil habituel, prostrée, le visage livide, une feuille de papier à la main. Alexandre pensa immédiatement à une mauvaise nouvelle et fit mentalement le tour de leurs connaissances pour tenter de deviner qui pouvait bien être malade et peut-être mort. Cela ne lui prit que quelques secondes car il n’avait pas de famille et le cercle amical de sa mère était très réduit.
― M’man ? fit-il.
Catherine leva lentement les yeux et les posa sur son fils.
― Que se passe-t-il ? demanda-t-il.
Devant l’apathie de sa mère, il effectua les quelques pas qui le séparaient d’elle et s’agenouilla pour lui prendre la main.
― Que se passe-t-il ? répéta-t-il.
Pour toute réponse, Catherine lui tendit la lettre.
― Qu’est-ce que c’est ? murmura-t-il.
― Lis, dit-elle d’une voix blanche.
Il prit le courrier et le parcourut, puis il regarda de nouveau sa mère.
― Je ne comprends pas. Qu’est-ce que cela signifie ?
― Je suis obligée de payer la maison de retraite de cette femme ! explosa Catherine.
― Oui, mais qui est cette Anna… Kasperzak ?
― Apparemment, la mère de ma mère.
― La mère de ta mère… Ta grand-mère ?
― Oui. La femme qui a abandonné sa fille et qui n’a jamais connu sa petite-fille ! Pourtant, elle a trouvé le moyen de savoir où j’habite pour exiger que je subvienne à ses besoins !
― Je doute qu’elle ait elle-même effectué les démarches ! Quel âge a-t-elle ?
Catherine saisit le courrier :
― Elle est née en 1924, annonça-t-elle.
Alexandre déglutit. L’information était de taille. Voilà que, d’un coup, son arrière-grand-mère débarquait dans sa vie !

Vous pouvez acheter ce livre au format papier en m’envoyant un mail : isabelle.chalumeau@orange.fr ou au format e-book sur cette d’Amazon : http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=Zaz+Chalumeau

« La Confession d’Anna » en lice pour le Prix Erckmann-Chatrian

Chalumeau Confession d'Anna 1ere couv Edition 1Mon dernier ouvrage, un roman intitulé « La Confession d’Anna » participe au Prix Erckmann-Chatrian, le Goncourt lorrain.
J’avais déjà participé en 2009 avec « La Lavandière d’Igney », tome 1 de ma saga familiale intitulée « Colin-Maillard » et j’avais eu la joie d’être sélectionnée, avec 17 autres concurrents, pour participer au Prix.
Je croise donc les doigts pour que le jury apprécie « La Confession d’Anna » qui se trouve, bien malgré moi, en pleine lumière de l’actualité mondiale puisque l’action se passe en partie en Ukraine.

J’en profite pour rappeler que ce roman est disponible au rayon auteurs lorrains du magasin Cora à Houdemont et bien sûr directement en s’adressant à moi, mais également en version numérique pour vos liseuses sur cette page Amazon :
http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=Zaz+Chalumeau

