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Résultat pour la recherche 'zaz attentat'

Il y a 135 ans…

James-A-Garfield118Le 2 juillet 1881, James Garfield, président des Etats-Unis, est victime d’un attentat.
Il se trouve dans un compartiment de train lorsque Charles Guiteau, frustré de ne pas avoir été nommé ambassadeur en France, tire sur le président qui mourra des suites de ses blessures le 19 septembre suivant.

Il y a 48 ans…

KennedyLe 5 juin 1968, Robert F. Kennedy, homme politique américain, est victime d’un attentat.
Alors qu’il était revenu dans la course à la nomination par son parti après avoir remporté les élections primaires de Californie, il est grièvement blessé par Sirhan Sirhan le soir même.
Il décèdera le lendemain.

Il y a 43 ans…

WTC-gr53Le 4 avril 1973 a lieu l’inauguration des tours jumelles du World Trade Center à New-York aux USA.
La construction de ces deux gratte-ciel, commencée en 1966, a nécessité le travail de 10 000 personnes.
Chaque tour compte 110 étages ; l’une s’élève à 415 m et l’autre à 417 m.
Conçues par l’architecte Yamasaki, elles seront pour à peine une année les plus hautes tours du monde ; c’est la tour Sears à Chigaco qui devient alors la plus élevée.
Le 11 septembre 2001, les deux tours emblématiques s’affaisseront sous elles-mêmes après avoir été percutées par deux avions lors d’attentats terroristes.

Il y a 8 ans…

paris-dakar-courseLe 4 janvier 2008, le rallye Paris-Dakar est annulé en raison d’une menace terroriste.
En effet, un message du réseau Al-Qaïda reçu par les autorités mauritaniennes menace de frapper les participants français à la course.
2500 concurrents issus de 50 pays doivent donc renoncer à la compétition.
Déjà le 24 décembre 2007, quatre touristes français avaient trouvé la mort dans un attentat attribué à Al-Qaïda au Maghreb ; or huit étapes sur 15 devaient se dérouler sur le sol mauritanien.
C’est la première fois que le rallye est annulé depuis sa création en 1979.

GAM – Bach s’invite au temple de Nancy

Nous avions aujourd’hui rendez-vous au temple de Nancy avec Jean-Sébastien Bach, Alessandro Scarlatti et Dieu puisque l’heure et demie de musique lui a été consacrée.

DSCF4827 petitFrançois LEGEE, directeur de l’ensemble Gradus Ad Musicam (GAM), choeurs et orchestre de Nancy, a dédié ce concert en particulier à un de ses choristes, décédé récemment, et plus généralement aux victimes des attentats du 13 novembre à Paris, terminant par ces mots forts : « La musique, comme un rempart contre ceux qui voudraient nous faire taire« .
Dès lors, la musique s’éleva et nous emporta, nous faisant oublier un temps la barbarie qui fait la une de nos journaux télévisés depuis deux semaines.
Au programme, Jean-Sébastien Bach avec la Cantate 51 « Jauchzet Gott in allen Landen« , Alessandro Scarlatti avec Sinfonia N°9 et de nouveau Jean-Sébastien Bach avec la Cantate 182 « Himmelskönig, sei willkommen« .

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Mélodie MILLOT, soprano, poursuit ses études à Paris et obtient en 2007 conjointement à la licence le 1er Prix de Solfège du CRR de Boulogne et la Médaille d’Or du CRD de Montreuil. Elle continue sa formation vocale et obtient en 2012 son Prix de Musique de Chambre et en 2013 son Prix de Chant. En 2014, elle se spécialise au conservatoire de Pantin en musique ancienne où elle obtient son Prix.
Diplômée d’Etat de Formation Musicale, elle accède au poste de professeur de la ville de Paris.

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A la trompette baroque : René MAZE.
Premier prix de trompette et de musique de chambre au conservatoire de Versailles, il débute sa carrière en tant que trompette solo à l’orchestre de Lyon.
Spécialiste en musique ancienne et plus spécifiquement dans l’interprétation de Jean-Sébastien Bach, il participe à de nombreux concerts avec différents ensembles musicaux en France et en Europe.
Il donne également des concerts en soliste et intervient lors de masterclass tant en France qu’à l’étranger.

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A la flûte à bec : Nicolas TACCHI.
Né en 1963, il obtient en 1987 le premier prix du Conservatoire Supérieur de Musique de Genève pour le diplôme de virtuosité de basson.
Dès son plus jeune âge, il se produit au sein de nombreux orchestres professionnels ; en 1985, il est engagé en tant que bassoniste soliste / co-soliste à l’Orchestre Symphonique et Lyrique de Nancy.
Il est par ailleurs passionné d’arts martiaux et le yoga coréen, disciplines qu’il pratique au plus haut niveau.
En 2012, il intègre la classe de flûte à bec baroque de Luc MARCHAL au Conservatoire Régional du Grand Nancy.

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A l’orgue : Thierry BOHLINGER

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Au théorbe : Jonathan FUNCK

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Paul BERTHELMOT, baryton
Tout en poursuivant des études de linguistique allemande, il a conduit son cursus de chant au CRD d’Epinal où il obitent en 2008 la mention très bien à l’unanimité en technique vocale et musique de chambre.
En 2009, il interprète son premier rôle à l’opéra de Metz.

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Michel MARQUEZ, contre-ténor.
Il obtient son prix de chant et d’art lyrique au Conservatoire de Nancy. Puis il poursuit sa formation à l’Académie Royale de Musique de Londres. Puis il intègre le Centre de Musique Baroque de Versailles.
Lauréat du Concours des « Voix d’Or » dans la catégorie Opéra, il est le seul Contre-ténor à avoir obtenu cette récompense.
Il participe à de nombreuses tournées à travers toute l’Europe.

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Benoît PORCHEROT, ténor.
Passionné de chant et de répertoire a cappella, il se forme dans le Choeur de Garçons de Lorraine à Nancy où il débute comme soprano. Puis ils poursuit ses études dans différentes écoles en Allemagne, en Angleterre et en Catalogne.
En 1995, il fonde l’ensemble Madrigal puis il travaille la direction de choeur et intègre différents ensembles vocaux avec un répertoire riche et varié.
Depuis 2011, il a repris la direction du Choeur de Filles et Garçons de Lorraine à Nancy.

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Comme lors de chaque concert, le GAM dans son ensemble a su nous transmettre le génie musical des auteurs qu’ils interprètent et l’émotion que véhiculent souvent la musique et le chant.
J’ai été personnellement émue aux larmes par la prestation du contre-ténor dont la voix aux aigus étonnants a fait vibrer en moi je ne sais quelle corde sensible… Merci à lui et à l’ensemble des musiciens et choristes qui ont su nous faire partager leur passion et le fruit de leur travail.

Merci au GAM pour les informations sur les artistes reprises dans cette page.
Pour voir toutes les photos,  réalisées par Monique COLIN, cliquer sur l’album ci-dessous :

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Album : GAM-Bach-11/15

28 images
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Deuil national en France

Paris 13 nov 2015En hommage aux victimes des attentats du vendredi 13 novembre dernier, le gouvernement français a décrété trois jours de deuil national les 15, 16 et 17 novembre 2015 ainsi qu’une minute de silence ce jour à midi.

Il y a 58 ans…

ben_laden4040Le 10 mars 1957 naît à Riyad, en Arabie saoudite, Oussama Ben Laden.
Chef fondateur du réseau terroriste Al-Qaida, il est l’instigateur présumé des attentats du 11 septembre 2001 sur les tours jumelles du World Trade Center à New-York.
Longtemps recherché par le FBI, il est abattu par un commando américain en mai 2011.

Le premier numéro de Charlie Hebdo après l’attentat

Charlie Hebdo uneSi tu es Charlie, achète le prochain numéro du journal, ou mieux, abonne-toi pour trois mois, six mois ou un an. Après, tu verras bien si tu renouvelles, en fonction de ta sensibilité à l’humour et à l’esprit du journal. Je pense qu’acheter Charlie Hebdo demain et les semaines suivantes n’est pas une déclaration de foi mais un acte citoyen.

