Résultat pour la recherche 'pol pot'

Il y a 124 ans…

tubeLe 22 mai 1892, le Docteur Washington Sheffield, dentiste américain, invente le tube à pâte dentifrice.
Auparavant, la pâte se vendait en pot, le tube étant réservé depuis 1841 à la peinture à l’huile des artistes-peintres.
Sheffield crée donc un tube en métal léger avec une clef à sa base qu’il fallait tourner en exerçant une pression, afin de libérer la pâte.
Le tube en métal sera remplacé en 1953 par le tube en polythène tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Quelques perles lycéennes

On me les a réclamées, les voilà ! Avec, entre parenthèses, les commentaires des profs !

Les soldats se cachaient pour éviter l’éclatation des obus. (avec raison !!!)
Les avions lançaient des espadrilles contre l’ennemi. ( diminution des risques collatéraux !!!)
A la fin, les hommes commençaient à en avoir marre d’être tués. (on les comprend!! !)
Après la défaite, les Français prirent comme chef le maréchal Pétrin. (on y était!!!!)
Le 11 novembre, tous les morts de la guerre fêtent la victoire. (d’où le nombre de participants)
Sur les champs de bataille, on voit les tombes de ceux qui sont tombés, c’est pourquoi on les appelle des pierres tombales. (Les bras nous en tombent…)

MOYEN AGE
Les paysans étaient obligés de jeûner à chaque repas. (le régime avant l’heure)
La famine était un grave problème pour ceux qui n’avaient rien à manger. (!!!!!!)
Au Moyen Age, la bonne santé n’avait pas encore été inventée. (mais que font les chercheurs ???)
Les Moyenâgeux avaient les dents pourries comme Jacquouille. (c’est ça la culture !)
La mortalité infantile était très élevée sauf chez les vieillards. (!!!!!)

JEANNE D’ARC
Son nom vient du fait qu’elle tirait à l’arc plus vite que son ombre. (comme un certain ….)
On l’appelait « La Pucelle » car elle était vierge depuis son enfance. (sans voix !!!)
Jeanne détestait les Anglais à qui elle reprochait de l’avoir brûlée vive. (les fameuses visions !!!)

SCIENCES PHYSIQUES
Une bouteille d’eau explose s’il gèle car, sous l’effet du froid, l’eau devient un explosif. (d’où la prolifération…)
Le passage de l’état solide à l’état liquide est la niquéfaction. (exemple ?)
Quand on a un corps et qu’on le lâche, il se casse la gueule. (imparable !)
Un kilo de Mercure pèse pratiquement une tonne. (Hum, et un kilo de plumes … ?)
Le cheval-vapeur est la force d’un cheval qui traîne sur un kilomètre un litre d’eau bouillante. ( ma préférée !)
Un avion dépasse le mur du son quand l’arrière va plus vite que l’avant. ( j’attends la démonstration ….)
Les atomes se déplacent dans le liquide grâce à leur queue en forme de fouet. ( comparaison avec ???)
La climatisation est un chauffage froid avec du gaz, sauf que c’est le contraire. (évident non ?)

CHIMIE
Le gaz sulfurique sent très mauvais. On n’a jamais entendu une odeur pareille. (ah, les sourds !)
Pour rendre l’eau potable, il faut y ajouter de l’alcool à 90°. (explication de l’augmentation de l’alcoolémie)
L’acier est un métal plus résistant que le bois. (!!!!)

MATHÉMATIQUES
Un polygone est une figure qui a des côtés un peu partout. (dur à rassembler…)
Pour trouver la surface, il faut multiplier le milieu par son centre. (oui, avec « une aspirine pour 2″ svp…)
Cette figure s’appelle un trapèze car on pourrait y suspendre quelqu’un. ( à chacun ses références…)
Un triangle est un carré qui n’a que trois bordures. (…un jardin quoi !)

SCIENCES ET NATURE
Le chien, en remuant de la queue, exprime ses sentiments, comme l’homme. (à vérifier!!)
Les lapins ont tendance à se reproduire à la vitesse du son. (!!!..)
Pour faire des œufs , la poule doit être fermentée par un coq. (d’où l’odeur..)
L’artichaut est constitué de feuilles et de poils touffus plantés dans son derrière. (!!!)

LE CORPS HUMAIN
Le tissu tissé autour de notre corps est le tissu tissulaire. (C’est cousu de fil blanc !!!!!)
Le tissu cellulaire est le tissu que les prisonniers fabriquent dans leur cellule. (toujours plus fort…)
Le fessier est un organe en forme de coussin qui sert à s’asseoir. (fini les « galettes » sur les chaises…)
C’est dans les chromosomes qu’on trouve le jeune homme (génome). (celle là il fallait la trouver!!)
Quand on a mal en haut du derrière c’est qu’on a un long bagot. (plus bas c’est un ???)
Les ambidextres sont des gens qui ont dix doigts à chaque main. ( et les orteils… ?)
L’os de l’épaule s’appelle la canicule. (…j’ai très chaud!!!)
C’est dans les testicules que se développent les supermatozoïdes. (…après superman les…)
La femme a un sexe pareil que l’homme, mais rentré à l’intérieur. ( dans toute femme, il y a un homme qui sommeille!!!)
Quand une femme n’a plus de règles, c’est la mésopotamie. (ainsi, elle peut aller combattre en Syrie ou en Irak…)
L’alcool est mauvais pour la circulation. Les ivrognes ont souvent des accidents de voitures.( !!!!!)
Au cours de la respiration, l’air rentre par devant et ressort par le derrière. (Ah ! enfin l’origine des flatulences ! !)

LES MALADIES
Pour aider les enfants à aller aux toilettes, on leur met des suppositoires de nitroglycérines. (Séverine, 20 ans, Ecole de soins infirmiers) (ça explique les selles explosives des nourrissons)
La plus contagieuse des maladies est la vermicelle. (désormais, plus jamais de soupe!)
Quand on a plus de dents, on ne peut mâcher que des potages. (je veux voir!)
L’opération à cœur ouvert, c’est quand on ouvre la poitrine de la tête aux pieds. (ouf!!)
A l’école le médecin est venu pour le vaccin anti-titanic. (ce qui évite les naufrages)
Dans les écoles, les médecins vaccinent contre le BCBG. ( d’où la recrudescence de la tuberculose)

VOCABULAIRE
Quand on est amoureux de sa mère, c’est le complexe d’Adipeux. (…pauvre œdipe..)
Quand on ne veut pas être reconnu, on voyage en coquelicot. (avec incognito ….c’est plus sympa)
Le métier des fonctionnaires consiste à fonctionner. (ils apprécieront….)
Les hommes qui ont plusieurs femmes sont des polygones. (éparpillés de tous côtés, on y revient… )

Il y a 86 ans…

polpot1Le 19 mai 1928 naît Saloth Sâr alias Pol Pot, chef politique khmer et premier ministre du Kampuchéa (ancien nom du Cambodge) de 1975 à 1979, responsable de la mort de près de deux millions de personnes.
Afin de mettre fin au régime des Khmers rouges, le Vietnam, soutenu par l’URSS, envahit le Kampuchéa en 1979, renverse le dictateur et libère la population de la terreur instaurée par Pol Pot.
Il décède en 1998.

 

Condamnation pour violence sur animal

L’individu – que je me refuse à appeler homme – placé en garde à vue à Marseille pour avoir maltraité un petit chat, a rapidement été jugé et condamné lundi 3 février dernier à un an de prison ferme. Il encourait une peine pouvant atteindre deux ans d’emprisonnement et une amende de 30.000,00 euros.
Ce type de 25 ans, qui trouvait amusant de balancer un chaton contre la façade d’un immeuble, avait été filmé durant sa « performance » et la vidéo postée sur son profil. Cet odieux personnage a finalement été rattrapé par sa bêtise ! Et la police cherche toujours le complice qui a tourné le film. Avec un peu de chance, il ira tenir compagnie à son pote !
Ce fait divers m’a donné l’idée d’un sondage ; n’hésitez pas à donner votre avis dans le sondage ci-contre.

Le Château de Fléville (54)

En cette journée caniculaire, nous avons cherché la fraîcheur et en avons profité pour aller visiter le château de Fléville, à seulement dix minutes au sud de Nancy. Si nous avons pu suivre la visite guidée à travers les nombreuses pièces meublées, décorées et admirablement restaurées, Monique n’a hélas pas pu faire de photos à l’intérieur. Quel dommage !
Le Château de Fléville (54) dans Divers dscf2261-petit1
Château médiéval, il n’en comporte pas moins de très beaux témoignages de la Renaissance en Lorraine.
Son origine remonte à 1280 : Ferry III, duc de Lorraine, crée le fief de Fléville et Guillaume d’Ormes en devient le seigneur. Le grand donjon à gauche date de 1320.
En 1460, par mariage et faute de descendance mâle, le fieb de Fléville passe aux Lutzelbourg. En 1533, Nicola de Lutzelbourg fait ériger le château Renaissance, repris par ses héritiers.
En 1758, le fameux Stanislas Leszczynski, roi de Pologne et duc de Lorraine, vient à Fléville avec sa Cour.
La duchesse de Brancas crée un salon littéraire en 1783.
Le domaine est racheté par Alexandre de Lambel en 1812. Depuis plus de deux cents ans, la famille de Lambel habite une aile du château et s’attache à préserver ce joyau de la Renaissance en Lorraine ; épargné par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, le château est ouvert au public dès 1954.
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Vue arrière du château.

