Archive pour le Tag 'poésie'

Sens et non-sens de la vie

Sens et non sens de la vie Recueil de poésie illustrée de Nicole METIVIER

La poésie de Nicole, artiste que je connais bien, est aussi fine qu’une dentelle de Bruxelles ! Et n’allez pas croire que l’amitié que je lui porte me rende sourde et aveugle ! Quand il s’agit d’apprécier un poème classique, l’amitié n’a plus sa place. Au pire je me tais, au mieux je lui indique les erreurs de prosodie. Car il n’y a pas si longtemps, je l’aidais à maîtriser les règles aussi strictes que complexes de la versification. Je ne suis pas peu fière d’avoir contribué à « faire » de Nicole un poète résolument classique.
La preuve indéniable de ses progrès est que ce recueil, le troisième qu’elle publie, est le plus abouti.
Sa poésie ne sent plus la sueur et les alexandrins de vrais alexandrins, n’en déplaise aux rimailleurs qui n’ont que ce mot à la bouche sans savoir ce qu’il signifie et ce qu’il suppose de connaissances techniques, qui chantent ou qui claquent selon l’effet souhaité. Et c’est à cela qu’un poète classique averti reconnaît un autre poète classique : le poème coule comme une eau limpide sans s’accrocher à des hiatus désagréables, des e qui ne s’élident pas à l’hémistiche, des rimes au minimum suffisantes quand elles ne sont pas riches ! Je ne vais pas ici déterrer la hache de guerre des Anciens contre les Modernes, mais un poème en parfaits alexandrins est une pure merveille à murmurer ! Et quand le fond épouse la forme, comme c’est le cas dans ce recueil, alors les larmes vous montent aux yeux de plaisir et d’émotion.
Certes les puristes dont je suis trouveront quelques imperfections dans quelques-uns des vingt-trois poèmes que contient ce recueil, joliment illustré de surcroît, mais elles sont infimes et ne nuisent guère à l’impression d’ensemble qui force l’admiration.
N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez acquérir cet ouvrage au prix modeste de 12,50€ ; je transmettrai à Nicole Metivier avec grand plaisir.

Poésie et robotique…

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Soirée Carte blanche

Affiche bis carte blanche Maison Verlaine Metz mai 2015-1

Entre ciel et terre

Entre ciel et terre Roman de Jón Kalman Stefánsson

L’histoire se passe en Islande, dans un petit village de pêcheurs.Le gamin – dont on ignore le prénom du début à la fin – et son ami Bárour n’étaient pas faits pour devenir pêcheurs. Tous deux aiment les mots et en particulier la poésie. Ils sont leur raison de vivre, même si le poisson assure leur subsistance. Mais les mots, si doux et si musicaux, peuvent parfois se retourner contre celui qui les aime trop. Comme Bárour. Au moment de prendre sa vareuse, il jette un dernier coup d’oeil à un poème de Milton pour bien le fixer dans sa mémoire et pouvoir se le répéter durant les heures qu’il passera en mer. Puis il quitte le baraquement en murmurant ces vers sublimes. Assis à côté du gamin, il rame avec les autres, jusqu’à l’endroit de pêche décidé par le patron. Lorsque le vent se lève et que la neige commence à tomber, tous sortent leur vareuse. Tous sauf Bárour. Il l’a oubliée… Malgré les efforts du gamin pour garder son ami en vie en le frictionnant vigoureusement, Barour meurt dans la barque, sur le chemin du retour de pêche.
Sans vraiment en prendre la décision, obéissant à une évidence, le gamin récupère le recueil de poésie pour le restituer à son propriétaire, un patron-pêcheur devenu aveugle, amoureux des livres. Pour cela, il marche pendant des heures au péril de sa vie, luttant contre la neige et le froid et l’envie de se laisser dissoudre pour rejoindre son ami. La vie aura-t-elle le dernier mot ?

Une écriture très belle, très poétique, très lente. Indigeste par sa forme – il n’y a aucun dialogue – ce livre séduit par son fond. On se trouve comme en apesanteur dans cet univers blanc et silencieux. Seul bémol : les prénoms islandais sont difficiles à assimiler et j’ai peiné à mémoriser qui est qui !