Il y a 98 ans…

raspoutine_012123Le 16 décembre 1916 (calendrier grégorien) décède Grigori Iefimovitch Raspoutine.
Né en 1869 (date incertaine), ce paysan illettré, moine et aventurier, acquiert la réputation de prêtre aux pouvoirs miraculeux.
Arrivé en 1903 à Saint-Petersbourg, il est présenté à l’impératrice en 1905 lors d’une crise d’hémophilie du jeune Alexis, héritier du trône. Raspoutine parvient à soulager le tsarévitch et devient le favori du couple impérial.
A la fois vénéré et craint par les hommes de la haute société russe, il exerce dès lors une influence indéniable sur le tsar Nicolas II et son épouse.
Entouré d’individus douteux, Raspoutine joue un rôle important dans les affaires de l’Eglise et de l’Etat.
Profitant de son aura et de son pouvoir de guérisseur, il assouvit son légendaire appétit sexuel. Ses débauches mais surtout son influence néfaste sur la tsarine inquiètent l’entourage du couple impérial.
Pour sauver le pays et la couronne, cinq hommes décident d’assassiner Raspoutine, ayant déjà survécu d’un premier attentat en 1914. Invité chez le prince Ioussoupov, l’un des conjurateurs, le moine guérisseur de la cour de Russie va donner à ses agresseurs du fil à retordre ! En effet, deux biscuits au cyanure et un verre de vin empoisonné demeurent sans effet. Alors l’un des comploteurs tire sur Raspoutine une balle de pistolet. L’homme tombe à terre puis se relève et tente de fuir. Une balle dans un rein puis une autre dans la tête, qui provoque la chute de Raspoutine dans les eaux glacées de la Neva, finiront par le terrasser !
Son cadavre n’est découvert que le 19 décembre à l’aube, gelé et recouvert d’une épaisse couche de glace.
La mort de Raspoutine n’a cependant pas arrêté le déclin de la vieille Russie ni la chute des Roumanov.

Il y a 183 ans…

Garfield7Le 19 novembre 1831 naît James Garfield, 20e président des USA.
Elu en mars 1881, il est victime d’un attentat en juillet de la même année, alors qu’il traversait la salle d’attente de la gare de Washington pour aller prendre un train. Atteint de deux balles, une dans le dos et une dans le bras, il décède deux mois plus tard.

 

Il y a 113 ans…

Mckinley-pt17Le 14 septembre 1901 décède William McKinley, président des Etats-Unis. Il succombe à ses blessures, suite à un attentat survenu à Detroit huit jours plus tôt. Il est le troisième président américain à mourir de mort violente.

Le républicain Theodore Roosevelt devient le 26e président.
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Il y a 36 ans…

Aldo-moro39Le 16 mars 1978, Aldo Moro est enlevé en plein centre de Rome.
Homme politique italien, à cinq reprises Président du conseil des ministres de la République italienne, il est la proie des Brigades Rouges, groupe terroriste d’extrême gauche mené par Mario Moretti. Les assaillants assassinent les cinq gardes du corps de Moro afin de l’enlever.
Les Brigades rouges revendiquent l’attentat et le corps d’Aldo Moro est retrouvé sans vie le 9 mai suivant.

 

Il y a 50 ans…

Il y a 50 ans... bastienthiry1718
Le 11 mars 1963 décède Jean-Marie Bastien-Thiry.
Défenseur de l’Algérie française, le lieutenant-colonel avait organisé l’attentat du Petit-Clamart, le 22 août 1962, contre le président de la République française, le Général de Gaulle. A un carrefour, plusieurs hommes surgissent, munis d’armes automatiques. Plusieurs balles atteignent la voiture présidentielle qui continue toutefois sa route malgré deux pneus crevés ; la prouesse et le sang-froid du chauffeur ont sauvé la vie du président.
Bastien-Thiry est condamné à mort par la Cour militaire de justice. La demande en grâce de son avocat est rejetée par de Gaulle pour raison d’état. Il est donc fusillé au fort d’Ivry, au sud de Paris. Il est le dernier citoyen français à être exécuté pour raisons politiques.

Il y a 37 ans…

Il y a 37 ans... Ford-attentat
Le 22 septembre 1975 a lieu un attentat contre le président américain Gerald Ford.
A San Francisco en effet, Sara Jane Moore, une ménagère de 45 ans, tire sur le président mais l’arme est détournée par un spectateur. C’est le deuxième attentat en un mois contre l’homme de la Maison Blanche…

Il y a 94 ans…

Il y a 94 ans... FaniaKaplan1017-bis
Le 30 août 1918, à Moscou, Lénine est blessé par un coup de feu.

Feiga Chaimovna Roytblat surnommée Fanya Kaplan, membre du Parti socialiste-révolutionnaire, approche Lénine à la fin d’un meeting et tire par trois fois à bout portant. Deux balles l’atteignent : l’une à l’épaule et l’autre à la mâchoire. Lénine refuse d’être emmené à l’hôpital car il craint un autre attentat. Il préfère rejoindre  son appartement privé au Kremlin. Les médecins jugent trop dangereux d’extraire les balles. Lénine survit et reprend son activité, mais gardera des séquelles de cette mésaventure. Il décède en 1924. Fanny Kaplan est exécutée ; elle avait 28 ans.

Il y a 177 ans…

Il y a 177 ans... Jackson16
Le 30 janvier 1835, le président des Etats-Unis, Andrew Jackson, est la cible d’un attentat raté. Indemne, il rosse avec sa canne son agresseur qui avait tenté de l’éliminer par deux coups de revolver.

L’automne des chimères

lautomnedeschimres.png Roman de Yasmina KHADRA

Après Morituri et Double-blanc, ce roman termine la trilogie des enquêtes policières de Brahim Llob, commissaire à Alger, du temps de la guerre civile.
Llob assiste à l’enterrement d’un ami d’enfance devenu un intellectuel constamment en danger dans l’Algérie de l’intégrisme, égorgé en plein jour dans son jardin. Très éprouvé par ce drame qui pourrait bien être la goutte d’eau qui fait déborder le vase, tant le nombre incalculable de cadavres atrocement mutilés hante ses nuits, il tombe sur son lieutenant, le fidèle Lino qui se ferait plutôt couper la langue que d’avouer le respect et l’affection qu’il ressent pour son supérieur, qui l’informe d’une convocation chez le grand patron. La tête d’enterrement que tire Lino, certes de circonstance !, ne rassure pas Llob qui se demande quel ciel va encore lui tomber sur la tête.
Sans circonlocution, avec une certaine morgue et une indéniable sensation de jouissance, son chef lui annonce qu’il est limogé et probablement mis à la retraite. Le motif ? Un roman, un roman policier que le flic le plus intègre d’Alger a écrit et publié pour dénoncer les atrocités de la guerre civile et le laxisme du pouvoir en place.
Brahim Llob, en attendant la décision de la hiérarchie sur son compte, part se ressourcer dans son village natal.
Lorsqu’il est de nouveau convoqué, après avoir été lui-même victime d’un attentat, il apprend avec surprise et un certain détachement que la sanction est levée. Il peut reprendre son poste ; son lieutenant et sa secrétaire l’attendent. Mais lui a perdu la foi.
Une enquête policière à l’image des deux précédentes, peut-être davantage axée sur la psychologie du personnage central, ce commissaire intègre en fin de carrière qui en a vu de toutes les couleurs mais qui a toutefois gardé son âme d’enfant dans certaines circonstances douloureuses.