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L’ancienne maison du jardinier a été transformée en « maison du conte ». Monique a bien connu cette bâtisse car le jardinier était un ami de son père. Enfant, elle est souvent venue jouer dans le grand parc du château avec les enfants du jardinier.

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A l’arrière de la maison du conte, un joli trompe l’oeil.

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Le potager.

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La façade arrière du château. Au milieu, la chapelle du château qui comporte encore de très beaux vitraux d’époque.

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Le château est ouvert du 1er mai au 12 novembre tous les week-ends et jours fériés.
En juillet et août, il est ouvert tous les jours.
Visite guidée d’une durée d’une heure : 9 euros (tarif 2013).
Pour plus d’information : http://fleville.com/?q=chateau.php

Il y a 221 ans…

Il y a 221 ans... guillotine18577-300x194Le 25 avril 1792 a lieu la première exécution par guillotine.
Cet acte public provoqua des réactions hostiles de la part des Parisiens, non par sa cruauté mais par sa rapidité. Les badauds, massés place de Grève pour assister à la décapitation d’un voleur pour agression nocturne, furent déçus par le « spectacle » trop bref.
Le docteur Guillotin avait conçu cette machine, initialement surnommée « La Louison », qu’il jugeait moins barbare que la traditionnelle pendaison à une potence. Sa machine, disait-il, ferait sauter les têtes en un clin d’oeil. Il ne croyait pas si bien dire !
Uniquement utilisée pour des condamnés de droit commun, la guillotine fut employée le 10 août 1792 à des fins politiques place de la Révolution (aujourd’hui place de la Concorde) puis place du Trône (aujourd’hui place de la Nation).
Le docteur Guillotin, emprisonné sous le régime dit de la Terreur, fut sauvé in extremis de la guillotine par la chute de Robespierre. Il protesta plus tard contre l’assimilation de son nom à la machine qu’il avait inventée et dont il avait bien failli être la victime, mais en vain.

Il y a 125 ans…

Il y a 125 ans... chiang_kai-shek
Le 31 octobre 1887 naît Tchang Kaï-Chek, militaire et homme politique chinois, à la tête du Guomindang après la mort de Sun Yat-Sen en 1925.
Il mène la Chine lors de la guerre contre les Japonais ; l’ampleur de l’invasion nippone l’incite à déménager la capitale de Nankin à Wuhan puis à Chongqing.
L’influence de Tchang Kaït-Chek sur la scène politique mondiale en fait l’un des quatre grands leaders des Alliés lors des conférences internationales. Le 26 juillet 1945, il signe avec Truman et Churchill la déclaration de Potsdam par laquelle ils lancent un ultimatum de reddition inconditionnelle au Japon.
Chef du gouvernement chinois et président de la « première République chinoise » puis, jusqu’à sa mort, président de la « République de Chine » à Taïwan, il décède en 1975.

Il y a 107 ans…

Il y a 107 ans... Potemkine   Le 27 juin 1905, une mutinerie éclate à bord du cuirassé russe Potemkine et s’inscrit dans les troubles révolutionnaires russes.

Après qu’un officier ait tué un marin pour avoir osé se plaindre de devoir manger de la viande avariée, la révolte dégénère en insurrection dans le port d’Odessa lorsque les soldats tirent sur la foule. Le bilan de la répression s’élève à plusieurs centaines de morts.

Huit officiers ayant rejoint les mutins, le commandant et plusieurs officiers sont tués et jetés à la mer.

Après une longue errance dans la mer Noire, la plupart des mutins finiront par obtenir l’asile politique en Roumanie, dans le port de Constantza.

Cette histoire est devenue célèbre grâce au film du réalisateur soviétique Serge Eisenstein en 1925 « Le cuirassé Potemkine », sans oublier la poignante chanson de Jean Ferrat.

Il y a 514 ans…

Il y a 514 ans... Charles_VIII_de_france1 Le 7 avril 1498 décède Charles VIII, roi  de France, surnommé l’Affable. Unique survivant des cinq fils de Louis XI, il est le septième et dernier souverain de la succession directe de la branche des Valois de la dynastie capétienne.
Il monte sur le trône à l’âge de 13 ans, avec pour seule éducation la lecture des romans de chevalerie. Conformément au souhait de son père, l’adolescent accepte la tutelle de sa soeur aînée, Anne de France, alors âgée de 23 ans.
Ambitieux, il veut conquérir le royaume de Naples, faisant valoir des droits que les derniers princes de la maison d’Anjou avaient légués à sa famille. A la mort du roi Ferdinand 1er de Naples, Charles VIII prend le titre de roi de Naples et de Jésuralem et pénètre en Italie. Il en est repoussé par une coalition de Ferdinand II d’Aragon et du pape Alexandre VI.
Le roi décède à l’âge de 28 ans après avoir violemment heurté de son front un linteau de pierre placé trop bas dans le château d’Amboise. Son cousin, Louis XII, lui succède sur le trône et auprès de sa veuve, Anne de Bretagne, qu’il épouse.

Louis_XII_de_france1 Charles VIIICe même jour, Louis XII devient donc roi de France ; il a 36 ans. Très populaire, il sera surnommé le Père du peuple.
Orphelin de père à trois ans, il grandit sous la tutelle de Louis XI qui fut très dur avec lui. En 1476, ce dernier force le jeune homme à épouser sa fille, Jeanne de France, difforme, débile et stérile. La manoeuvre est politique : le monarque espère ainsi provoquer l’extinction de la branche d’Orléans qui menace toujours la branche ainée des Valois directs. En 1499, Louis XII fait annuler ce mariage par le pape pour non-consommation, malgré la contestation de Jeanne.
Il suit son cousin, Charles VIII, en Italie où il tente en vain de conquérir le duché de Milan. Puis il monte sur le trône après la mort accidentelle de Charles VIII qui n’avait pas d’enfant survivant.
Le nouveau monarque administre son royaume avec intelligence et utilise les impôts pour le bien du pays, en entretenant notamment le réseau routier.
Devenu veuf, il épouse en 1514 Marie d’Angleterre. Il meurt en 1515 et laisse le trône à son cousin et gendre François 1er qui avait épousé sa fille aînée Claude, duchesse de Bretagne.

 

 

Il y a 130 ans…

Il y a 130 ans... Jesse_james1816Le 3 avril 1882 décède à l’âge de 34 ans Jesse James, l’homme pour qui a été inventée l’expression « ennemi public numéro un ». Il est abattu d’une balle derrière la tête par Bob Ford, un traitre âgé de vingt ans, membre de la bande à Jesse, après avoir passé un accord avec la police pour ramener le hors-la-loi, vivant de préférence.
La tête de Jesse James avait été mise à prix avec une récompense de 150 000 dollars. Avec son frère Frank, le jeune homme et quelques complices dévalisaient banques, trains, dépôts et magasins en Iowa et au Texas
Bob Ford a été jugé et acquitté.
Sur la tombe du garçon, sa mère a fait graver cette inscription : « En mémoire de mon fils bien-aimé, assassiné par un traitre et une poule mouillée dont le nom ne mérite pas d’apparaître ici ».

 

Il y a 186 ans…

alexanderiofrussia.jpg Le 1er décembre 1825 décède Alexandre 1er, tsar de Russie  et roi de Pologne de 1815 à sa mort. Son règne coïncida presque exactement avec celui de Napoléon qu’il combattit à plusieurs reprises jusqu’à la victoire de 1814.
Son décès sème le trouble car plusieurs personnes, défilant devant la dépouille, ne le reconnaissent pas. Une rumeur enfle : le tsar aurait simulé sa mort pour se retirer loin des hommes. De fait, quelques années plus tard, un ermite nommé Fédor Kousmistch fut reconnu par plusieurs personnes. Arrêté et fouetté, il est déporté en Sibérie où il meurt en 1864.
L’hypothèse que Fédor Kousmistch et Alexandre 1er ne font qu’une seule et même personne est admise par certains historiens et partagée par la famille Romanov. Selon eux, le tsar aurait voulu expier sa participation au meurtre de son père, Paul 1er.

Comme tout le monde

Oui, je n’hésite pas à le dire, d’autant que c’est la stricte vérité, je n’ai aucune implication politique et pas de connaissances particulières dans tel ou tel domaine.
Juste une petite Française qui aurait aimé vivre calmement, sans qu’on l’oblige à faire ou à subir des trucs complètements aberrants, c’est-à-dire un « honnête homme », au sens où l’employait Montaigne, à une période où la femme n’existait pas juridiquement parlant, hormis le cas où elle se retrouvait veuve.