Les couleurs de l’âme

En avant-première, les couvertures de mon prochain recueil qui devrait sortir en janvier/février 2015, publié en autoédition comme les précédents :

1ère de couv

Les couleurs de l'âme dans Infos chalumeau-les-couleurs-de-lame-4e-couverture-716x1024

Murmures

Murmures dans Livres lus murmures-150x150 Recueil de poèmes de Khaled YOUSSEF

Khaled YOUSSEF est né en 1975 en Syrie. Après des études de médecine à Damas, il termine son internat en chirurgie en France. Il exerce désormais à Nice et entre deux coups de bistouri, il trempe sa plume dans l’encrier de la poésie.

J’ai rencontré ce poète à l’occasion d’une remise de prix. Il avait remporté un prix pour ce recueil et nous avions échangé nos ouvrages.
Quand on sait que l’homme ne parlait pas français à son arrivée dans notre pays en 1999, on ne peut qu’être admiratif par sa maîtrise de notre langue.
Discret et timide, c’est au papier qu’il confie ses émois, sa tristesse, ses espoirs.
Ses poèmes en vers libres sont plutôt courts mais denses. Et si la langue est occidentale, le cœur et l’esprit du poète sont bien tournés vers l’Orient.

« Ta voix sera ma terre…
Et tes lèvres…
Mon itinéraire… »

« Routes et caravanes…
Je ne suis qu’un bédouin…
Qui ne connaît que la rose du sable…
Et jamais vu le jasmin…
J’habite partout et nulle part…
Et j’erre dans les déserts…
Cherchant l’amour… »

« Le ciel s’ajoure…
Pour mettre à jour…
L’ennui de ma nuit…
Ton doute…
Me nuit…
Ni non ni oui…
C’est inouï… »

« Peu importe la distance…
Quand le soleil se lève sur ton continent…
Une lumière me caresse le visage…
Quand il pleut chez toi…
Je sens les gouttes d’eau sur ma peua…
Et quand tu lèves la tête…
Des étoiles naissent dans mon ciel… »

« Certains murmures qui ne sont nés de rien deviennent tout…
Certaines ombres sont plus vraies que tous les corps…
Certains échos sont plus assourdissants que toutes les voix…
Et certaines illusions sont plus denses que toute la vérité… »

Moi qui ne goûte guère la poésie contemporaine, j’ai été charmée par ce petit recueil autoédité chez Edilivre.

Pour acheter l’ouvrage : www.edilivre.com ou par l’auteur sur sa page Facebook : http://www.facebook.com/KhaledYoussefPhotographieEtPoesie

 

Conte-moi la vie

Conte-moi la vie dans Livres lus metivier-1ere-couverture-150x150 Poèmes de Nicole METIVIER

 

Dans ce deuxième recueil, que j’ai eu l’immense joie de préfacer, Nicole nous emmène dans un monde poétique un peu particulier. Car elle a pris l’habit du fabuliste pour nous parler de sujets graves en mettant des animaux en scène.
Dans « Le petit loup », elle nous parle de la peur naturelle de l’enfant.
Dans une autre poésie, il est question du don et du partage. Pour évoquer le chagrin d’une petite orpheline, Nicole écrit :
« Son tissu de coton et d’éponge-douleur
Nourrissait, chaque soir, son amour pour sa mère
Qui, les doigts repliés sur un fil de couleur,
En petits points de croix, l’avait cousu naguère. »
Dans ce très beau poème, le poète a l’audace heureuse de faire rimer primerose avec ecchymose !…

Pour évoquer le passé, elle nous raconte une histoire qui se termine ainsi :
« Lorsque vous achetez un objet de grand âge,
Sans même le savoir, vous faites l’héritage
D’une histoire passée… »

Un peu plus loin, pour parler de la différence et d’un défaut a priori, l’auteur nous raconte l’histoire de deux seaux dont l’un fuit. Leur propriétaire aurait pu décider de jeter l’ustensile défectueux. Elle n’en fait rien car les gouttes qui s’échappent du fond du seau arrosent des graines qui fleuriront le chemin !