Morituri

morituri.jpg Roman de Yasmina KHADRA

Le commissaire Llob, policier à Alger, traque les Islamistes avec son co-équipier Lino. Dans l’Algérie en guerre, où les extrémistes tiennent un fusil dans une main et le coran dans l’autre, ils risquent chaque jour leur vie. Llob enquête sur la disparition d’une jeune fille. Contrairement à l’impression que donnent les premières pages, le commissaire, la cinquantaine, n’est pas un célibataire endurci mais un homme marié et père de famille. On le suit dans les rues de la capitale algérienne, dans les bars louches, les gourbis et les somptueuses villas. Jour après jour, au gré des massacres, le commissaire Llob avance, la peur au ventre. Son épouse aussi craint chaque minute de retard ; d’ailleurs, elle est prématurément vieille à force de s’inquiéter pour son mari. Malgré tout, le commissaire poursuit sa quête.
Cependant, les amateurs de vrais romans policiers seront déçus car dans ce petit livre, l’enquête policière n’est qu’un prétexte pour évoquer la guerre civile en Algérie, la violence, les meurtres, la barbarie, les attentats dont sont victimes les militaires mais aussi les habitants, femmes et enfants compris. Le commissaire est une sorte de San Antonio à la sauce algérienne, avec des expressions aussi fleuries et imagées, parfois tirées par les cheveux et dépourvues de naturel.
Ce livre a été écrit du temps où Mohammed Moulessehoul, commandant dans l’armée algérienne, n’avait pas fait son coming out. Prendre un pseudonyme était alors le seul moyen pour cet homme de pouvoir écrire et survivre. L’écrivain depuis a révélé qui se cachait sous ce nom de plume féminin et il a dû quitter son pays, menacé de mort ainsi que sa famille pour avoir révélé les atrocités dont se rendaient coupables les soldats de l’armée régulière et les intégristes qui n’hésitent pas à fusiller un petit garçon qui se rend à l’école ou une jeune fille qui refuse de porter le voile.

L’attentat

lattentat.bmp Roman de Yasmina KHADRA

Le Docteur Amine Jaafari est chirurgien à Tel-Aviv. Arabe d’origine palestinienne, il a pris la nationalité israélienne pour étudier, travailler et vivre en Israël. Avec sa femme Sihem, ils incarnent le modèle de l’intégration réussie ; il jouit d’une excellente réputation et vivent une magnifique maison dans un quartier chic de la ville. Même s’il a souffert et même s’il est encore victime du délit de faciès, Amine est heureux car sa vocation de chirurgien l’amène à régulièrement sauver des vies.
Lorsqu’un restaurant d’un quartier proche est soufflé par un attentat, le Docteur Jaafari se bat aux côtés de ses collègues pour arracher des griffes de la mort des hommes, des femmes et des enfants.
Il rentre chez lui, fourbu, malheureux de l’absence de sa femme partie pour quelques jours dans sa famille.
Au milieu de la nuit, on l’appelle de l’hôpital. Sans poser de questions, il saute dans un pantalon et se rend sur son lieu de travail, prêt à opérer. Mais on ne l’attend pas pour une intervention chirurgicale. La police est là qui lui demande d’identifier un corps, celui du kamikaze responsable de l’attentat. Il s’agit d’une femme et Amine reconnaît SA femme.
Après une garde à vue musclée, il est relâché, rien ne laissant supposer une quelconque complicité avec la kamikaze ni aucune activité dans les organisations terroristes.
Alors qu’il refuse l’évidence, il reçoit une lettre, quelques mots de Sihem postés avant de mourir. Amine est dévasté. Comment est-ce possible ? Comment a-t-il pu vivre aux côtés de son épouse sans jamais se douter de rien ? Pour essayer de comprendre, Amine part enquêter.
Un livre très fort sur un sujet d’actualité : la souffrance des Palestiniens en particulier et comment une personne apparemment bien intégrée bascule dans le terrorisme en général.
Le récit est court mais dense, dans une langue à la fois moderne et littéraire.
A lire absolument.

Il y a 461 ans…

charlesix1.jpg Le 27 juin 1550 naît Charles-Maximilien de France, duc d’Orléans. A l’âge de 10 ans, Charles IX accède au trône et la régence est confiée à sa mère Catherine de Médecis. En 1564, la reine-mère organise un grand tour de France afin de montrer le roi à ses sujets et lui faire connaître son royaume. La guerre entre protestants et catholiques se poursuit mais le mariage de la soeur du roi, Marguerite alias la reine Margot, avec un jeune prince protestant, roi de Navarre et futur Henri IV, est une promesse de paix durable. Cependant, en août 1572, quelques jours à peine après le mariage, Gaspard de Coligny, l’un des chefs du parti des Huguenots, est victime d’un attentat. Craignant un  soulèvement, le roi ordonne l’élimination des chefs protestants à l’exception de Henri de Navarre et du prince de Condé. C’est le début du massacre de la Saint-Barthélémy qui fera des milliers de morts dans toutes les grandes villes de France.
Charles IX, de santé physique et mentale fragile, décline après ces évènements et meurt le 30 mai 1574.

Il y a 193 ans…

alexanderiirussia76.jpg Le 29 avril 1818 naît Alexandre, fils aîné du Grand-duc Nicolas Pavlovitch et de la Grande-duchesse Alexandra Feodorovna. A la mort de son oncle l’Empereur Alexandre 1er de Russie, so  père monte sur le trône et devient empereur sous le nom de Nicolas 1er. Le jeune Alexandre, alors âgé de sept ans, devient le Tsarevitch, soit le prince héritier.
A la mort de son père en mars 1855, il accède au trône sous le nom de Alexandre II. Grand réformateur, il échappe à de nombreuses tentatives d’assassinat mais succombe à l’ultime attentat le 13 mars 1881 à Saint-Petersbourg. Touché par une grenade artisanale lancée par un révolutionnaire polonais, l’empereur meurt quelques heures plus tard.

Il y a 130 ans…

alexanderiirussiaa18.jpgLe 13 mars 1881, le tsar Alexandre II de Russie, est assassiné.
Bien qu’averti d’un projet d’attentat, il refuse de renoncer à assister à la relève de la garde. Au terme de ce cérémonial, le coupé impérial se met en route. Quatre lanceurs de bombes attendent les véhicules. Le souverain échappe à la première bombe. Il marche parmi les morts et les blessés à la rencontre des terroristes. Une deuxième bombe l’atteint, il mourra dans l’après-midi.

 

Un balcon sur la mer

unbalconsurlameraviewoflove151220101a.jpg Un film de Nicole Garcia avec Jean Dujardin, Marie-Josée Croze, Sandrine Kiberlain, etc.

Marc, agent immobilier, marié et père d’une fillette, mène une vie confortable dans le Sud de la France. Lorsqu’une cliente se présente, il croit reconnaître Cathy, l’adolescente qu’il aimait en Algérie et qu’il avait dû quitter précipitamment le jour où ses parents avaient décidé de partir pour fuir les attentats qui rythmaient le quotidien des civils durant la guerre d’indépendance. Elle aussi l’a reconnu et ils passent une nuit ensemble. Lorsqu’elle disparaît, le doute s’installe. Marc est de moins en moins sûr que cette femme soit Cathy. Pourtant, il est évident qu’elle le connaît. Alors qui est-elle ?
Une enquête policière tout en finesse avec un Dujardin sublime de force et de fragilité. Un très beau film à voir.

Un monde sous influence

unmondesousinfluence.jpg roman de John BORING

Comme l’indique le titre, le monde est sous l’atteinte de la grippe, influenza selon l’appellation scientifique.
Après quelques morts suspectes au Cameroun, les Docteurs Jean Caspier et Maria Ruiz, médecins à l’OMS mais également agents secrets pour leurs gouvernements respectifs, sont envoyés sur place. Ils découvrent assez rapidement que les victimes ont contracté le virus de la grippe H2N2 et échappent eux-mêmes de justesse à un attentat. Ils acquièrent très vite la conviction qu’ils sont en présence d’une redoutable arme bactériologique que détiennent quelques fous membres d’une secte prête à éradiquer le genre humain.
L’histoire que nous raconte John Boring, qui n’est d’ailleurs pas du tout ennuyeux en dépit du curieux nom de plume qu’il a adopté, fait bien sûr penser à la crise que nous avons récemment connue avec la pandémie de la grippe H1N1. Avec notre couple d’agents secrets, un peu moins glamour que James Bond et ses girls, nous suivons l’évolution du drame qui se joue à l’échelle mondiale et dont l’issue ne peut être que fatale. A moins de trouver une solution pour sauver la planète…

L’ouvrage, quoique publié en autoédition, est d’assez bonne qualité et intéressant car on se demande jusqu’où va la fiction…

 

11 septembre 2001… Lorca se souvient-elle ?