Alors voilà, si quelqu’un a une idée sur la question, je vous en prie, n’hésitez pas : faites que je me couche moins bête !

Avec ce que j’ai vécu, voilà ce que j’ai compris :
J’ai été OBLIGEE d’avoir un compte en banque,
J’ai été OBLIGEE d’avoir un tas d’assurances,
J’ai été OBLIGEE de déclarer tout ce que la sueur de mon mari et la mienne nous rapportaient !
Comme tout le monde me direz-vous….

Inversement, les banques, elles, n’étaient OBLIGEES à RIEN !
Les assurances, le jour où j’ai eu un sinistre (c’est arrivé rarement) : GALERE ! On n’avait pas vu que… Il fallait attendre ceci ou cela… Essayer de les faire attendre pour le paiement des primes…. Grrrrrrr !!! J’ai donc changé d’assureur et j’ai appris à lire les toutes petites lignes, oui Messieurs Dames : j’ai fait l’achat d’une loupe !

Comme tout le monde nous avons déclaré tout ce que nous faisions avec l’argent, quand on arrivait à en garder, après avoir payé les impôts (j’aime bien l’accent sur le ô : ça fait plus gai !) Et même, nous avons continué à payer les taxes sur ce que nous achetions avec l’argent restant.
Et bien ça ne suffit pas ! Nous devions rendre des comptes si,  par miracle, nous avions après acrobaties et privations, réussi à mettre quelques sous de côté !
La liste pourrait être longue… Par contre, malheur à nous si nous avions l’insolence de demander des explications !

Mais… peut-être que je me trompe. Dites le moi. N’empêche : avouez que cela n’encourage pas à travailler !
Ben oui, après tout cela, que reste-t-il ???

(Jeannette Insurgé) 

Auront-ils la peau de DSK ?

J’avoue avoir été, au lendemain de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New-York, assez hostile à l’hypothèse du complot politique. Un homme réputé dragueur invétéré ne peut-il pas un jour basculer dans le viol ? Je trouvais trop facile de se réfugier derrière une cabbale pour le disculper.
Aujourd’hui, alors que la justice américaine s’achemine vers un non-lieu après avoir constaté de nombreuses défaillances dans les accusations de la plaignante, voilà qu’une nouvelle affaire éclate en France. Plus exactement, une affaire datant de 2003, évoquée en mai dernier et gardée sous le coude tant que DSK risquait de purger une longue peine dans les geôles américaines, ressort de son placard maintenant qu’il est sur le point de quitter les Etats-Unis, libre et lavé de tout soupçon.
En effet, en mai 2011, Tristane Banon, journaliste et écrivain, déclare ne pas vouloir porter plainte afin de ne pas être instrumentalisée par la justice américaine. Le 4 juillet, tandis que le doute prévaut dans l’affaire du Sofitel de New-York, Tristane Banon annonce qu’elle portera plainte.
Anne Mansouret, la mère de la jeune femme, avoue avoir été informée de cette présumée tentative de viol sur sa fille, alors âgée de 24 ans. Elle aurait discuté avec DSK, un ami proche, qui n’aurait pas démenti cette agression sexuelle. Pourtant, Madame Mansouret déconseille à l’époque à sa fille de porter plainte.
J’avoue ne pas comprendre cette attitude. Si ma fille, ou mon garçon d’ailleurs, avait été agressée sexuellement par un homme, fût-il un ami, je l’aurais traîné devant les tribunaux, car je ne crois pas que l’amitié puisse survivre à ce type d’agissement.
Huit ans après les faits, l’affaire resurgit donc opportunément et une nouvelle inculpation attend donc Monsieur Strauss-Kahn dès qu’il aura foulé le sol français.
Comment ne pas penser que DSK décidément gêne et qu’il faut à tout prix l’empêcher de revenir sur le devant de la scène politique ?

Les bannis de « L’été du Livre » de Metz

Contrairement à ce que j’annonçais dans un précédent billet, je ne serai pas à « L’été du Livre » 2011 à Metz, plus grand salon littéraire de Moselle.
Après nous avoir mis l’eau à la bouche, les organisateurs ont décidé de ne pas accueillir les auteurs autoédités.
Dans le domaine du livre, il y a les auteurs qui bénéficient d’une structure et les solitaires, la qualité littéraire des premiers n’étant pas forcément supérieure à celle des seconds.
Entre les yachtmen que sont les édités à compte d’éditeur, entièrement pris en charge et seulement préoccupés par l’écriture de leurs livres, et les galériens de l’autoédition qui doivent assurer la correction et la mise en pages de leurs manuscrits puis leur commercialisation, il y a une catégorie un peu bâtarde : les auteurs édités à compte d’auteur, souvent malheureuses victimes de scandaleuses arnaques de la part de maisons qui ont cependant pignon sur rue et qui œuvrent en toute impunité.
Les nouveaux auteurs sont des proies faciles. Après avoir essuyé le refus à peine poli des éditeurs parisiens les plus prestigieux, ils se tournent vers les éditeurs locaux. Parce qu’un béotien ne sait pas identifier les maisons à compte d’auteur, il saute de joie lorsqu’il reçoit enfin le courrier tant espéré : son manuscrit est accepté ! Dans le courrier dithyrambique, on parle de contrat bien sûr, mais aussi de télévision et de cinéma. Notre auteur plane à un mètre du sol, à peine étonné car certain de son talent. Puis il poursuit sa lecture et découvre, en page 3 ou 4, une somme à quatre chiffres avant la virgule. Il ne percute pas tout de suite et doit relire plusieurs fois avant de comprendre la subtilité : le montant en question est bel et bien ce qu’on lui demande d’investir pour l’édition de son manuscrit…
Certains auteurs se laissent prendre, tels les compagnons d’Ulysse, dans les filets de ces éditeurs prêts à publier n’importe quoi pourvu que l’écrivain signe un gros chèque et qui n’hésitent pas à les flatter pour mieux les attirer, certains qu’ils sont de leur désir brûlant de publier leur livre à tout prix. Ceux qui n’ont pas su résister au chant des sirènes s’en mordent souvent les doigts car ils ont investi une grosse somme pour imprimer un livre en plusieurs centaines d’exemplaires qu’ils mettront une décennie à vendre, le soutien commercial de la maison d’édition se révélant chimérique et le prix de vente imposé souvent très élevé.
D’autres résistent sans pour autant abandonner leur projet d’édition. Ces auteurs-là appartiennent à la race des autoédités. Seuls maîtres à bord, ils écrivent, corrigent, mettent en pages, élaborent la couverture, se chargent de l’ISBN et du dépôt légal, et bien sûr de la promotion et de la vente de leurs ouvrages. Mais ils sont libres ! Libres de décider du prix de vente et donc de la marge bénéficiaire, libres du choix de l’imprimeur, libres de la couverture, libres du nombre d’exemplaires, libres des salons qu’ils fréquenteront.
Mais voilà où le bât blesse ! Quand on est autoédité, on n’est pas toujours le bienvenu sur les salons. Comme si le fait de s’éditer soi-même était un aveu de médiocrité ou le fait d’être édité à compte d’éditeur au contraire la preuve d’une grande qualité littéraire ! Nous avons tous en tête des auteurs, stars du show business ou du sport, qui n’ont besoin de frapper à aucune porte, celles des plus grands éditeurs s’ouvrent toutes seules. Pour la plupart, ils n’ont même pas besoin de tenir un stylo dans la main ! Mais ils ont un passeport que nous autres écrivains de l’ombre n’avons pas : un nom qui garantit la vente du livre.
« Le Livre sur la Place », un des plus prestigieux salons littéraires de France et en outre le premier de chaque saison, a fini par offrir aux autoédités un espace, certes en dehors du grand chapiteau, mais un espace suffisamment vaste pour accueillir une quarantaine d’auteurs. L’affluence du public et les ventes réalisées sont la preuve d’un réel intérêt des lecteurs pour leurs écrivains locaux tenus à l’écart de la cour des grands.
Espérons que Metz, éternelle rivale de Nancy, fasse prochainement preuve de générosité et de discernement envers des auteurs qui ne méritent pas le mépris qu’ils récoltent cette année.

Un ado meurt noyé pour échapper à la police

Trois jeunes gens, 18, 16 et 15 ans, de la cité des Mureaux dans les Yvelines, sont dans une voiture dont le conducteur refuse de se soumettre à un contrôle de police.
Après une course-poursuite vers Mantes-la-Jolie, la voiture des fuyards percute un poteau. Les deux mineurs se dirigent vers la Seine et sautent. L’un est récupéré vivant ; le second se noie.
Au journal de 20 h 00, on apprend par le directeur départemental de la sécurité publique dans les Yvelines, lors d’une conférence de presse, que la police n’est pas en cause dans ce drame. Les policiers auraient tenté de dissuader les adolescents de plonger dans le fleuve, insistant sur le fait qu’une « petite bêtise » ne justifiait pas qu’ils se jettent dans la Seine.
Comment expliquer alors que ce gamin de 15 ans, qui ne savait pas nager, préfère se jeter à l’eau qu’affronter les policiers ? L’IGS a tout de même été saisie de l’affaire…
Un site internet, sur lequel je suis allée piocher cette info, a fermé son article aux commentaires avec cette explication : « En raison des débordements systématiques sur ce type de sujet, l’article est fermé aux commentaires. Merci de votre compréhension. »
Ben non, je comprends pas !