Dans « Cadeaux d’anniversaire », Nicole décrit l’amour, le vrai, celui qui est oubli de soi. Elle veut lui offrir une chaîne de montre, il veut lui offrir un joli peigne. L’argent manquant aux deux amants, elle vend ses
cheveux et lui sa montre !…

Les thèmes sont multiples et variés : l’amour, l’amitié, la vérité, le partage, le don, l’enfance, la vieillesse, la mort, le tout écrit en vers néo-classiques voire classiques.
Les puristes remarqueront bien sûr les manquements à la prosodie, mais si Nicole ne compose pas toujours en parfaits alexandrins, ce n’est pas par ignorance ou paresse, mais par choix délibéré et donc respectable.
Quant aux illustrations qui émaillent les pages de ce recueil, elles sont en harmonie avec les poésies, belles, émouvantes et explicites.
Bref, un très beau recueil, à la fois grave et léger, que l’on feuillette encore et encore, même une fois entièrement lu, car la musique des mots (le poète est en outre violonniste) résonne longtemps après avoir fermé le livre.

Rouge et noir Eden récompensé

Poésie

Brochon : Zaz Chalumeau récompensée

Rouge et noir Eden récompensé dans Coupures de presse brochon
Les lauréats, et les membres du jury. Photo Camille Bailly

Zaz Chalumeau, Khaled Youssef et Denis Prost sont les trois lauréats du concours de poésie du prix Stéphen-Liégeard.
Après la visite appréciée des lieux, faite samedi après-midi par Aimé Thirard, secrétaire des Amis du château, le Prix Stéphen-Liégeard de poésie 2013 a été, et pour la dix-neuvième fois, officiellement remis dans le grand vestibule du château de Brochon, en présence de Dominique Lanternier, proviseur du lycée ; de Stéphen Blanchard, président des Poètes de l’amitié-poètes sans frontières ; des membres du jury, de Martine Fillod, adjointe représentant la municipalité, et de Camille Bailly, président des Amis du château.

Ouvrant la cérémonie, Stephen Blanchard a remercié le proviseur pour son accueil et précisé le rôle et les objectifs de son association, qui recevait pour cette occasion Frédéric Dufoix, joueur de luth professionnel.

Zaz Chalumeau : le premier prix a été attribué à Isabelle (Zaz) Chalumeau, d’Heillecourt (Meurthe-et-Moselle), pour son ouvrage intitulé Rouge et Noir Eden.

Claude Roynette, qui le présente, décrit l’auteure dans sa jeunesse. Écrivant dès l’âge de 8 ans, contrariée, traumatisée, mais qui se reprend dans le cours de son existence pour être reconnue par ses pairs, cumulant alors les récompenses et les distinctions, notamment des poètes lorrains.

Khaled Youssef : le deuxième prix a été remis à Khaled Youssef, de Nice, pour son recueil Murmures. Syrien de naissance, arrivé en France en 1999, il y poursuivit ses études de médecine, et devint chirurgien, une profession qu’il exerce principalement dans la région Paca.

Marie-Pierre Verjat-Droit, la présentatrice, souligna toute l’émotion que l’auteur fait percer dans son œuvre ; la renaissance qui fait place à la mort loin du pays cher à son cœur, mais aussi la quiétude et la liberté retrouvées sur une terre étrangère qui l’accueille et où il se prend à aimer les parfums d’un doux exil.

Denis Prost : choisi par le jury, le troisième prix a été décerné à Denis Prost, de Longecourt-en-Plaine, pour son recueil intitulé Métarmorphoses , présenté par Adriana von May, décrivant la pensée du poète, philosophe, professeur et écrivain, où, dans son ouvrage, l’auteur dépasse largement le scientifique par des mots d’amour, dits et écrits autrement.Durant les intermèdes musicaux, le musicien Frédéric Dufoix a fait ressentir la douce musique du luth dans des morceaux tirés d’œuvres italiennes, allemandes et anglaises, du XVIe siècle.

le bien public le  27/09/2013 le lien :

http://www.bienpublic.com/region-dijonnaise/2013/09/27/zaz-chalumeau-recompensee

Sur le site  lien  http://poetes-amitie.blog4ever.com/blog/lire-article-641909-10120472-les_articles_poetes_amitie___bien_public_et_jsl.html