Au revoir là-haut

Au revoir là-haut Roman de Pierre LEMAÎTRE

Quelques jours avant l’armistice, Albert Maillard et Edouard Péricourt participent à un dernier assaut sous le commandement de l’officier Henri d’Aulnay-Pradelle. Alors que le combat fait rage, tous deux sont témoins d’un crime. À l’instant précis où ils découvrent l’acte abominable auquel ils n’auraient jamais dû assister, Albert se retrouve enterré vivant dans un trou d’obus et Edouard touché à la jambe par un éclat d’obus. Alors qu’Albert est sur le point de rendre l’âme, Edouard mobilise toute son énergie pour déterrer son camarade et le ramener à la vie. C’est alors qu’un éclat d’obus le frappe au visage.
Albert est d’origine modeste, un homme terne et sans panache, comptable célibataire. Edouard est le fils d’un puissant banquier, artiste et homosexuel. Depuis que les infirmiers les ont découverts l’un près de l’autre sur le champ de bataille, les deux hommes sont devenus inséparables, Albert se sentant redevable de sa vie à Edouard qui a payé très cher son acte héroïque.
Le retour à la vie civile des deux rescapés s’avère difficile, surtout pour la gueule cassée qu’est devenu Edouard. Alors qu’il refuse catégoriquement de rentrer chez lui, un hôtel particulier parisien où l’attendent pourtant un père peu attentif à lui mais surtout une soeur aimante, Albert ne voit qu’une solution : le faire passer pour mort et échanger son identité avec une réelle victime des derniers jours de la guerre. Incapable d’abandonner l’homme qui lui a sauvé la vie en exposant la sienne, Albert le prend en charge et s’en occupe jour et nuit.
Tandis que le gouvernement français songe à ériger dans toutes les communes du pays des monuments à la mémoire des victimes du plus grand carnage du XXe siècle, les deux hommes, incroyablement complémentaires dans leurs caractères et leurs compétences, vont se lancer dans une escroquerie d’envergure, aussi spectaculaire qu’amorale.
Le livre de Pierre Lemaître n’a pas volé le Prix Goncourt obtenu en 2013 ! C’est un livre extraordinaire, le récit d’une grandiose arnaque mise au point par deux rescapés des tranchées. Tout au long des 567 pages, on ne s’ennuie pas une seconde. Il n’y a pas de longueurs et le récit tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page avec un dénouement incertain. Le style est admirable, le vocabulaire simple mais efficace. Le succès de ce livre ne doit rien aux phrases emberlificotées et aux situations incongrues comme on en trouve souvent dans les Goncourt, mais à l’histoire bien ficelée racontée dans un langage fluide et évocateur d’images.
Bref, cet excellent Goncourt vous procurera beaucoup de plaisir. A lire absolument.

 

Mes prochains rendez-vous littéraires

Autant d’occasions de présenter mon dernier ouvrage, un roman intitulé « La Confession d’Anna » dont l’histoire, inspirée de faits réels, se passe partiellement en Ukraine :

Vendredi 12 septembre 2014 de 9h à 14h30 : Le Livre sur la Place, Nancy
Samedi 13 septembre 2014 de 10h à 14h30 : Le Livre sur la Place, Nancy
Jeudi 18 septembre 2014 à partir de 19h30 : salon littéraire à Erquelinnes (Belgique)
Samedi 29 novembre 2014 de 14h à 19h : salon des artistes heillecourtois, Heillecourt
Dimanche 30 novembre 2014 de 14h à 18h : salon des artistes heillecourtois, Heillecourt
Dimanche 7 décembre 2014 de 14h à 19h : Lunélivres, Lunéville
Dimanche 14 décembre 2014 de 10h à 18h : Salon Livre en Hiver, Metz
Samedi 7 février 2015 de 10h à 12h : Café littéraire, Médiathèque La Filoche, Chaligny
Dimanche 22 février 2015 de 10h à 18h : salon littéraire à Chaligny
Dimanche 10 mai 2015 de 9h à 18h : salon littéraire de Thiaucourt

Idée de sortie pour dimanche

Affiche La-Cour-des-Artistes-2014_reference
Monique et moi exposerons dimanche 24 août dans la cour de l’Office de Tourisme de LIVERDUN, en compagnie d’autres artistes. Monique vous montrera quelques-unes de ses toiles et je vous présenterai mes ouvrages, en particulier mon dernier roman intitulé « La Confession d’Anna ».
Venez nombreux, c’est gratuit et sympathique.
En plus, Liverdun est une très belle ville et son environnement très joli.