Nul n’est prophète…

…en son pays ! L’adage est bien connu et j’ai pu le vérifier à mes dépens ce week-end.
Après avoir acheté un exemplaire de chacun de mes livres parus en autoédition depuis 1999, la bibliothèque associative de ma commune m’a communiqué hier son refus d’acquérir mon dernier ouvrage, un roman intitulé La Lavandière d’Igney, présenté hier à la Médiathèque de Laxou.
Deux raisons officielles à ce refus :
1/ mes ouvrages ne sortent jamais
2/ je ne suis pas inscrite à la bibliothèque de ma commune
La première raison est en désaccord avec ce que m’ont dit les précédents bibliothécaires. En outre, si mes livres ne sortaient jamais, pourquoi attendre le onzième pour me le signaler ?
La deuxième raison me laisse perplexe, car je ne suis actuellement inscrite dans aucune bibliothèque et il n’est pas pensable que je m’inscrive dans toutes les bibliothèques et médiathèques du Grand Nancy qui acquièrent mes livres : Dombasle, Essey, Frouard, Foug, Houdemont, Jarville, Laxou, Liverdun et Saint-Nicolas-de-Port ainsi que la bibliothèque du CE de la SNCF.
Je suis consternée par cette attitude. Car un auteur, fût-il autoédité, je dirais même, surtout autoédité, devrait pouvoir compter sur le soutien de la commune dans laquelle il paie ses impôts.
Je ne prétends pas que mes livres soient d’une qualité littéraire extraordinaire, mais je pense sincèrement qu’ils ne font pas honte aux établissements qui les accueillent d’année en année sur leurs rayonnages.
Mais les raisons de ce « boykott » ne seraient-elles pas autres ? Economiques ou politiques ?
Afin que mes ouvrages puissent continuer à trouver leur place à la bibliothèque de Heillecourt, je propose deux actions, séparées ou conjointes :
1/ lancer un appel de fonds à la population afin que la bibliothèque de Heillecourt puisse acquérir le livre sans dépenser un centime. Il conviendrait donc de réunir la somme de 13,00 € pour un exemplaire de La Lavandière d’Igney.
2/ lancer une pétition que chacun pourrait signer, à la fois ceux qui connaissent mes livres et les trouvent dignes d’entrer dans une bibliothèque, et ceux qui ne me connaissent pas mais qui sont pour le principe d’aider les auteurs locaux à se faire connaître.
Pour cela, j’ai besoin de votre conseil, de votre aide et de votre soutien. Donnez-moi votre avis sur l’action à mener et vos témoignages sur la qualité de mes livres.
D’avance merci !

Mai 68 : 40 ans

Dès le début de l’année 1967, des milliers d’ouvriers se mirent en grève. Les salaires étaient les plus bas de la CEE, la durée hebdomadaire de travail la plus longue et les impôts les plus élevés. Sans parler des nouvelles ordonnances sur la Sécurité Sociale. Le gouvernement en place fit savoir qu’il était impossible de relever le niveau des salaires, les caisses étant vides (tiens ! ça me rappelle quelque chose !) . Le mouvement gréviste se renforça et s’étendit à toute la France.
Début 1968, les étudiants organisèrent des manifestations, tout d’abord à Paris puis aux quatre coins du pays. De nouvelles réformes jugées injustes ajoutées à des universités bondées et des locaux vétustes, ils avaient quelques raisons de se montrer mécontents, en plus de leur opposition à la guerre du Vietnam et la politique des Etats-Unis.
Du 6 au 10 mai, de violents combats de rues opposèrent étudiants armés de pavés et CRS. Les évènements, largement commentés par la radio, souleva l’opinion publique, déjà en faveur des étudiants.
Georges Pompidou, alors Premier ministre de Charles de Gaulle, Président de la République française, céda sur toutes les revendications estudiantines dans l’espoir de désamorcer la crise. Au contraire, elle s’amplifia. Un million de manifestants défilèrent, ouvriers et étudiants unis pour une même cause. Le mouvement protestataire s’amplifia et plus des deux tiers des travailleurs se mirent en grève. Ce fut une grève quasi générale.
Résultats du mouvement : les accords de Grenelle avec une augmentation du smic de 25% et des autres salaires de 10% (malgré les caisses vides !) et une diminution du temps de travail hebdomadaire.
Cela ne suffisait pas et la crise sociale évolua en une crise politique qui aboutira un an plus tard à la démission du Général de Gaulle.
En 1968, j’avais 11 ans. Hélas trop jeune pour jeter des pavés ! En 2008, à bientôt 51 ans, hélas trop vieille… En admettant que les organisations syndicales parviennent à faire bouger les Français qui ont pourtant au moins autant de raisons de manifester leur mécontentement qu’il y a quarante ans !

Energie nouvelle pour Heillecourt

Pour quelqu’un qui affirme se désintéresser de la politique, je fais fort depuis le début de cette année ! Après avoir écrit un article sur ce blog qui traitait vaguement de politique, voilà que je participe à une vraie réunion politique dans le contexte des prochaines élections municipales. Vous ne me croyez pas ? Si si ! juré craché ! je me suis déplacée et ai consacré deux heures de mon temps à l’écoute du candidat de la liste de gauche ! Je sens que cela vous épate et vous vous demandez pourquoi ? Eh bien… parce que j’y ai été conviée, à titre personnel alors que la réunion s’adressait aux responsables des diverses associations heillecourtoises. En réponse sans doute au mail que j’avais envoyé à Hervé Willer, tête de liste, pour lui faire part de ma déception sur la politique culturelle de la ville qui me conduit régulièrement à faire appel à des communes voisines lorsque je souhaite une soirée présentation à l’occasion de la sortie de mon dernier livre ou un coup de pouce pour organiser un récital poétique.

Ils étaient donc cinq (une partie seulement de l’équipe), deux femmes et trois hommes, à écouter les questions d’une vingtaine de personnes. A signaler qu’aucun responsable d’associations culturelles n’était présent, hormis le responsable de l’association Loisirs et Rencontres qui propose diverses activités sportives et culturelles. C’est tout de même assez révélateur d’une réelle lacune dans le domaine culturel.

Les cinq membres présents de cette liste de gauche, « Energie nouvelle pour Heillecourt », ont répondu aux questions de chacun sans dévoiler bien sûr le détail de leur programme. Durant le « le pot de l’amitié » qui a suivi, Monique et moi avons pu discuter avec plusieurs membres de cette liste et je peux dire que je suis assez impressionnée par l’état d’esprit et la volonté d’action de ces femmes et de ces hommes qui vont essayer de faire « basculer » la commune à gauche.
Cela dit, je ne voterai pas pour Hervé Willer pour la seule raison qu’il est de gauche, mais parce que je crois qu’il peut apporter un changement positif à Heillecourt. S’agissant de municipales, je pense que le débat se situe légèrement au-dessus de la sphère politique droite-gauche classique. Car bien que me positionnant à gauche, je voterais pour Laurent Garcia si j’habitais Laxou, parce que cet homme, actuellement dans l’équipe municipale de droite, est à la fois sympathique, ouvert et attentif aux besoins de chacun.

Quoi qu’il en soit, j’accorde tout mon soutien et ma confiance à cette équipe « Energie nouvelle pour Heillecourt » dont  j’attends personnellement beaucoup en cas de victoire. BONNE CHANCE !

Poèmes

 

L’ARAIGNEE

Le fil entre la rampe et la branche de l’if
Brillait comme un repère, une chaîne argentée ;
J’ai suivi le chemin de la ligne jetée
Et découvert l’ouvrage au singulier motif.

Rien ne peut échapper à mon œil attentif,
De la toile en suspens, dentelle crochetée
En perles de rosée et de givre teintée ;
Mais j’esquisse à ta vue un mouvement craintif.

Au milieu du filet, broderie aérienne,
Qui se balance au gré de l’onde zéphyrienne,
Tu sembles reposer, mais d’un sommeil trompeur.

Toi que je trouve belle en ton palais de soie,
Naturelle œuvre d’art, pourquoi me fais-tu peur ?
Entends mon souffle court ! Il faut que je m’assoie !

(Extrait de mon prochain recueil « Les Couleurs de l’âme »)

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L’ENFANT DE L’ESPOIR

Un enfant se prépare à découvrir le monde
Après neuf mois dedans le ventre maternel,
Issu du feu des corps, l’embrasement charnel,
Fruit conçu dans l’amour ou dans le crime immonde.