Prix de poésie Stéphen Liégeard

Nous étions ce week-end à Brochon, au sud de Dijon, pour réceptionner mon 1er prix de Poésie obtenu pour mon recueil « Rouge et noir Eden ».
Organisé par les associations Poètes de l’Amitié & Poètes sans Frontières, ce concours ne récompense que trois auteurs, ce qui en fait un concours de qualité à mes yeux.
Le jury présidé par Stephen Blanchard avait donc décerné le 3e Prix à Denis Prost, le 2e Prix à Khaled Youssef et le 1er Prix à moi-même pour mon recueil « Rouge et noir Eden » édité en 2005.
La cérémonie avait lieu au château de Stephen Liegeard à Brochon.
Prix de poésie Stéphen Liégeard dans Divers stephen-liegardFrançois Stéphène Émile Liégeard, qui se faisait appeler Stéphen Liégeard, est né en 1850 et décédé en 1925. Avocat, homme politique (sous-préfet) et homme de Lettres (il a plusieurs fois postulé à l’Académie Française), l’homme est un amoureux des belles choses. Il fait construire un château sur les terres de sa famille à Brochon, une bâtisse élégante dans la lignée des châteaux de la Loire. Un peu mégalomane, il fait inscrire ses initiales un peu partout dans le château pour montrer sa puissance et sa fortune. Néanmoins, c’est un homme bon et généreux.
Après sa mort et celle de son fils célibataire, c’est un neveu qui hérite. Il refuse néanmoins l’héritage et le domaine revient à l’Etat qui décide, en 1954, d’en faire un lycée. Des bâtiments modernes (et très laids !) sont construits à cet effet.
Le lycée Stephen Liégeard accueille encore aujourd’hui environ 700 élèves, filles et garçons, de la Seconde au BTS. L’internat en revanche, situé dans le château lui-même, n’héberge que 120 jeunes filles environ. Pour plus d’information sur le lycée : http://lyc21-liegeard.ac-dijon.fr/

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A l’entrée du château, sous un soleil radieux !

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Avant de partir faire la visite guidée du château, un rapide coup d’oeil aux lots !…

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La cérémonie commence : de gauche à droite : ajointe à la culture (je n’ai pas retenu son nom et ne l’ai pas trouvé sur Internet…), Stéphane Blanchard, président du jury, et Dominique Lanternier, proviseur du lycée.

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Le 3e prix est attribué à Denis Prost, professeur de philosophie, de Longecourt-en-Plaine (21), présenté par Adriana Von May.

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Frédéric DUFOIX, joueur de luth professionnel, assure l’intermède musical.

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Le 2e prix est attribué à Khaled Youssef, chirurgien, de Nice (06), présenté par Marie-Pierre Verjat-Droit.

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Très intimidée, moi l’auto-didacte, de me retrouver devant un professeur de philosophie et un chirurgien, écoute la présentation de Claude Roynette.

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Outre un diplôme, un panier garni de spécialités bourguignonnes ainsi que deux très bonnes bouteilles offerts par la mairie comme mes concurrents, je reçois une coupe… et deux cartons de six bouteilles chacun, de vin de Bourgogne rouge et blanc offerts par l’association organisatrice du concours. De quoi avoir encore longtemps une pensée pour Brochon et Stéphen Liégeard !
Après un repas convivial dans un restaurant de Marsannay-la-Côte avec Khaled Youssef, Stéphane Blanchard, Claude Roynette et quelques autres membres du jury, Monique et moi (et Hella !) nous acheminons vers l’hôtel où nous passons la nuit avant de rejoindre la Lorraine le lendemain.

Merci aux organisateurs et généreux donateurs !

Pour voir d’autres photos de cette journée, cliquer sur l’album ci-dessous :

Prix Stephen Liegeard - Brochon - sept 2013
Album : Prix Stephen Liegeard - Brochon - sept 2013

40 images
Voir l'album

Premier Prix pour mon recueil « Rouge et noir Eden »

Premier Prix pour mon recueil Le Prix de Poésie Stephen Liégeard à Dijon est le seul concours de l’année auquel j’ai participé. Il s’adressait à des auteurs de recueils édités depuis moins de dix ans et récompensait trois recueils de poèmes en prose ou en vers. J’ai donc envoyé mon « Rouge et noir Eden » publié en autoédition en 2005. Alors que je trouvais cet ouvrage le plus abouti de tous mes recueils de poèmes, il n’avait pas rencontré le succès espéré auprès du public. Je suis donc particulièrement heureuse de cette récompense !
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Traces