ENTREE LIBRE- 14h à 19h

Office de Tourisme – 1 place d’Armes (face à l’Eglise) – 54460 LIVERDUN

Pour consulter la liste des artistes présents, cliquer sur ce lien :
fichier pdf Cour des Artistes 24 août 2014

Un sentiment plus fort que la peur

un-sentiment-plus-fort-que-la-peur Roman de Marc LEVY

Suzie Baker, jeune Américaine, s’est mise en tête de devenir alpiniste aguerrie, non pour son plaisir mais pour se rendre dans une crevasse du Mont Blanc au fond de laquelle git un avion depuis plusieurs décennies. Dans la carlingue de l’appareil se trouve probablement la preuve de l’innocence de sa grand-mère qu’elle n’a pas connue, accusée de haute trahison envers son pays. Dans l’expédition périlleuse, elle trouve effectivement ce qu’elle cherche, mais elle perd aussi son compagnon, Shamir, guide indien qui sacrifie sa vie au profit de celle de Suzie.
Cet acte d’amour, loin d’anéantir la jeune femme, va au contraire la galvaniser pour faire toute la lumière sur cette affaire et rendre ainsi justice à sa famille.
Pour l’aider dans cette quête, elle jette son dévolu sur Andrew Stilman, grand reporter au New York Times. L’homme traverse une période difficile : il a stupidement perdu l’amour de sa femme et a miraculeusement survécu à une tentative d’assassinat. Pour oublier et parvenir à survivre sans celle qu’il aime toujours, il puise dans la bouteille…
Suzie Baker parvient à éveiller la curiosité du talentueux reporter qui tombe sous son charme et dans le piège qu’elle lui tend pour l’inciter à mener une enquête, sans jamais réussir à l’apprivoiser complètement. Mais le veut-il seulement ?
Les deux jeunes gens, à la fois fragiles suite aux mauvais coups du sort et forts face à l’adversité, vont faire équipe pour mener une enquête qui va les conduire vers un secret d’Etat le mieux gardé de tous les temps et dont la divulgation entraînerait la chute d’un nombre considérable de personnages les plus haut placés.
Personnellement, je n’ai pas été séduite par cette histoire d’espionnage. Je n’ai pas réussi à m’enthousiasmer pour le sujet développé et les personnages, au demeurant fort sympathiques, ne m’ont quand même pas fait vibrer.
Je pense que je suis nostalgique du Marc Lévy du début, quand il surprenait ses lecteurs avec son premier livre Et si c’était vrai…
Mais je suppose que ses fans trouveront du plaisir à découvrir ce roman sur la plage…

Rendez-vous à Liverdun

Affiche La-Cour-des-Artistes-2014_reference

J’aurai le plaisir de vous présenter mon dernier ouvrage intitulé « La confession d’Anna », un roman qui se passe en partie en Ukraine.

Trois éclats toutes les vingt secondes

Trois-eclats-toutes-les-vingt-secondes_2903 Roman de Françoise KERYMER

Emma, jeune Parisienne un peu fragile, débarque sur l’île de Sein avec son fils de 7 ans, Camille, pour y passer les deux mois de vacances d’été.
On apprend très vite que le séjour est forcé et l’île se transforme pour Emma en lieu de semi-liberté. Son époux, Boris, resté dans la capitale, a tout payé d’avance, la location d’une petite maison, leurs quotidiens dans un restaurant, y compris un compte ouvert chez l’épicier.
On comprend que la jeune femme était tombée amoureuse de son masseur, un Chinois reparti à Shanghai où elle devait le rejoindre. Le désespoir envahit Emma qui se sent piégée et à l’étroit sur cette île à fleur d’eau. Le séjour est d’autant plus difficile que les rapports avec son fils sont compliqués. Le garçon n’est pas comme les autres enfants. Sa précocité, la fulgurance de son intelligence et son besoin de liberté rendent leurs relations très électriques.
Heureusement, sur cette île minuscule, ils vont rencontrer trois êtres d’exception : Louis-Camille, un musicien qui va détecter et encourager la vivacité d’esprit de l’enfant, Armelle, la patronne du restaurant, qui va se prendre d’amitié pour la jeune Parisienne désorientée et d’affection pour Camille à qui elle va donner la tendresse qui lui fait défaut, et Ronan, un marin qui assure la navette quotidienne entre le continent et l’île, écrivain public bénévole à ses heures perdues, qui va tout faire pour apprivoiser la farouche Emma et la libérer d’un mari qui la surveille jour à nuit grâce à la géolocalisation de son téléphone portable.
Mais pourquoi Emma est-elle consignée sur cette île du bout du monde ? La jalousie du mari est-elle vraiment la seule raison de ce séjour contraint ?
Alors que ces vacances s’annoncent désastreuses, le charme de l’île va progressivement opérer et séduire ces deux êtres à fleur de peau.
Un bon roman à mettre dans ses bagages pour les vacances. Un livre qui avait d’autant plus attiré mon attention que l’action de mon prochain ouvrage se situe également sur cette île fascinante qui m’avait séduite il y a quelques années.