 

Il ne sait rien de la famille et du pays
D’accueil. Hélas ! on ne choisit ni l’un ni l’autre,
Ni les draps en satin dans lesquels on se vautre
Ni le cloaque infâme où le porc fait son nid.

 

Un trottoir de Manille ou la villa cossue
D’une riche banlieue attendra ce gamin
Dont les parents peut-être ont tracé le chemin :
Boulevard pavé d’or ou route sans issue.

 

Fusil en bakélite ou cuillère en argent,
Cette arme dans son poing fera de lui l’esclave
D’un univers cruel où chaque jour s’aggrave
L’ampleur de la misère au front de l’indigent.

 

Mais si rien ne s’oppose à la fureur qui gronde,
Je conserve en mon cœur l’inébranlable espoir
Qu’une lueur demain rejaillisse du noir,
Qu’un enfant se prépare à sauver notre monde.

 

Ce poème a obtenu le Premier Prix, Prix Charles Guérin, au Prix littéraire de Graffigny 2012, organisé par la Ville de Lunéville et la Communauté de Communes du Lunévillois, en partenariat avec le Cercle Littéraire Léopold. Le thème du concours était « L’enfance ».
Par manque de temps, j’écris désormais très peu de poésie et ce poème est le seul de l’année, composé expressément pour ce concours. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai pris connaissance de ce palmarès qui m’honore.

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Ô FEMME UNIVERSELLE

Au-delà de la mort, Ferrat chante Aragon
Et la femme toujours est l’avenir de l’homme,
Qu’elle obéisse au maître ou croque dans la pomme,
De New-York à Paris, d’Alger à Saigon.

 

Cheveux courts sur la nuque ou très longs sous le voile,
Elle offre un corps d’albâtre ou d’ébène à l’amant,
Ou l’époux tyrannique, objet de son tourment ;
En ses yeux meurt ou naît la lueur d’une étoile.

 

Quelquefois lapidée, elle expire en public
Pour avoir osé vivre un amour adultère ;
Ailleurs, l’homme trompé traite plus bas que terre
L’infidèle à l’abri d’un appartement chic.

 

Qu’il soit ou non béni, le fruit de ses entrailles
Reste son privilège et sa force et son droit ;
En son ventre fécond, le futur enfant croît
Et sa mère construit d’invisibles murailles :

 

« Que ma fille jamais ne subisse d’abus,
Qu’au soleil de son père elle vive authentique,
Et mon fils ne succombe au champ patriotique,
Comme chair à canon sous le feu des obus. »

 

(Ce poème a obtenu le Prix Charles Maire au concours littéraire Graffigny
de Lunéville de 2010.)

 

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Voici les cinq poèmes pour lesquels j’ai obtenu l’Alérion d’or 2009 décerné au meilleur des poètes déjà détenteurs du Grand Prix des Poètes Lorrains attribué par la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) :

L’ABSENCE 

Dans le ronronnement de mon ordinateur,
J’entends le souvenir de son panier qui grince ;
Le souffle court, je vais constater mon erreur :
À sa place, le vide affreux. Mon cœur se pince. 

Il manque, le matin, son accueil chaleureux,
J’accomplis chaque jour un geste, une habitude,
Dans ma gorge l’appel de son nom sonne creux,
Le silence répond, maudite certitude ! 

Il semble ridicule aux yeux des gens sensés
De chérir une bête et de craindre sa perte,
Alors on tait la peine et les pleurs déplacés
Quand sa mort nous fait mal comme une plaie ouverte. 

Le trépas de tout être, animal ou parent,
Cause un chagrin semblable, une même souffrance ;
Pourquoi le désespoir serait-il différent
Quand pareille est en nous la douleur de l’absence. ? 

 

LE CHOIX DES MAUX 

Depuis six mois déjà, je n’aime plus rentrer :
Ma maison est un piège où j’ai peur d’être prise ;
Je retarde l’instant de tomber sous l’emprise
De l’homme qui jamais n’aurait dû m’engendrer. 

J’ai tant de fois cherché le soutien de ma mère !…
N’a-t-elle pas voulu comprendre mes humeurs ?
A-t-elle craint l’opprobre et le poids des rumeurs,
Son regard dans la glace, ennemie éphémère ? 

Impossible de fuir le redoutable accueil.
Ma clef dans la serrure explose le silence ;
Puis-je encore espérer tromper sa vigilance ?
Je marche vers ma chambre… Il m’attend sur le seuil. 

Je subis ses baisers, ses mains sur ma peau nue,
L’obscénité des mots qu’il murmure, essoufflé,
La douleur qui surprend mon corps écartelé,
Le dégoût qui soudain dans mon cœur s’insinue. 

Je le retrouve à table, assis devant l’écran.
On y parle d’inceste et de pédophilie.
La boue est toujours là dont je me sens salie.
Pour sourire quand même, il faut beaucoup de cran. 

Maman dit qu’à leur place, elle en mourrait de honte,
Qu’elle reconnaîtrait un pervers sexuel,
Qu’elle divorcerait d’un mari criminel
Mais ne survivrait pas aux procès qu’on raconte. 

Ne rien dire, bien sûr, est lui donner raison
Et refuser de mettre un terme à mes souffrances.
Le choix me fait horreur : sauver les apparences
Ou briser la famille aux murs d’une prison. 

 

DANS LA CHAMBRE FUNERAIRE 

On devine le corps sur cette couche étroite,
Au milieu de la pièce où brûle de l’encens.
Es-tu plongée au fond du froid que je ressens
En voyant tes doigts joints et ta tête trop droite ? 

Comme une vague, en moi déferle mon passé.
Ton visage anguleux me ramène en arrière,
Quand ta bouche en rictus et ton regard sévère
Estimaient d’un coup d’œil mon élan terrassé. 

Jamais tendre baiser n’est venu sur ma joue
Adoucir le chagrin de l’enfant mal grandi
Qui de rage brûlait la robe d’organdi
De son unique sœur et le remords me noue. 

Comment l’indifférence au jour de ton trépas
Peut-elle me guérir des anciennes blessures ?
Des pleurs sur ton cercueil ne seraient qu’impostures,
Ma peine indescriptible est de n’en avoir pas. 

 

L’ERREUR 

Le soleil luit dans le jardin du souvenir,
Et les fleurs ont poussé sur les pierres tombales.
J’ai voulu prendre part aux agapes tribales ;
J’ai cru pouvoir, mais je n’aurais pas dû venir. 

La messe dite, ils ont couru dans les allées,
Portant leur chrysanthème au chevet de leurs morts.
La corvée achevée, ils se sentaient plus forts
Pour déguster le vin, leurs larmes ravalées. 

Entre la quiche au lard et le pâté lorrain,
J’ai fait semblant de rire et j’ai tenu le rôle
Du gamin du pays, comme ils disent : du drôle !
Elle était loin la peine, oublié le chagrin… 

J’ai prétexté la route et le brouillard d’automne
Pour quitter la famille avant le clafoutis.
Dans la boîte en plastique, un restant des frichtis
Régale au coin du feu la chatte qui ronronne. 

 

LA MORT D’UN JEUNE-HOMME 

Je me souviens de lui, petit garçon têtu
Au regard de velours sous un front volontaire.
Au plus petit caprice, il se roulait par terre
Mais retenait ses cris quand il était battu. 

J’ai vu l’adolescent qui se croyait un homme
Après avoir fait don de sa virginité.
Fier de sa neuve ardeur, fraîche virilité,
Il voyait chaque femme en croqueuse de pomme. 

Souffrait-il, comme nous, d’une famille en vrac ?
Je l’ai revu plus tard, la vingtaine arrogante.
Il semblait engagé sur la mauvaise pente ;
J’ai parlé d’avenir, d’école après le bac. 

Il m’apprit la nouvelle avec désinvolture :
Une tumeur maligne attaquait son cerveau.
« En plus la chirurgie est vaine à ce niveau.
Mon futur, le voilà ! » me dit-il pour conclure. 

 

Je ne saurai jamais s’il a craint d’être seul
Face à la mort dont il parlait avec bravade.
Mais le ciel s’est paré d’une couleur maussade ;
Je suis triste aujourd’hui, mon neveu, mon filleul.

 

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 MAI

La première journée est toujours un cadeau
Offert aux travailleurs de France et de Navarre,
Et les brins de muguet dérident le badaud
Lorsque le ciel de bleu se montre trop avare.

Car malgré le printemps et son heure d’été,
La météo n’est pas encore à la clémence,
Et le gel sait punir avec méchanceté
Ceux qui n’ont pas voulu protéger la semence.

Qu’importe cependant ! partout naissent des fleurs !
Si le crocus se meurt, vive la primevère !
Dans la nature en fête éclatent les couleurs
Et le vent nous les conte, inlassable trouvère.

Sous le rose organdi d’un pommier du Japon,
Un couple de moineaux chante l’amour volage,
Celui des séducteurs dont le regard fripon
Aime à se faufiler sous le mince corsage.