Il y a sept ans avaient lieu des attentats terroristes aux USA : quatre avions sont détournés. Deux heurtent les tours jumelles du World Trade Center, le troisième le Pentagone et le quatrième s’écrase en rase campagne.
Au moment de la catastrophe, je rentrais du bureau. J’avais d’abord cru à un canular dans l’émission de Laurent Ruquier dont les chroniqueurs ne manquent pas d’imagination. Mais non, ce n’était pas une blague.
Arrivée à la maison, Lorca m’accueillit, chaleureusement comme d’habitude. A la télévision, je découvris les images dignes d’un film catastrophe. Monique travaillait encore et, ce jour-là, elle était d’après-midi. Je lui téléphonai pour lui faire part de ce qui se passait.
Voici ce que ces évènements m’inspirèrent, extrait de mon recueil « Mémoires d’un labrador » édité en 2003 :

« Ce soir, Zaza est rentrée en coup de vent, se précipitant dans son bureau sans faire attention à moi. Pas un regard, pas un mot tendre, pas une caresse. C’est assez rare pour que cela m’inquiète. Que se passait-il donc de si grave ? Elle alluma la télévision et je sautai dans le fauteuil en rotin tandis qu’elle prenait place à son bureau. Sur l’écran, on voyait des immeubles s’effondrer, une épaisse fumée noire obscurcir le ciel, des gens courir dans tous les sens. Le téléphone retentit. Tétanisée par les images qu’elle regardait, Zaza se dirigea vers l’appareil comme un automate.
- Oui, dit-elle. J’ai entendu la nouvelle à la radio sur la route et je suis en train de regarder. C’est un spectacle hallucinant. Les deux tours gigantesques du World Trade Center n’existent tout simplement plus. Deux avions se sont encastrés à tour de rôle dans chacune d’elles.
Elle se tut quelques secondes.
- Il y aurait des milliers de personnes dans ces immeubles au moment de la catastrophe. Ce ne sont pas des accidents, il s’agit bel et bien d’attentats terro­ristes. Je ne sais pas si tu peux imaginer ce qui se passe là-bas. C’est hallucinant. On se croirait devant un film de science fiction ; tu sais, un de ces films catastrophes dont les Américains sont les spécia­listes, avec des effets spéciaux extraordinaires. Seu­lement là, pas besoin d’effets spéciaux, c’est la réalité, les journalistes n’ont qu’à tenir leur caméra et appuyer sur le bouton d’enregistrement.
Zaza garda le silence durant de longues minutes puis demanda d’une petite voix :
- Chérie, quand rentres-tu ?
Puis elle s’assit de nouveau et fixa l’écran qui continuait à diffuser ces images d’apocalypse. Pour la tirer de sa prostration, je commençai à « miauler » comme elle dit, de plus en plus fort puisqu’elle ne se décidait pas à bouger. Alors elle tourna la tête vers moi, me regarda comme si elle découvrait seulement ma présence, se leva, s’agenouilla et posa son front contre le mien.
Mamine rentra et, à son tour, se figea devant le téléviseur. Même le gamin se taisait.
- Quels que soient les reproches que l’on puisse faire au gouvernement américain sur sa politique et son comportement dans les différents conflits mondiaux, son peuple ne méritait pas une vengeance aussi criminelle, prononça Zaza d’une voix qu’altérait la consternation.
- Bien sûr, répondit Mamine, mais il ne faut jamais humilier des hommes ; or les Américains se sont souvent pris pour des justiciers et n’ont pas hésité à imposer l’embargo au-delà du raisonnable et réduit des populations à la misère.
- Certes, renchérit Zaza, mais voir ces dizaines de milliers de gens innocents périr dans de telles conditions, c’est…
Dans ces moments d’horreur indescriptible, en ces instants de folie meurtrière, je suis fière et soulagée de n’être point un être humain.
- Devant ce drame, déclarait un homme, nous sommes tous concernés, nous sommes tous améri­cains.
Ah non ! moi, je serais plutôt canadienne ! » 

Poèmes

 

L’ARAIGNEE

Le fil entre la rampe et la branche de l’if
Brillait comme un repère, une chaîne argentée ;
J’ai suivi le chemin de la ligne jetée
Et découvert l’ouvrage au singulier motif.

Rien ne peut échapper à mon œil attentif,
De la toile en suspens, dentelle crochetée
En perles de rosée et de givre teintée ;
Mais j’esquisse à ta vue un mouvement craintif.

Au milieu du filet, broderie aérienne,
Qui se balance au gré de l’onde zéphyrienne,
Tu sembles reposer, mais d’un sommeil trompeur.

Toi que je trouve belle en ton palais de soie,
Naturelle œuvre d’art, pourquoi me fais-tu peur ?
Entends mon souffle court ! Il faut que je m’assoie !

(Extrait de mon prochain recueil « Les Couleurs de l’âme »)

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L’ENFANT DE L’ESPOIR

Un enfant se prépare à découvrir le monde
Après neuf mois dedans le ventre maternel,
Issu du feu des corps, l’embrasement charnel,
Fruit conçu dans l’amour ou dans le crime immonde.

 

Il ne sait rien de la famille et du pays
D’accueil. Hélas ! on ne choisit ni l’un ni l’autre,
Ni les draps en satin dans lesquels on se vautre
Ni le cloaque infâme où le porc fait son nid.

 

Un trottoir de Manille ou la villa cossue
D’une riche banlieue attendra ce gamin
Dont les parents peut-être ont tracé le chemin :
Boulevard pavé d’or ou route sans issue.

 

Fusil en bakélite ou cuillère en argent,
Cette arme dans son poing fera de lui l’esclave
D’un univers cruel où chaque jour s’aggrave
L’ampleur de la misère au front de l’indigent.

 

Mais si rien ne s’oppose à la fureur qui gronde,
Je conserve en mon cœur l’inébranlable espoir
Qu’une lueur demain rejaillisse du noir,
Qu’un enfant se prépare à sauver notre monde.

 

Ce poème a obtenu le Premier Prix, Prix Charles Guérin, au Prix littéraire de Graffigny 2012, organisé par la Ville de Lunéville et la Communauté de Communes du Lunévillois, en partenariat avec le Cercle Littéraire Léopold. Le thème du concours était « L’enfance ».
Par manque de temps, j’écris désormais très peu de poésie et ce poème est le seul de l’année, composé expressément pour ce concours. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai pris connaissance de ce palmarès qui m’honore.

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Ô FEMME UNIVERSELLE

Au-delà de la mort, Ferrat chante Aragon
Et la femme toujours est l’avenir de l’homme,
Qu’elle obéisse au maître ou croque dans la pomme,
De New-York à Paris, d’Alger à Saigon.

 

Cheveux courts sur la nuque ou très longs sous le voile,
Elle offre un corps d’albâtre ou d’ébène à l’amant,
Ou l’époux tyrannique, objet de son tourment ;
En ses yeux meurt ou naît la lueur d’une étoile.

 

Quelquefois lapidée, elle expire en public
Pour avoir osé vivre un amour adultère ;
Ailleurs, l’homme trompé traite plus bas que terre
L’infidèle à l’abri d’un appartement chic.

 

Qu’il soit ou non béni, le fruit de ses entrailles
Reste son privilège et sa force et son droit ;
En son ventre fécond, le futur enfant croît
Et sa mère construit d’invisibles murailles :

 

« Que ma fille jamais ne subisse d’abus,
Qu’au soleil de son père elle vive authentique,
Et mon fils ne succombe au champ patriotique,
Comme chair à canon sous le feu des obus. »

 

(Ce poème a obtenu le Prix Charles Maire au concours littéraire Graffigny
de Lunéville de 2010.)

 

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Voici les cinq poèmes pour lesquels j’ai obtenu l’Alérion d’or 2009 décerné au meilleur des poètes déjà détenteurs du Grand Prix des Poètes Lorrains attribué par la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) :

L’ABSENCE 

Dans le ronronnement de mon ordinateur,
J’entends le souvenir de son panier qui grince ;
Le souffle court, je vais constater mon erreur :
À sa place, le vide affreux. Mon cœur se pince. 

Il manque, le matin, son accueil chaleureux,
J’accomplis chaque jour un geste, une habitude,
Dans ma gorge l’appel de son nom sonne creux,
Le silence répond, maudite certitude ! 