Traces dans Livres lus livre-vierge1-107x150 Poèmes de Serge BEYER

Ce recueil est petit, mais ô combien intense !
Il commence par une série d’ »Instantanés sous forme de haïkus », dix petits poèmes qui sont en effet comme des clichés, ces photos prises dans la rue pour essayer de capturer la vie. Je vous en livre deux, mes préférés :

Le ciel bleu Chagall
Aux vitraux de ton regard
Escapade à Reims

Madame la psy
A quoi bon « tuer le père ? »
Il a vécu mort

En 17 syllabes, à peine un alexandrin et demi, tant de choses sont exprimées ! J’ai toujours considéré que le sonnet était un art difficile car il faut tout dire en quatoze vers, pas un de moins et pas un de plus. Mais dans un haïku, il s’agit d’exprimer toute une idée et de suggérer le reste en tois petits vers 5-7-5… Une gageure que réussit l’auteur avec brio !
Suivent quatre poèmes classiques même si des puristes relèveraient quelques imperfections. Mais les vrais amateurs de poésie savent bien que les vers les plus parfaits ne sont pas les plus poétiques !
Dans « je sais », si on y déniche un hiatus disgrâcieux, je préfère m’attarder sur ce vers magnifiquement rythmé :

Je sais le vin fougueux aux lèvres du convive

Dans « Un cappuccino à la fraise », le parfum du fruit écrasé m’a chatouillé les narines. Un quatrain sublime :

A l’aube une flute irlandaise
Arpègera les vents d’Armor
Elfe de feu sur la falaise
Tu seras son plus bel accord.

Dans « Eclipse »,

Les astres amoureux, cachés en un coin de ciel,
Vivent éperdument une Vénus de miel.

tandis que dans « Conjugaison », on termine le recueil avec beaucoup de sensualité.

Cet ouvrage n’est pas commercialisé, mais je conseille vivement aux amateurs de belle poésie, inventive et sensuelle, de se rendre sur cette page du blog de la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) pour découvrir les poèmes de Serge BEYER, Grand Prix des Poètes Lorrains et Alérion d’Or 2011 : http://spafenlorraine.unblog.fr/category/artistes-spaf-lorraine/beyer-serge/

Tenter de vivre

Tenter de vivre dans Livres lus livre-vierge-107x150Poèmes de Denise RICHARD-FLIELLER

Ce recueil est un petit bijou ! L’écrin n’est pas sublime, mais les vers sont des perles, des pierres précieuses finement ciselées et délicatement assemblées.
Le titre est explicite : la mort est omniprésente et il s’agit ici de survivre, tant bien que mal, à la disparition de l’être aimé. La solitude est évoquée, ainsi que le désarroi :

« Comment, sans ton appui, reprendre la bataille ? »

Une prière est adressée au disparu :

« Reviens, silencieux tel un vol de phalène ».

Outre sa douleur personnelle et intime, l’auteur élargit son champ de réflexion et s’interroge sur la situation en Syrie :

« J’imagine plutôt telle cité martyre
Où Bachar assassine en toute impunité
Les amoureux de liberté. »

Et toujours le même questionnement comme une antienne :

« Pourquoi faut-il, en vérité,
Payer avec autant de larmes
L’espérance d’éternité ? »

Puis le poète se fait rêveur :

« Auréolés d’amour, purifiés d’absence,
Ils écoutent, muets, sous la dalle reclus,
Un arioso lent que ma douleur cadence. »

avant de reporter son regard sur le monde en guerre :

« Ni mouvement, ni pestilence.
La mort habille le silence,
Lourd comme l’âme d’un faquin. »

Le dernier poème évoque « Le rendez-vous de Samarcande », le lieu et l’heure où frappe le destin auquel nul n’échappe :

« Allègre conducteur, tu te crois tout puissant ;
Ecoute donc la voix lancinante qui scande :
Moins vite, malheureux, tu cours vers Samarcande ! »

Cet ouvrage a été édité par la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) en récompense du Grand Prix des Poètes Lorrains 2012 qu’elle a décerné à Denise Richard-Flieller. Les puristes dénicheront dans les onze poèmes présentés quelques imperfections quant à la prosodie. J’y vois au contraire une grande maîtrise des règles de la poésie classique auxquelles le poète a parfois sciemment dérogé pour ne pas sacrifier le fond à la forme.