(Ecrit le 16 avril 1998)

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AVRIL

Au sortir de l’hiver, alors que le printemps
Pressé de s’installer s’était montré précoce,
La pluie inaugura le changement de temps
Et le vent rugissant se déchaîna, féroce. 
Mais dès le premier jour, ce mois capricieux
Présenta son aspect le plus irrésistible :
Son amour de la farce et du facétieux
Dans l’accomplissement d’un rite irréductible. 
Les averses de mars ont déclaré forfait ;
Le soleil courageux perce à l’aube la brume
Et le chant des oiseaux dans un accord parfait
S’élève dans les airs, léger comme une plume. 
Mais il ne faudra pas se découvrir d’un fil
Avant que ne s’en aille, avec la bise rude,
La dernière gelée, ô funeste péril !
Pour les arbres en fleurs malgré l’incertitude. 

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MARS

L’hiver se retira lorsque mars fut venu ;
Fatigué de sévir depuis quelques semaines,
Il s’en alla plus loin dans le brouillard ténu,
Vers d’autres horizons, pour de nouveaux domaines.

Pour effacer la trace encore fraîche au sol
De la neige, la pluie est tombée abondante,
Imposant au printemps la touche d’un bémol,
Incitant la nature à se montrer prudente.

Car chaque nuit le givre imprime avec ardeur
Sur les carreaux gelés des fleurs imaginaires,
Des perles en cristal, ornements de splendeur
D’un costume argenté sous les rayons lunaires.

Le soleil matinal, l’innocent criminel,
Gomme sans le vouloir le décor éphémère
D’un spectacle magique au pouvoir éternel,
Jusqu’à ne plus savoir le vrai de la chimère.

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DECALCOMANIE

J’ai toujours refusé de croire en vos paroles
Quand vous disiez souffrir juste après le plaisir
Pris sur un corps d’enfant que vous aimiez choisir
Parmi ceux qui suivaient le chemin des écoles. 

Vous saviez chaque fois me convaincre en douceur
De venir avec vous, sans autre violence
Qu’acheter bon marché le prix de mon silence,
Vos humides baisers me soulevant le cœur. 

Derrière l’écran noir de mes paupières closes,
J’imaginais vos doigts défaisant lentement
Les lacets, les boutons de chaque vêtement,
Retardant les sommets de vos apothéoses. 

Votre souffle rapide effleurait mes cheveux ;
Transi, je respirais l’odeur de vos mains moites
Explorant mes accès, ouvertures étroites
Où glisser malgré tout votre membre nerveux. 

Vos râles écœurants me devenaient mesure
Pour calculer le temps jusqu’à ce point final
Qui délivrait ma peau du contact infernal,
Mais rougie aux endroits de quelque déchirure. 

Après le rituel répugnant du kleenex,
Vous donniez des conseils sur l’attitude à prendre,
Avec des arguments que je croyais comprendre ;
Me quittant vous posiez sur ma bouche un index. 

Je n’ai jamais rien dit, je n’ai pas fait de peine,
J’ai gardé le secret, ma honte et ma douleur ;
Vous voyant retraité, Monsieur l’instituteur,
Je voudrais bien savoir si le remords vous gêne. 

Mais lorsque je répète à des petits garçons
Les mots qui, criminel, ont brisé mon enfance,
Je ressens vos élans et la même souffrance,
Un émoi similaire, identiques frissons.

(Extrait de mon recueil Rouge et Noir Eden)

PS : mon propos n’était bien évidemment pas de stigmatiser le corps enseignant dans son ensemble. L’instituteur est ici victime de la rime !…

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 FEVRIER

Est-ce pour se venger de sa petite taille
Que cet instable mois, dans un brusque sursaut,
Se jette à corps perdu dans l’ultime bataille,
Pour offrir à l’hiver le bonheur d’un assaut ?

Mais bravant la froidure ou les flocons de neige,
Les enfants déguisés fêteront carnaval ;
Sur la place déjà les chevaux d’un manège
Attendent les acteurs du joyeux festival.

Au milieu de sa vie une journée entière
Est vouée à l’amour grâce au cher Valentin ;
Le cœur d’une fleuriste ou d’une bijoutière
Bat au rythme effréné des pièces du butin.

La douleur de partir est parfois prolongée ;
Un jour supplémentaire est un cadeau cruel
Pour qui voit sa tristesse à peine soulagée
Par le retour certain de l’an perpétuel.

(Ecrit le 01.01.1998)

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JANVIER

Arrivé le premier au milieu de la fête
Il explose de joie au son des violons,
Des bouchons de champagne et des coups de trompette,
D’une valse musette et des joyeux flonflons.

Après les baisers longs et les tendres étreintes
Des amoureux toujours mais pour combien de temps,
Les résolutions, d’enthousiasme empreintes,
Se prennent chaque année et se perdent longtemps.

Vers le petit matin, les yeux lourds de fatigue
Et la bouche pâteuse à cause de l’alcool,
Chacun rentre chez soi comme l’enfant prodigue,
Malgré le brouillard dense et givrant sur le sol.

Trente et un jours de neige, autant de nuits polaires,
Janvier s’étire et dure et tue avec froideur
Les exclus du système en plusieurs exemplaires
Avant de disparaître au fort de son ardeur.

(écrit le 29 novembre 1997)

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LA NEIGE

Pendant la nuit, sans bruit, les flocons ont paru
Et valsé dans le ciel avant de toucher terre,
La recouvrant bientôt jusqu’au moindre parterre
D’un mince tapis blanc de nul pas parcouru.

A l’aube cependant le silence est sublime :
La ville a revêtu son manteau virginal,
Et chacun découvrant ce décor hivernal
Est saisi malgré soi d’un respect légitime.

Parfois le vent s’amuse à frôler dans le parc
La cime des sapins frissonnant sous le souffle ;
Le pied d’un banc chaussé d’une étrange tantoufle
Réconforte un rameau recourbé comme un arc.

Moi, si j’étais la neige, à partir de novembre
Je tomberais sans cesse avec l’espoir diffus
De semer un émoi dans ton regard confus,
Au risque de périr sur le seuil de ta chambre.

(Extrait du recueil Amours Multiples)

 

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Aux victimes de l’attentat sur le World Trade Center à Manhattan
Le 11 septembre 2001

QUIPROQUO 

Nous avons vu ce soir des images de guerre :
Un avion kamikaze a percuté deux tours,
Sœurs jumelles jadis aux familiers contours, 

Et nous vivons l’horreur de nos parents naguère. 

Devant les caméras, des corps ensanglantés
Par des éclats de verre implorent la clémence
Sans pouvoir mettre un nom sur ceux que la démence
Habite au point de suivre un plan d’atrocités. 

Du milieu d’un immeuble une femme, peut-être,
Agite ses bras nus, geste de désespoir
Que suivent les passants debout sur le trottoir,
Et soudain sous leurs yeux saute par la fenêtre. 

Sur le petit écran, la fumée et le feu
Envahissent la ville. Est-ce un film d’épouvante ?
Un cauchemar plus vrai qu’un récit qu’on invente
Se déroule en direct dont la mort est l’enjeu. 

L’absurde augmente encore : un gratte-ciel s’effondre,
Spectacle hallucinant quand le deuxième aussi
S’écroule avec lenteur. Truquage réussi ?
Cinéma ? Fait réel ? On pourrait bien confondre. 

Mais les milliers d’acteurs ne se relèvent pas,
Le tournage a pris fin, le décor est en cendres,
Le héros ne peut plus murmurer des mots tendres
À sa douce maîtresse aux généreux appas. 

Je vois l’heure figée aux cadrans des pendules,
Les larmes des parents toujours couler à flots ;
Que vienne le silence étouffer les sanglots
Des témoins de la rue aux regards incrédules.
  

(écrit le 11 septembre 2001)

 

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Aux terroristes après l’attentat sur le World Trade Center à Manhattan
Le 11 septembre 2001 

LETTRE OUVERTE 

En ce jour de septembre où vous avez plongé
L’Amérique et le monde au cœur de l’épouvante,
Le plan d’attaque issu d’un esprit ravagé
A surpassé l’horreur des films que l’on invente. 

Obéissant aux lois du terrorisme pur,
Au nom d’une fureur toujours inassouvie,
Pour répondre aux besoins d’un idéal obscur,
Vous semez la terreur en offrant votre vie. 
  

Sous des tonnes d’acier, de verre et de béton,
Des milliers d’innocents gisent sous les décombres ;
On se croit spectateur d’un mauvais feuilleton
Quand le décor explose en moutonnements sombres. 

Dans ces ruines en feu, vos compagnons sont morts,
Criminels pour les uns, martyrs pour leurs émules,
Et si les sauveteurs décuplent leurs efforts,
Les flots de sang versé mélangent les formules. 

L’âme d’un assassin se réclamant de Dieu
En choisissant aussi le sort de ses victimes
Erre-t-elle à jamais en un différent lieu
De celle d’un pasteur en prières ultimes ? 

Des familles en pleurs depuis vos attentats
Cherchent en vain des corps, vous accusant du pire,
Et les discours du chef du plus grand des états
Veulent venger les tours, symboles d’un empire. 