Il semble ridicule aux yeux des gens sensés
De chérir une bête et de craindre sa perte,
Alors on tait la peine et les pleurs déplacés
Quand sa mort nous fait mal comme une plaie ouverte. 

Le trépas de tout être, animal ou parent,
Cause un chagrin semblable, une même souffrance ;
Pourquoi le désespoir serait-il différent
Quand pareille est en nous la douleur de l’absence. ? 

 

LE CHOIX DES MAUX 

Depuis six mois déjà, je n’aime plus rentrer :
Ma maison est un piège où j’ai peur d’être prise ;
Je retarde l’instant de tomber sous l’emprise
De l’homme qui jamais n’aurait dû m’engendrer. 

J’ai tant de fois cherché le soutien de ma mère !…
N’a-t-elle pas voulu comprendre mes humeurs ?
A-t-elle craint l’opprobre et le poids des rumeurs,
Son regard dans la glace, ennemie éphémère ? 

Impossible de fuir le redoutable accueil.
Ma clef dans la serrure explose le silence ;
Puis-je encore espérer tromper sa vigilance ?
Je marche vers ma chambre… Il m’attend sur le seuil. 

Je subis ses baisers, ses mains sur ma peau nue,
L’obscénité des mots qu’il murmure, essoufflé,
La douleur qui surprend mon corps écartelé,
Le dégoût qui soudain dans mon cœur s’insinue. 

Je le retrouve à table, assis devant l’écran.
On y parle d’inceste et de pédophilie.
La boue est toujours là dont je me sens salie.
Pour sourire quand même, il faut beaucoup de cran. 

Maman dit qu’à leur place, elle en mourrait de honte,
Qu’elle reconnaîtrait un pervers sexuel,
Qu’elle divorcerait d’un mari criminel
Mais ne survivrait pas aux procès qu’on raconte. 

Ne rien dire, bien sûr, est lui donner raison
Et refuser de mettre un terme à mes souffrances.
Le choix me fait horreur : sauver les apparences
Ou briser la famille aux murs d’une prison. 

 

DANS LA CHAMBRE FUNERAIRE 

On devine le corps sur cette couche étroite,
Au milieu de la pièce où brûle de l’encens.
Es-tu plongée au fond du froid que je ressens
En voyant tes doigts joints et ta tête trop droite ? 

Comme une vague, en moi déferle mon passé.
Ton visage anguleux me ramène en arrière,
Quand ta bouche en rictus et ton regard sévère
Estimaient d’un coup d’œil mon élan terrassé. 

Jamais tendre baiser n’est venu sur ma joue
Adoucir le chagrin de l’enfant mal grandi
Qui de rage brûlait la robe d’organdi
De son unique sœur et le remords me noue. 

Comment l’indifférence au jour de ton trépas
Peut-elle me guérir des anciennes blessures ?
Des pleurs sur ton cercueil ne seraient qu’impostures,
Ma peine indescriptible est de n’en avoir pas. 

 

L’ERREUR 

Le soleil luit dans le jardin du souvenir,
Et les fleurs ont poussé sur les pierres tombales.
J’ai voulu prendre part aux agapes tribales ;
J’ai cru pouvoir, mais je n’aurais pas dû venir. 

La messe dite, ils ont couru dans les allées,
Portant leur chrysanthème au chevet de leurs morts.
La corvée achevée, ils se sentaient plus forts
Pour déguster le vin, leurs larmes ravalées. 

Entre la quiche au lard et le pâté lorrain,
J’ai fait semblant de rire et j’ai tenu le rôle
Du gamin du pays, comme ils disent : du drôle !
Elle était loin la peine, oublié le chagrin… 

J’ai prétexté la route et le brouillard d’automne
Pour quitter la famille avant le clafoutis.
Dans la boîte en plastique, un restant des frichtis
Régale au coin du feu la chatte qui ronronne. 

 

LA MORT D’UN JEUNE-HOMME 

Je me souviens de lui, petit garçon têtu
Au regard de velours sous un front volontaire.
Au plus petit caprice, il se roulait par terre
Mais retenait ses cris quand il était battu. 

J’ai vu l’adolescent qui se croyait un homme
Après avoir fait don de sa virginité.
Fier de sa neuve ardeur, fraîche virilité,
Il voyait chaque femme en croqueuse de pomme. 

Souffrait-il, comme nous, d’une famille en vrac ?
Je l’ai revu plus tard, la vingtaine arrogante.
Il semblait engagé sur la mauvaise pente ;
J’ai parlé d’avenir, d’école après le bac. 

Il m’apprit la nouvelle avec désinvolture :
Une tumeur maligne attaquait son cerveau.
« En plus la chirurgie est vaine à ce niveau.
Mon futur, le voilà ! » me dit-il pour conclure. 

 

Je ne saurai jamais s’il a craint d’être seul
Face à la mort dont il parlait avec bravade.
Mais le ciel s’est paré d’une couleur maussade ;
Je suis triste aujourd’hui, mon neveu, mon filleul.

 

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 MAI

La première journée est toujours un cadeau
Offert aux travailleurs de France et de Navarre,
Et les brins de muguet dérident le badaud
Lorsque le ciel de bleu se montre trop avare.

Car malgré le printemps et son heure d’été,
La météo n’est pas encore à la clémence,
Et le gel sait punir avec méchanceté
Ceux qui n’ont pas voulu protéger la semence.

Qu’importe cependant ! partout naissent des fleurs !
Si le crocus se meurt, vive la primevère !
Dans la nature en fête éclatent les couleurs
Et le vent nous les conte, inlassable trouvère.

Sous le rose organdi d’un pommier du Japon,
Un couple de moineaux chante l’amour volage,
Celui des séducteurs dont le regard fripon
Aime à se faufiler sous le mince corsage.

(Ecrit le 16 avril 1998)

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AVRIL

Au sortir de l’hiver, alors que le printemps
Pressé de s’installer s’était montré précoce,
La pluie inaugura le changement de temps
Et le vent rugissant se déchaîna, féroce. 
Mais dès le premier jour, ce mois capricieux
Présenta son aspect le plus irrésistible :
Son amour de la farce et du facétieux
Dans l’accomplissement d’un rite irréductible. 
Les averses de mars ont déclaré forfait ;
Le soleil courageux perce à l’aube la brume
Et le chant des oiseaux dans un accord parfait
S’élève dans les airs, léger comme une plume. 
Mais il ne faudra pas se découvrir d’un fil
Avant que ne s’en aille, avec la bise rude,
La dernière gelée, ô funeste péril !
Pour les arbres en fleurs malgré l’incertitude. 

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MARS

L’hiver se retira lorsque mars fut venu ;
Fatigué de sévir depuis quelques semaines,
Il s’en alla plus loin dans le brouillard ténu,
Vers d’autres horizons, pour de nouveaux domaines.

Pour effacer la trace encore fraîche au sol
De la neige, la pluie est tombée abondante,
Imposant au printemps la touche d’un bémol,
Incitant la nature à se montrer prudente.

Car chaque nuit le givre imprime avec ardeur
Sur les carreaux gelés des fleurs imaginaires,
Des perles en cristal, ornements de splendeur
D’un costume argenté sous les rayons lunaires.

Le soleil matinal, l’innocent criminel,
Gomme sans le vouloir le décor éphémère
D’un spectacle magique au pouvoir éternel,
Jusqu’à ne plus savoir le vrai de la chimère.

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DECALCOMANIE

J’ai toujours refusé de croire en vos paroles
Quand vous disiez souffrir juste après le plaisir
Pris sur un corps d’enfant que vous aimiez choisir
Parmi ceux qui suivaient le chemin des écoles. 

Vous saviez chaque fois me convaincre en douceur
De venir avec vous, sans autre violence
Qu’acheter bon marché le prix de mon silence,
Vos humides baisers me soulevant le cœur. 

Derrière l’écran noir de mes paupières closes,
J’imaginais vos doigts défaisant lentement
Les lacets, les boutons de chaque vêtement,
Retardant les sommets de vos apothéoses. 

Votre souffle rapide effleurait mes cheveux ;
Transi, je respirais l’odeur de vos mains moites
Explorant mes accès, ouvertures étroites
Où glisser malgré tout votre membre nerveux. 