Pour vous procurer cet ouvrage confidentiel, vous pouvez m’écrire isabelle.chalumeau@orange.fr  afin que je vous mette en relation avec l’auteur.

Le Cercle des Arts

Je vous signale la création d’un blog pour l’association Le Cercle des Arts subventionnée par les mairies de Laxou et Maxéville : http://lecercledesarts.unblog.fr

Je serai l’administratrice de ce blog. N’hésitez pas à aller y faire un tour et même, pour les habitants de Nancy et ses environs, à nous rejoindre. L’association accueille peintres et poètes.

Au fil des mots, du temps et de la poésie

Au fil des mots, du temps et de la poésie dans Livres lus Métivier-1ère-de-couverture001-150x150 Recueil de poèmes de Nicole METIVIER

Dans ce recueil de cinquante poèmes organisés autour du temps qui en est le thème phare, on aborde une poésie le plus souvent néo-classique avec, ça et là, de parfaits alexandrins, ce qui fait dire à l’amatrice de prosodie que je suis : « quel dommage que l’auteur n’ait pas poussé plus loin la perfection ! » car Nicole Métivier a l’étoffe du poète classique, il faudrait parfois très peu de chose pour éliminer les quelques petits défauts techniques. Mais cet avis n’engage que moi et n’enlève absolument rien au plaisir ressenti à cette lecture et à l’admiration que certaines trouvailles ont suscitée.
Pour parler de l’enfant en devenir :
« Elle sentait la vie au milieu de son ventre,
Le doux frémissement d’un petit corps menu ».
Et plus loin ce quatrain sublime :
« Il avait du comment le pourquoi du Mystère,
La conscience du Tout dans l’Infini des Cieux,
Et le Livre de Vie à porter à sa mère
Afin que sa lecture illumine ses yeux. »
Qu’elle évoque la future maman ou le souvenir du père, l’émotion est toujours à fleur d’écriture. Mais la poésie à l’état pur surgit aussi dans des poèmes comme « Jean de la lune » avec ce superbe quatrain :
« Il arrive bientôt au bord de la margelle
Et scrute au fond du puits pour transpercer le noir
Mais dans ses profondeurs, exemptes d’une échelle,
La lune, un peu distraite, a dû se laisser choir. »
et encore avec nostalgie dans « La gomme » :
« Mais mon humble ouvrier à l’aspect compassé,
Par la microtechnique, a été déclassé
Et c’est l’ordinateur froidement cuirassé
Qui, d’un ”copier-coller”, retranscrit le passé. »
Pour évoquer le temps qui passe, l’artiste a des images originales :
« Le temps d’un baiser doux, l’horloge a fait trois tours »
Nicole sait aussi chanter « L’éternel féminin » :
« Elle a de ses vingt ans, la beauté saisissante »
Les inconditionnels du Petit Prince ne resteront pas insensibles à cette strophe :
« Lucarnes de l’espoir, lorsque je vous contemple,
Je sais que, quelque part, un être me sourit,
Un Petit Prince errant dont le cœur, il me semble,
En quête d’infini, recherche son amie. »
Bref, tant de poèmes si beaux que je ne puis me résoudre à en extraire quelques vers, sauf peut-être, pour conclure :
« Et dans le tendre écrin, crépuscule d’argent,
Un petit coin du ciel blottira mon serment,
Le plus beau des trésors, la promesse et la joie,
Ton amour et mon cœur dans un cocon de soie

Ce recueil, vendu 10 euros par l’auteur, n’est à ma connaissance pas commercialisé dans les lieux de vente habituels. Mais n’hésitez pas à vous rendre aux différents salons littéraires locaux ; vous aurez toutes les chances d’y rencontrer Nicole pour une dédicace. En cadeau à soi-même ou à un proche, ce premier ouvrage de l’auteur saura séduire le lecteur.




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