Vous avez déclaré la guerre à l’Occident.
Si quelques uns se font l’avocat de vos actes,
Beaucoup d’Américains, avec leur président,
Ajouteront l’exode à vos douleurs intactes.

(écrit le 11 septembre 2001)

 

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L’ABSENCE

Dans le ronronnement de mon ordinateur,
J’entends le souvenir de son panier qui grince ;
Le souffle court, je vais constater mon erreur : 

À sa place, le vide affreux. Mon cœur se pince. 

Il manque, le matin, son accueil chaleureux,
J’accomplis chaque jour un geste, une habitude,
Dans ma gorge l’appel de son nom sonne creux, 

Le silence répond, maudite certitude ! 

Il semble ridicule aux yeux des gens sensés
De chérir une bête et de craindre sa perte,
Alors on tait la peine et les pleurs déplacés
Quand sa mort nous fait mal comme une plaie ouverte.
  

Le trépas de tout être, animal ou parent,
Cause un chagrin semblable, une même souffrance ;
Pourquoi le désespoir serait-il différent
Quand pareille est en nous la douleur de l’absence ?

(Ecrit le 12.09.2004 après la mort de Lorca, notre femelle labrador) 

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SOEUR DEFUNTE

Voilà dix ans déjà que tu nous as quittés
Sans laisser à personne une lettre un message
Pour tenter d’expliquer par des mots inventés
Tes raisons de partir pour l’ultime voyage.

L’abandon d’un amant et ton retour ici
Pouvaient-ils motiver ce geste irréparable,
Qui devait tout régler jusqu’au moindre souci
Mais nous glaçait le coeur d’un sentiment coupable ?

Pas encor quarante ans et pourtant sans espoir
De bonheur ni désir de donner à ta fille
Cet amour maternel qui devenait devoir
S’il demeurait adjoint au père de famille.

Voilà dix ans déjà mais je revois toujours
Sur ton visage blème un rictus qui se fige,
Autour de ton cou mince un ruban de velours
Pour masquer du cordon le douloureux vestige.

(Ecrit le 15 juillet 1996 en souvenir de ma soeur)

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UN JOUR

 Un jour d’été trop chaud tu préféras partir
Plutôt que de lutter pour demeurer en vie
Et ton affection que la mort m’a ravie
Dans mon coeur est gravée à n’en plus ressortir.

Un jour sans le vouloir j’entrais dans ton histoire
Cadeau maudit, je sais, d’un homme de toi fou
Et l’enfant qui naissait à l’aube du mois d’août
Poussait son hurlement comme un cri de victoire.

Tes parents bravement ont tenté d’élever
Le fruit de ton erreur qu’ils ne pouvaient comprendre
Tandis que j’attendais une parole tendre
Et qu’à l’amant futur je préférais rêver.

Un jour adolescente enfin tu m’as reprise
Affrontant le courroux de ton père trahi,
Blessé dans son orgueil, par la peine envahi,
Qui voyait en ce choix une triste bêtise.

Un jour de février, majeure depuis peu,
J’abandonnai l’école et m’exilai de France
Pour fuir les souvenirs douloureux de l’enfance
Et trouver le bonheur auprès de qui me veut.

Et le temps s’écoulait toujours un peu plus vite ;
Mariage et naissance, un divorce plus tard,
Me voilà revenue à mon point de départ
Vers cet amour déçu que ma pensée évite.

Un jour proche ou lointain serons-nous réunis ?
Cet espoir obsédant nous donne le courage
De poursuivre sans toi jusqu’au bout le voyage
Mais ton départ subit nous laissa démunis.

(Ecrit le 17 juin 1996 en souvenir de ma mère)

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Pour écouter ce slam, cliquer ici : Poèmes wma femmedehandicap.wma

FEMME DE HANDICAPE

 

(Ce slam est dédié à mon cousin Christian, tétraplégique depuis le 1er janvier 2006).

C’était aux premières heures du premier jour de l’an,
En janvier deux mille six qu’a eu lieu l’accident.
Le hasard a voulu qu’un sanglier
Au même instant traverse la chaussée.
Pour éviter le choc frontal,
Ta femme a fait un geste brutal :
Un coup de volant à quarante-cinq degrés.
La voiture a piqué du nez
Dans le fossé qui bordait la route
Et qu’elle n’avait pas vu, sans doute.
Quand on nous a prévenues
Que tu ne marcherais plus,
J’ai eu mal aux tripes pour toi,
J’ai versé quelques larmes, je crois,
J’me souviens plus très bien,
Je pensais à tout et à rien.
Sur ton lit d’hôpital,
T’avais pas l’air si mal.
On a regardé ta figure,
Y’avait pas de blessure.
On a réprimé un soupir,
On s’était attendu au pire.
Bien sûr, tu ne marchais pas,
Mais tes jambes, on les voyait pas.
On admirait beaucoup ta femme
Qui restait là malgré le drame.
Elle venait tous les jours
Pour te prouver son amour.
Puis les mois ont passé,
T’étais toujours handicapé.
Alors elle a changé d’attitude,
Elle a montré d’la lassitude,
Et l’exaspération
A remplacé la passion.
Pour couronner le tout et ajouter à ta souffrance
Elle a piqué le fric, celui que l’assurance
Avait déjà versé pour ton fauteuil.
Faut quand même pas avoir beaucoup d’orgueil.
Je n’veux pas juger ni la blâmer,
J’veux seulement témoigner.
Je ne suis pas certaine que je serais meilleure
Confrontée au même malheur.
Pour sûr, je ne suis pas voleuse
Et tellement plus orgueilleuse,
Mais est-ce que j’aurais plus de couilles
Pour faire face à la trouille
Qui naît du handicap,
De la différence qui frappe,
Peur du regard des gens
Qui se veut compatissant
Pour finir par se détourner
Sous prétexte que c’est trop dur à supporter ?
Quand ta femme t’aura quitté un sâle matin,
Ne lui cache rien de ta déception, de ton chagrin,
Afin qu’elle sache qu’en plus de la douleur qui te fracasse,
Elle t’a elle-même porté au coeur le coup de grâce.
J’aimerais encore te dire
Qu’il faut toujours croire en l’avenir,
Mais comment trouver les mots
Qui sonnent juste sans être faux ?

 

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Pour écouter ce slam, cliquer sur ici : wma premierslam.wma 

PREMIER SLAM

J’ai découvert le slam
Un soir de solitude ;
C’était comme de la came,
J’ai pris de l’altitude.
J’ai entendu Grand Corps Malade
J’comprenais rien à ses salades ;
J’me suis forcée à l’écouter
Et là, ses paroles m’ont scotchée.
Les keufs, les meufs, chelou et relou,
C’est sûr, j’comprenais pas tout,
Mais je captais l’essentiel,
Ecrire, pour moi, c’est naturel.
Alors j’me suis dit, faut qu »t’essayes,
Même si j’me trouvais un peu vieille.
Les rappeurs, les slameurs, les purs,
Vont me trouver nulle, c’est sûr !
Depuis je suis accro
Je slame en douce comme une clepto
Du matin au soir
Et même la nuit dans l’noir.
Au début c’était pas évident,
Je fais de la poésie depuis quarante ans,
De celle que l’on dit belle et classique,
La poésie académique,
Même si déjà dans mes poèmes
J’abordais différents thèmes :
L’amour, la mort, la maladie,
La guerre, le chômage et la pédophilie.
Mais pour quelqu’un comme moi
Qui a fait du carcan des règles un choix,
Ne plus respecter le sexe des rimes,
C’était un peu comme un crime.
Les mots qui circulent toujours dans ma tête
Se sont mis à danser, c’était la fête !
Plus de laisse ni de muselière,
Ils ont appris l’école buissonnière,
Plus d’obligation ni d’interdits,
Plus de maître en prosodie.
Seuls comptaient les mots qui claquent
Comme des coups de poing ou comme des claques
Pour qu’ils aillent droit au but,
Comme un bon coup de pied au cul !

*****************************************

 

SUR LA TOMBE D’UN ARBRE

J’attendais chaque année avec impatience
Le retour du printemps et des premiers crocus, 

Petits points de couleur au pied du vieux prunus,
Objet de mon plaisir et de ma surveillance. 

Car les fleurs de cet arbre offraient à l’horizon 
Une touche pastel au cœur de la grisaille,
L’usine où brillent seuls les éclats de grenaille 

Aux mains des ouvriers dans leur chaude prison. 

J’aimais, le contemplant, songer à d’autres choses,
Oublier mes chagrins, mes soucis et tourments, 

Puis revenir plus forte, après ces errements,
Vers les visages clos des collègues moroses. 

Mais la tempête, hélas ! me l’a déraciné ; 
Le cèdre du Liban, mis à terre de même,
N’a laissé que l’écho de sa douleur extrême 

Et je pleure ma part de rêve assassiné. 

Il ne reste qu’un trou, comme une plaie ouverte,
Où mon regard s’attarde, observant un corbeau 

Chercher sa nourriture au sein de ce tombeau,
Fragile souvenir d’une pensée inerte. 