Vos râles écœurants me devenaient mesure
Pour calculer le temps jusqu’à ce point final
Qui délivrait ma peau du contact infernal,
Mais rougie aux endroits de quelque déchirure. 

Après le rituel répugnant du kleenex,
Vous donniez des conseils sur l’attitude à prendre,
Avec des arguments que je croyais comprendre ;
Me quittant vous posiez sur ma bouche un index. 

Je n’ai jamais rien dit, je n’ai pas fait de peine,
J’ai gardé le secret, ma honte et ma douleur ;
Vous voyant retraité, Monsieur l’instituteur,
Je voudrais bien savoir si le remords vous gêne. 

Mais lorsque je répète à des petits garçons
Les mots qui, criminel, ont brisé mon enfance,
Je ressens vos élans et la même souffrance,
Un émoi similaire, identiques frissons.

(Extrait de mon recueil Rouge et Noir Eden)

PS : mon propos n’était bien évidemment pas de stigmatiser le corps enseignant dans son ensemble. L’instituteur est ici victime de la rime !…

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 FEVRIER

Est-ce pour se venger de sa petite taille
Que cet instable mois, dans un brusque sursaut,
Se jette à corps perdu dans l’ultime bataille,
Pour offrir à l’hiver le bonheur d’un assaut ?

Mais bravant la froidure ou les flocons de neige,
Les enfants déguisés fêteront carnaval ;
Sur la place déjà les chevaux d’un manège
Attendent les acteurs du joyeux festival.

Au milieu de sa vie une journée entière
Est vouée à l’amour grâce au cher Valentin ;
Le cœur d’une fleuriste ou d’une bijoutière
Bat au rythme effréné des pièces du butin.

La douleur de partir est parfois prolongée ;
Un jour supplémentaire est un cadeau cruel
Pour qui voit sa tristesse à peine soulagée
Par le retour certain de l’an perpétuel.

(Ecrit le 01.01.1998)

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JANVIER

Arrivé le premier au milieu de la fête
Il explose de joie au son des violons,
Des bouchons de champagne et des coups de trompette,
D’une valse musette et des joyeux flonflons.

Après les baisers longs et les tendres étreintes
Des amoureux toujours mais pour combien de temps,
Les résolutions, d’enthousiasme empreintes,
Se prennent chaque année et se perdent longtemps.

Vers le petit matin, les yeux lourds de fatigue
Et la bouche pâteuse à cause de l’alcool,
Chacun rentre chez soi comme l’enfant prodigue,
Malgré le brouillard dense et givrant sur le sol.

Trente et un jours de neige, autant de nuits polaires,
Janvier s’étire et dure et tue avec froideur
Les exclus du système en plusieurs exemplaires
Avant de disparaître au fort de son ardeur.

(écrit le 29 novembre 1997)

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LA NEIGE

Pendant la nuit, sans bruit, les flocons ont paru
Et valsé dans le ciel avant de toucher terre,
La recouvrant bientôt jusqu’au moindre parterre
D’un mince tapis blanc de nul pas parcouru.

A l’aube cependant le silence est sublime :
La ville a revêtu son manteau virginal,
Et chacun découvrant ce décor hivernal
Est saisi malgré soi d’un respect légitime.

Parfois le vent s’amuse à frôler dans le parc
La cime des sapins frissonnant sous le souffle ;
Le pied d’un banc chaussé d’une étrange tantoufle
Réconforte un rameau recourbé comme un arc.

Moi, si j’étais la neige, à partir de novembre
Je tomberais sans cesse avec l’espoir diffus
De semer un émoi dans ton regard confus,
Au risque de périr sur le seuil de ta chambre.

(Extrait du recueil Amours Multiples)

 

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Aux victimes de l’attentat sur le World Trade Center à Manhattan
Le 11 septembre 2001

QUIPROQUO 

Nous avons vu ce soir des images de guerre :
Un avion kamikaze a percuté deux tours,
Sœurs jumelles jadis aux familiers contours, 

Et nous vivons l’horreur de nos parents naguère. 

Devant les caméras, des corps ensanglantés
Par des éclats de verre implorent la clémence
Sans pouvoir mettre un nom sur ceux que la démence
Habite au point de suivre un plan d’atrocités. 

Du milieu d’un immeuble une femme, peut-être,
Agite ses bras nus, geste de désespoir
Que suivent les passants debout sur le trottoir,
Et soudain sous leurs yeux saute par la fenêtre. 

Sur le petit écran, la fumée et le feu
Envahissent la ville. Est-ce un film d’épouvante ?
Un cauchemar plus vrai qu’un récit qu’on invente
Se déroule en direct dont la mort est l’enjeu. 

L’absurde augmente encore : un gratte-ciel s’effondre,
Spectacle hallucinant quand le deuxième aussi
S’écroule avec lenteur. Truquage réussi ?
Cinéma ? Fait réel ? On pourrait bien confondre. 

Mais les milliers d’acteurs ne se relèvent pas,
Le tournage a pris fin, le décor est en cendres,
Le héros ne peut plus murmurer des mots tendres
À sa douce maîtresse aux généreux appas. 

Je vois l’heure figée aux cadrans des pendules,
Les larmes des parents toujours couler à flots ;
Que vienne le silence étouffer les sanglots
Des témoins de la rue aux regards incrédules.
  

(écrit le 11 septembre 2001)

 

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Aux terroristes après l’attentat sur le World Trade Center à Manhattan
Le 11 septembre 2001 

LETTRE OUVERTE 

En ce jour de septembre où vous avez plongé
L’Amérique et le monde au cœur de l’épouvante,
Le plan d’attaque issu d’un esprit ravagé
A surpassé l’horreur des films que l’on invente. 

Obéissant aux lois du terrorisme pur,
Au nom d’une fureur toujours inassouvie,
Pour répondre aux besoins d’un idéal obscur,
Vous semez la terreur en offrant votre vie. 
  

Sous des tonnes d’acier, de verre et de béton,
Des milliers d’innocents gisent sous les décombres ;
On se croit spectateur d’un mauvais feuilleton
Quand le décor explose en moutonnements sombres. 

Dans ces ruines en feu, vos compagnons sont morts,
Criminels pour les uns, martyrs pour leurs émules,
Et si les sauveteurs décuplent leurs efforts,
Les flots de sang versé mélangent les formules. 

L’âme d’un assassin se réclamant de Dieu
En choisissant aussi le sort de ses victimes
Erre-t-elle à jamais en un différent lieu
De celle d’un pasteur en prières ultimes ? 

Des familles en pleurs depuis vos attentats
Cherchent en vain des corps, vous accusant du pire,
Et les discours du chef du plus grand des états
Veulent venger les tours, symboles d’un empire. 

Vous avez déclaré la guerre à l’Occident.
Si quelques uns se font l’avocat de vos actes,
Beaucoup d’Américains, avec leur président,
Ajouteront l’exode à vos douleurs intactes.

(écrit le 11 septembre 2001)

 

   *******************************************

 

L’ABSENCE

Dans le ronronnement de mon ordinateur,
J’entends le souvenir de son panier qui grince ;
Le souffle court, je vais constater mon erreur : 

À sa place, le vide affreux. Mon cœur se pince. 

Il manque, le matin, son accueil chaleureux,
J’accomplis chaque jour un geste, une habitude,
Dans ma gorge l’appel de son nom sonne creux, 

Le silence répond, maudite certitude ! 

Il semble ridicule aux yeux des gens sensés
De chérir une bête et de craindre sa perte,
Alors on tait la peine et les pleurs déplacés
Quand sa mort nous fait mal comme une plaie ouverte.
  

Le trépas de tout être, animal ou parent,
Cause un chagrin semblable, une même souffrance ;
Pourquoi le désespoir serait-il différent
Quand pareille est en nous la douleur de l’absence ?

(Ecrit le 12.09.2004 après la mort de Lorca, notre femelle labrador) 

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SOEUR DEFUNTE

Voilà dix ans déjà que tu nous as quittés
Sans laisser à personne une lettre un message
Pour tenter d’expliquer par des mots inventés
Tes raisons de partir pour l’ultime voyage.

L’abandon d’un amant et ton retour ici
Pouvaient-ils motiver ce geste irréparable,
Qui devait tout régler jusqu’au moindre souci
Mais nous glaçait le coeur d’un sentiment coupable ?