Un Premier prix pour « La Confession d’Anna »

Chalumeau Confession d'Anna 1ere couv Edition 1Je viens d’apprendre que le Premier Prix du « Grand Prix des Prix Spéciaux de la S.P.A.F. » consacré cette année aux romans a été attribué à « La Confession d’Anna », mon dernier ouvrage publié comme les précédents en autoédition.
Adhérente à la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) depuis de nombreuses années, je suis ravie de l’obtention de ce prix, un bel encouragement, peut-être de bon augure pour le Prix des Conseils Généraux de Lorraine et le Prix Erckmann-Chatrian auxquels le livre participe cette année !

Je rappelle que ce livre est disponible en passant directement par moi (18 euros dédicacé et frais de port inclus), au magasin Cora Houdemont (54180) et au format électronique sur cette page Amazon : http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss_1?__mk_fr_FR=%C3%85M%C3%85Z%C3%95%C3%91&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=Zaz+Chalumeau

A l’encre russe

A l'encre russe Roman de Tatiana DE ROSNAY

Nicolas Duhamel, alias Nicolas Kolt, pas encore trente ans, est un auteur traduit et adulé dans le monde entier. Afin de lui offrir un cadre luxueux et paisible pour lui permettre d’avancer dans l’écriture de son deuxième roman, son éditrice lui a versé un bel acompte et une semaine dans un palace italien. Nicolas s’y rend avec Malvina, sa petite amie.
Hélas, l’écrivain est en panne d’inspiration… Il faut dire que l’idée de son premier livre lui avait été fournie par un événement de sa vie privée. Il n’était encore qu’un enfant lorsque son père, Théodore, a disparu en mer. Son corps n’a jamais été retrouvé et le mystère de sa disparition demeure entier.
A l’occasion du renouvellement de son passeport, Nicolas découvre ses origines russes ! Jamais personne ne lui avait parlé de cette parenté russe du côté de son père, né Koltchine à Saint Petersburg et adopté par un Français, Lionel Duhamel. Il avait alors décidé d’aller sur les traces de ses ascendants paternels.
Dans cet hotel de luxe, Nicolas Kolt est davantage enclin à paresser et communiquer sur les réseaux sociaux à partir de son Blackberry qu’à écrire. Trois années se sont écoulées depuis la sortie de son livre et son succès phénoménal l’a propulsé devant les caméras de tous les pays à l’occasion d’une interminable tournée mondiale. Dans cette aventure, il a perdu la femme qu’il aime et son ami d’enfance sans oublier sa mère dont il s’est éloigné. Le garçon, qu’on devine sympathique, s’est transformé avec le succès en homme superficiel et imbu de sa personne.
Malgré quelques passages intéressants sur le monde de l’édition, on s’ennuie car il n’y a pas vraiment d’histoire. On assiste sur plus de trois cents pages à la vie oisive de cet auteur antipathique et nombriliste. Et puis soudain, comme pour racheter une conscience à son anti héros, voilà que Tatiana de Rosnay se sert de l’affaire du Concordia, ce bateau de croisière échoué sur les côtes italiennes. Mais la mayonnaise ne prend pas et Nicolas Kolt ne sort pas grandi de l’action héroïque à laquelle il participe.
Bref, j’ai voulu faire connaissance avec cet auteur à succès, c’est fait !…

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