 

***************************************

LES ECHOS DU NEANT 

Lorsque trempant ma plume au fond de ton silence 
Me revient en mémoire un poème de toi,
J’entends battre mon cœur sans comprendre pourquoi 

Car tu n’as pas nourri mes souvenirs d’enfance. 

Tous les ans j’espérais un cadeau de Noël,
Rêvant d’une poupée ou d’un ours en peluche, 

De papa, joli mot sur lequel je trébuche :
J’obtenais un baiser, pas même paternel, 

Et des vœux anodins formulés sur la carte 
Que tu me gribouillais, t’acquittant d’un devoir.
Il m’a fallu du temps pour ne plus t’en vouloir, 

Pour que la rancœur passe ou que je m’en écarte. 

Alors j’ai découvert un homme différent,
Acceptant de te voir sous les traits d’un poète ; 

Je ne connaissais pas tes yeux, ta silhouette,
Mais tu m’apparaissais, dans tes vers, transparent. 

J’ai tenté bien souvent de démêler l’histoire 
De ma naissance au sein d’un couple dévasté,
Mais tes alexandrins, mensonge ou vérité, 

Entretenaient le doute et l’art contradictoire. 

L’amour n’a pas jailli de mon premier regard,
Rien n’a jamais scellé nos rencontres furtives ; 

La tendresse et la joie en nos âmes captives
Auraient voulu bondir, mais il était trop tard. 

Peut-être un jour lointain, sur ton lit de souffrance, 
Aurais-tu des regrets ? Sans messe ni cercueil
Ton corps fut emporté. Tu m’as privé d’un deuil 

Et je trempe ma plume au fond de ton absence. 

***************************************

SONGE D’AMOUR

Je traverse avec toi l’espace et le temps vides, 
Souvenir récurrent du jeu des unités,
Mots dont le sens est mort pour nos corps habités 

Par le noir et l’oubli de nos âmes avides. 

L’espoir toujours déçu d’un baiser paternel
Se consumait au feu de l’incommensurable ; 

Mon cœur frappé jadis de ce mal incurable
De honte s’est brisé dans le désir charnel. 

Il m’a fallu te suivre au seuil de la souffrance 
Pour que la paix survienne au sein de la douleur ;
Une larme vermeille en tes yeux sans couleur 

A libéré d’un coup ma peine en survivance. 

Mais ton image fuit l’aube d’un jour nouveau
Qui sème ton parfum sur les rives du songe ; 

J’aimais croire au bonheur, l’amour fût-il mensonge
Et l’absence une fleur à l’ombre d’un caveau. 

*********************************

                                                                                                          Sonnet 
À ma mère

LES NON-DITS

 Le temps n’a pas brouillé les traits de ton visage ;
Comme je t’ai quittée, un dimanche matin, 

Je te retrouve en songe, en jupe de satin,
Quelques brins de muguet piqués dans ton corsage. 

As-tu le souvenir de ta fille en bas-âge, 
Abandonnée à ceux qui t’appelaient putain ?
La poupée aux yeux verts que je nommais catin 

Se taisait sous les coups quand je n’étais pas sage. 

Cinq ans d’adolescence à croire, à tes cotés,
Que l’amour se rattrape ;hélas ! les cœurs mâtés 

Ne savent plus s’épandre. Alors, je suis partie. 

Mes sentiments pour toi ne se devinaient pas,
Tu maquillais d’humour la peine ressentie ; 

Ainsi t’ai-je manquée au seuil de ton trépas. 

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Les cinq poèmes suivants ont été récompensés en novembre 2007 par l’Alérion d’or décerné au meilleur participant parmi les anciens Grand Prix des Poètes Lorrains :

LE CRI DES OMBRES 

La tête me tournait : j’ai fermé les paupières. 

Un homme se pencha pour ramasser des pierres,
Une arme redoutable au poing d’un révolté, 
Au nom de la justice et de la liberté, 
Pauvres mots bafoués dans un pays en guerre.
Un père pleure un fils qu’il ne connaissait guère
Mais que son peuple acclame en martyr idéal 
Pour secouer le joug du monde occidental.

Une femme cachée aux regards sacrilèges
Disparaît sous le voile. Infâmes sortilèges
Du mollah tout-puissant qui dicte aux musulmans 
Des versets détournés par quelques boniments, 
Sous couvert mensonger de la loi coranique.
Dame-chose immolée à la lutte islamique.
Des petits orphelins sans une larme aux yeux 
Sont les muets témoins de mon Noël joyeux. 
Ni bonhomme, ni rêne et point de cheminée
Pour ces laissés-pour-compte, enfance assassinée.

Les huîtres fleurent fort et le saumon sent bon,
Dans le four se prépare une dinde, un chapon ; 

Le champagne pétille au son des mitraillettes 
Et des gouttes de sang ternissent nos paillettes.
Le rire et les sanglots se livrent un combat
Sans même devenir le sujet d’un débat, 
Et j’entends des cailloux jetés dans nos soupières.

Le cœur me débordait : j’ai rouvert les paupières.

REVEILLON

 Ce soir il faudra rire et paraître joyeux,
Vouloir faire la fête et détourner les yeux
De la misère et de la mort environnantes. 

Je devrai rester sourde aux bombes détonantes, 
Aveugle aux attentats, aux suicides masqués
Sous des actes mortels de criminels manqués. 
Lorsque les douze coups sonneront aux églises,
Le chemin de l’amour éclairé de balises 
Conduira-t-il au port de la paix, les soldats ?
Pour finir en martyr, combien de candidats
Répondront cependant à l’appel de la guerre,
Qu’elle soit dite sainte ou simplement vulgaire ?


Le dernier jour se meurt, vive le Nouvel An ! 
Je trinque à l’avenir avec un faux élan.
Ô charme de l’hypnose ! étends sur moi tes voiles
Et ne laisse passer que le feu des étoiles
Puis des baisers ardents pour conjurer le sort 
Jeté sur l’univers lorsque le diable sort. 
Entre la bûche et le café, valsons ensemble ;
J’accuserai l’ivresse et l’émoi si je tremble, 

Non la honte de fuir les peuples à genoux.
Et vous, mes disparus, venez vous joindre à nous,
Sortez de vos tombeaux, renaissez de vos cendres,
Et mêlez votre voix à nos paroles tendres.

LA MER EN NOIR ET BLANC

Le soleil se reflète en flaques argentées,
Innombrables miroirs où se perd mon regard,
Dans les eaux de la mer aux couleurs tourmentées
Et si je l’aime tant, ce n’est pas par hasard. 

J’ai comme elle un penchant pour l’outrance et le calme, 
Balancement d’autiste et cadences des flots ;
Sa rage me fascine et sa beauté me charme,
Enfer et paradis au cœur des matelots. 

Le gris du ciel ressemble aux teintes de l’ardoise 
Des toits bretons barrant la ligne d’horizon ;
Un cormoran perché sur un écueil me toise,
Etonné de nous voir, touristes hors-saison. 

L’écume ivoire coiffe une vague anthracite 
Qui roule ses galets comme dansent mes vers, 
Créés pour l’océan que tout bas je récite
Tel un hommage sobre aux dieux de l’univers.

 

UNE ROSE AU VENT

Le ciel a revêtu son uniforme gris
Pour penser aux défunts, pour annoncer novembre,
Et j’écoute la pluie au carreau de la chambre 
Me parler du chagrin, des pleurs des cœurs aigris. 

Ces larmes de cristal qui ruissellent dans l’ombre,
Comme une source pure où naîtrait l’univers, 
Sont des puits de souffrance éclaboussant de vers
Mes rêves éveillés au fond desquels je sombre. 

J’entends venir à moi le cortège des morts
Qui chaque année augmente et me laisse pensive :
La vanité d’écrire et l’espoir que survive 
L’écho de mon esprit valent-ils tant d’efforts ? 

Mes fantômes s’en vont dans un rai de lumière
Rejoindre leur royaume à l’envers du soleil ;
Ultime souvenir avant le grand sommeil, 
Dans le vent se balance une rose trémière.

PENSEES MARINES

L’océan, vague à vague, enfle son corps d’azur
Et son chuchotement sur les chemins pervenche
De l’immensité bleue où mon âme se penche 
Enivre mon cœur lourd d’un concert triste et pur.

La houle me raconte un carnet de voyage
Ecrit par les embruns, dicté par tous les vents, 
Dessiné par l’éclat d’autres soleils levants,
Parfumé par l’essence ancrée en son sillage. 

Le cri des goélands me chante l’amour fou
Qu’éprouve pour la mer le marin solitaire,
Plus fort que le désir de prendre femme à terre, 
Pour qui la bague au doigt vaut une corde au cou. 

Et de la lande vient jusqu’à moi le murmure
Des sanglots qu’une fille étouffe dans son sein ; 
Le message confus que j’ignore à dessein
Cogne au silence d’or dans lequel je m’emmure. 




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