Pas encor quarante ans et pourtant sans espoir
De bonheur ni désir de donner à ta fille
Cet amour maternel qui devenait devoir
S’il demeurait adjoint au père de famille.

Voilà dix ans déjà mais je revois toujours
Sur ton visage blème un rictus qui se fige,
Autour de ton cou mince un ruban de velours
Pour masquer du cordon le douloureux vestige.

(Ecrit le 15 juillet 1996 en souvenir de ma soeur)

******************************

UN JOUR

 Un jour d’été trop chaud tu préféras partir
Plutôt que de lutter pour demeurer en vie
Et ton affection que la mort m’a ravie
Dans mon coeur est gravée à n’en plus ressortir.

Un jour sans le vouloir j’entrais dans ton histoire
Cadeau maudit, je sais, d’un homme de toi fou
Et l’enfant qui naissait à l’aube du mois d’août
Poussait son hurlement comme un cri de victoire.

Tes parents bravement ont tenté d’élever
Le fruit de ton erreur qu’ils ne pouvaient comprendre
Tandis que j’attendais une parole tendre
Et qu’à l’amant futur je préférais rêver.

Un jour adolescente enfin tu m’as reprise
Affrontant le courroux de ton père trahi,
Blessé dans son orgueil, par la peine envahi,
Qui voyait en ce choix une triste bêtise.

Un jour de février, majeure depuis peu,
J’abandonnai l’école et m’exilai de France
Pour fuir les souvenirs douloureux de l’enfance
Et trouver le bonheur auprès de qui me veut.

Et le temps s’écoulait toujours un peu plus vite ;
Mariage et naissance, un divorce plus tard,
Me voilà revenue à mon point de départ
Vers cet amour déçu que ma pensée évite.

Un jour proche ou lointain serons-nous réunis ?
Cet espoir obsédant nous donne le courage
De poursuivre sans toi jusqu’au bout le voyage
Mais ton départ subit nous laissa démunis.

(Ecrit le 17 juin 1996 en souvenir de ma mère)

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Pour écouter ce slam, cliquer ici : Poèmes wma femmedehandicap.wma

FEMME DE HANDICAPE

 

(Ce slam est dédié à mon cousin Christian, tétraplégique depuis le 1er janvier 2006).

C’était aux premières heures du premier jour de l’an,
En janvier deux mille six qu’a eu lieu l’accident.
Le hasard a voulu qu’un sanglier
Au même instant traverse la chaussée.
Pour éviter le choc frontal,
Ta femme a fait un geste brutal :
Un coup de volant à quarante-cinq degrés.
La voiture a piqué du nez
Dans le fossé qui bordait la route
Et qu’elle n’avait pas vu, sans doute.
Quand on nous a prévenues
Que tu ne marcherais plus,
J’ai eu mal aux tripes pour toi,
J’ai versé quelques larmes, je crois,
J’me souviens plus très bien,
Je pensais à tout et à rien.
Sur ton lit d’hôpital,
T’avais pas l’air si mal.
On a regardé ta figure,
Y’avait pas de blessure.
On a réprimé un soupir,
On s’était attendu au pire.
Bien sûr, tu ne marchais pas,
Mais tes jambes, on les voyait pas.
On admirait beaucoup ta femme
Qui restait là malgré le drame.
Elle venait tous les jours
Pour te prouver son amour.
Puis les mois ont passé,
T’étais toujours handicapé.
Alors elle a changé d’attitude,
Elle a montré d’la lassitude,
Et l’exaspération
A remplacé la passion.
Pour couronner le tout et ajouter à ta souffrance
Elle a piqué le fric, celui que l’assurance
Avait déjà versé pour ton fauteuil.
Faut quand même pas avoir beaucoup d’orgueil.
Je n’veux pas juger ni la blâmer,
J’veux seulement témoigner.
Je ne suis pas certaine que je serais meilleure
Confrontée au même malheur.
Pour sûr, je ne suis pas voleuse
Et tellement plus orgueilleuse,
Mais est-ce que j’aurais plus de couilles
Pour faire face à la trouille
Qui naît du handicap,
De la différence qui frappe,
Peur du regard des gens
Qui se veut compatissant
Pour finir par se détourner
Sous prétexte que c’est trop dur à supporter ?
Quand ta femme t’aura quitté un sâle matin,
Ne lui cache rien de ta déception, de ton chagrin,
Afin qu’elle sache qu’en plus de la douleur qui te fracasse,
Elle t’a elle-même porté au coeur le coup de grâce.
J’aimerais encore te dire
Qu’il faut toujours croire en l’avenir,
Mais comment trouver les mots
Qui sonnent juste sans être faux ?

 

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Pour écouter ce slam, cliquer sur ici : wma premierslam.wma 

PREMIER SLAM

J’ai découvert le slam
Un soir de solitude ;
C’était comme de la came,
J’ai pris de l’altitude.
J’ai entendu Grand Corps Malade
J’comprenais rien à ses salades ;
J’me suis forcée à l’écouter
Et là, ses paroles m’ont scotchée.
Les keufs, les meufs, chelou et relou,
C’est sûr, j’comprenais pas tout,
Mais je captais l’essentiel,
Ecrire, pour moi, c’est naturel.
Alors j’me suis dit, faut qu »t’essayes,
Même si j’me trouvais un peu vieille.
Les rappeurs, les slameurs, les purs,
Vont me trouver nulle, c’est sûr !
Depuis je suis accro
Je slame en douce comme une clepto
Du matin au soir
Et même la nuit dans l’noir.
Au début c’était pas évident,
Je fais de la poésie depuis quarante ans,
De celle que l’on dit belle et classique,
La poésie académique,
Même si déjà dans mes poèmes
J’abordais différents thèmes :
L’amour, la mort, la maladie,
La guerre, le chômage et la pédophilie.
Mais pour quelqu’un comme moi
Qui a fait du carcan des règles un choix,
Ne plus respecter le sexe des rimes,
C’était un peu comme un crime.
Les mots qui circulent toujours dans ma tête
Se sont mis à danser, c’était la fête !
Plus de laisse ni de muselière,
Ils ont appris l’école buissonnière,
Plus d’obligation ni d’interdits,
Plus de maître en prosodie.
Seuls comptaient les mots qui claquent
Comme des coups de poing ou comme des claques
Pour qu’ils aillent droit au but,
Comme un bon coup de pied au cul !

*****************************************

 

SUR LA TOMBE D’UN ARBRE

J’attendais chaque année avec impatience
Le retour du printemps et des premiers crocus, 

Petits points de couleur au pied du vieux prunus,
Objet de mon plaisir et de ma surveillance. 

Car les fleurs de cet arbre offraient à l’horizon 
Une touche pastel au cœur de la grisaille,
L’usine où brillent seuls les éclats de grenaille 

Aux mains des ouvriers dans leur chaude prison. 

J’aimais, le contemplant, songer à d’autres choses,
Oublier mes chagrins, mes soucis et tourments, 

Puis revenir plus forte, après ces errements,
Vers les visages clos des collègues moroses. 

Mais la tempête, hélas ! me l’a déraciné ; 
Le cèdre du Liban, mis à terre de même,
N’a laissé que l’écho de sa douleur extrême 

Et je pleure ma part de rêve assassiné. 

Il ne reste qu’un trou, comme une plaie ouverte,
Où mon regard s’attarde, observant un corbeau 

Chercher sa nourriture au sein de ce tombeau,
Fragile souvenir d’une pensée inerte. 

 

***************************************

LES ECHOS DU NEANT 

Lorsque trempant ma plume au fond de ton silence 
Me revient en mémoire un poème de toi,
J’entends battre mon cœur sans comprendre pourquoi 

Car tu n’as pas nourri mes souvenirs d’enfance. 

Tous les ans j’espérais un cadeau de Noël,
Rêvant d’une poupée ou d’un ours en peluche, 

De papa, joli mot sur lequel je trébuche :
J’obtenais un baiser, pas même paternel, 

Et des vœux anodins formulés sur la carte 
Que tu me gribouillais, t’acquittant d’un devoir.
Il m’a fallu du temps pour ne plus t’en vouloir, 

Pour que la rancœur passe ou que je m’en écarte. 

Alors j’ai découvert un homme différent,
Acceptant de te voir sous les traits d’un poète ; 

Je ne connaissais pas tes yeux, ta silhouette,
Mais tu m’apparaissais, dans tes vers, transparent. 

J’ai tenté bien souvent de démêler l’histoire 
De ma naissance au sein d’un couple dévasté,
Mais tes alexandrins, mensonge ou vérité, 

Entretenaient le doute et l’art contradictoire. 

L’amour n’a pas jailli de mon premier regard,
Rien n’a jamais scellé nos rencontres furtives ; 

La tendresse et la joie en nos âmes captives
Auraient voulu bondir, mais il était trop tard. 

Peut-être un jour lointain, sur ton lit de souffrance, 
Aurais-tu des regrets ? Sans messe ni cercueil
Ton corps fut emporté. Tu m’as privé d’un deuil 

Et je trempe ma plume au fond de ton absence. 

***************************************

SONGE D’AMOUR

Je traverse avec toi l’espace et le temps vides, 
Souvenir récurrent du jeu des unités,
Mots dont le sens est mort pour nos corps habités 

Par le noir et l’oubli de nos âmes avides. 

L’espoir toujours déçu d’un baiser paternel
Se consumait au feu de l’incommensurable ; 

Mon cœur frappé jadis de ce mal incurable
De honte s’est brisé dans le désir charnel. 

Il m’a fallu te suivre au seuil de la souffrance 
Pour que la paix survienne au sein de la douleur ;
Une larme vermeille en tes yeux sans couleur 

A libéré d’un coup ma peine en survivance. 

Mais ton image fuit l’aube d’un jour nouveau
Qui sème ton parfum sur les rives du songe ; 

J’aimais croire au bonheur, l’amour fût-il mensonge
Et l’absence une fleur à l’ombre d’un caveau. 

*********************************

                                                                                                          Sonnet 
À ma mère

LES NON-DITS

 Le temps n’a pas brouillé les traits de ton visage ;
Comme je t’ai quittée, un dimanche matin, 

Je te retrouve en songe, en jupe de satin,
Quelques brins de muguet piqués dans ton corsage. 

As-tu le souvenir de ta fille en bas-âge, 
Abandonnée à ceux qui t’appelaient putain ?
La poupée aux yeux verts que je nommais catin 

Se taisait sous les coups quand je n’étais pas sage. 

Cinq ans d’adolescence à croire, à tes cotés,
Que l’amour se rattrape ;hélas ! les cœurs mâtés 

Ne savent plus s’épandre. Alors, je suis partie. 

Mes sentiments pour toi ne se devinaient pas,
Tu maquillais d’humour la peine ressentie ; 

Ainsi t’ai-je manquée au seuil de ton trépas. 

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Les cinq poèmes suivants ont été récompensés en novembre 2007 par l’Alérion d’or décerné au meilleur participant parmi les anciens Grand Prix des Poètes Lorrains :

LE CRI DES OMBRES 

La tête me tournait : j’ai fermé les paupières. 

Un homme se pencha pour ramasser des pierres,
Une arme redoutable au poing d’un révolté, 
Au nom de la justice et de la liberté, 
Pauvres mots bafoués dans un pays en guerre.
Un père pleure un fils qu’il ne connaissait guère
Mais que son peuple acclame en martyr idéal 
Pour secouer le joug du monde occidental.

Une femme cachée aux regards sacrilèges
Disparaît sous le voile. Infâmes sortilèges
Du mollah tout-puissant qui dicte aux musulmans 
Des versets détournés par quelques boniments, 
Sous couvert mensonger de la loi coranique.
Dame-chose immolée à la lutte islamique.
Des petits orphelins sans une larme aux yeux 
Sont les muets témoins de mon Noël joyeux. 
Ni bonhomme, ni rêne et point de cheminée
Pour ces laissés-pour-compte, enfance assassinée.

Les huîtres fleurent fort et le saumon sent bon,
Dans le four se prépare une dinde, un chapon ; 

Le champagne pétille au son des mitraillettes 
Et des gouttes de sang ternissent nos paillettes.
Le rire et les sanglots se livrent un combat
Sans même devenir le sujet d’un débat, 
Et j’entends des cailloux jetés dans nos soupières.

Le cœur me débordait : j’ai rouvert les paupières.

REVEILLON

 Ce soir il faudra rire et paraître joyeux,
Vouloir faire la fête et détourner les yeux
De la misère et de la mort environnantes. 

Je devrai rester sourde aux bombes détonantes, 
Aveugle aux attentats, aux suicides masqués
Sous des actes mortels de criminels manqués. 
Lorsque les douze coups sonneront aux églises,
Le chemin de l’amour éclairé de balises 
Conduira-t-il au port de la paix, les soldats ?
Pour finir en martyr, combien de candidats
Répondront cependant à l’appel de la guerre,
Qu’elle soit dite sainte ou simplement vulgaire ?


Le dernier jour se meurt, vive le Nouvel An ! 
Je trinque à l’avenir avec un faux élan.
Ô charme de l’hypnose ! étends sur moi tes voiles
Et ne laisse passer que le feu des étoiles
Puis des baisers ardents pour conjurer le sort 
Jeté sur l’univers lorsque le diable sort. 
Entre la bûche et le café, valsons ensemble ;
J’accuserai l’ivresse et l’émoi si je tremble, 

Non la honte de fuir les peuples à genoux.
Et vous, mes disparus, venez vous joindre à nous,
Sortez de vos tombeaux, renaissez de vos cendres,
Et mêlez votre voix à nos paroles tendres.

LA MER EN NOIR ET BLANC

Le soleil se reflète en flaques argentées,
Innombrables miroirs où se perd mon regard,
Dans les eaux de la mer aux couleurs tourmentées
Et si je l’aime tant, ce n’est pas par hasard. 

J’ai comme elle un penchant pour l’outrance et le calme, 
Balancement d’autiste et cadences des flots ;
Sa rage me fascine et sa beauté me charme,
Enfer et paradis au cœur des matelots. 

Le gris du ciel ressemble aux teintes de l’ardoise 
Des toits bretons barrant la ligne d’horizon ;
Un cormoran perché sur un écueil me toise,
Etonné de nous voir, touristes hors-saison. 

L’écume ivoire coiffe une vague anthracite 
Qui roule ses galets comme dansent mes vers, 
Créés pour l’océan que tout bas je récite
Tel un hommage sobre aux dieux de l’univers.

 

UNE ROSE AU VENT

Le ciel a revêtu son uniforme gris
Pour penser aux défunts, pour annoncer novembre,
Et j’écoute la pluie au carreau de la chambre 
Me parler du chagrin, des pleurs des cœurs aigris. 

Ces larmes de cristal qui ruissellent dans l’ombre,
Comme une source pure où naîtrait l’univers, 
Sont des puits de souffrance éclaboussant de vers
Mes rêves éveillés au fond desquels je sombre. 

J’entends venir à moi le cortège des morts
Qui chaque année augmente et me laisse pensive :
La vanité d’écrire et l’espoir que survive 
L’écho de mon esprit valent-ils tant d’efforts ? 

Mes fantômes s’en vont dans un rai de lumière
Rejoindre leur royaume à l’envers du soleil ;
Ultime souvenir avant le grand sommeil, 
Dans le vent se balance une rose trémière.

PENSEES MARINES

L’océan, vague à vague, enfle son corps d’azur
Et son chuchotement sur les chemins pervenche
De l’immensité bleue où mon âme se penche 
Enivre mon cœur lourd d’un concert triste et pur.

La houle me raconte un carnet de voyage
Ecrit par les embruns, dicté par tous les vents, 
Dessiné par l’éclat d’autres soleils levants,
Parfumé par l’essence ancrée en son sillage. 

Le cri des goélands me chante l’amour fou
Qu’éprouve pour la mer le marin solitaire,
Plus fort que le désir de prendre femme à terre, 
Pour qui la bague au doigt vaut une corde au cou. 

Et de la lande vient jusqu’à moi le murmure
Des sanglots qu’une fille étouffe dans son sein ; 
Le message confus que j’ignore à dessein
Cogne au silence d’or dans lequel je m’emmure. 




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