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Joyeux suicide et bonne année !

Joyeux suicide et bonne année Roman de Sophie de Villenoisy

Sylvie, 45 ans, juriste, se retrouve très seule après la mort de son père. Plus de parents, pas d’enfants, pas de famille, peu d’amis, pas d’amant, même pas un chien ou un chat pour fêter ses retours du bureau. Du coup, elle travaille beaucoup. Mal dans sa peau, sans passé glorieux ni avenir réjouissant, elle vivote. Un jour, elle se réveille avec une décision : elle se suicidera le jour de Noël sans informer quiconque.
Pour l’aider à surmonter son deuil, son amie (la seule) Véronique lui conseille de consulter un psy. Sylvie choisit Franck, le plus proche de son domicile. Plutôt bel homme, ses méthodes insolites étonnent la jeune femme et mettent du piment dans sa vie. Ils ont deux mois jusqu’à la date fatidique. Franck réussira-t-il à faire changer sa patiente d’avis ?
Un petit livre plein d’humour qui traite pourtant d’un sujet très actuel et infiniment sérieux et triste. Et pourtant, on sourit et on rit même !
On passe vraiment un bon moment avec cet ouvrage écrit dans un style très moderne.
A lire absolument.

Le bachelier

Bachelier Roman de Jules Vallès

Jacques Vingtras, « l’enfant » de Jules Vallès, est toujours le personnage principal de ce tome II de la trilogie.
Baccalauréat en poche, il quitte Nantes pour Paris, enfin libre, plein de haine pour la bourgeoisie et aux fortes convictions républicaines. Son enfance difficile et ses rapports conflictuels avec son père lui ont fait prendre l’enseignement en grippe. Refusant violemment d’être asservi comme son géniteur, il rêve de devenir ouvrier. Mais les patrons se méfient d’un garçon trop vieux (dix-sept ans) et trop cultivé.
Pour survivre, Jacques accepte n’importe quelle tâche et avec ses amis, il refait le monde et notamment le coup d’État manqué contre Louis Napoléon Bonaparte, au cours duquel lui et ses amis n’ont pas réussi à entraîner les ouvriers dans un mouvement de révolte et de défense de la démocratie. Mais la malchance l’accable et il ne semble jamais faire l’affaire dans les petits métiers ingrats qu’il exerce. Il est toujours pas assez ceci ou trop cela. Au bord de la misère et encore mineur, il n’a d’autre choix que retourner à Nantes et vivre chez ses parents.
Lorsqu’il revient dans la capitale, bien des choses ont changé. Ses anciens camarades sont moins engagés dans la lutte politique, sa fiancée en aime un autre. Au gré d’une rencontre, il essaie de percer dans le journalisme, mais ses articles trop sulfureux effraient ses employeurs.
Après la séparation de ses parents, Jacques rend visite à sa mère qui espère le marier avec une jeune fille qui dit l’aimer depuis longtemps déjà et le convaincre à accepter d’entrer dans l’enseignement. Le jeune homme, un peu désabusé et fatigué par tant de pauvreté, va-t-il baisser les bras et accepter de s’engager finalement dans la vie bourgeoise qu’il a tant décriée ?
Ecrit avec un humour grinçant, cette suite parvient toutefois difficilement à me passionner… L’auteur en fait trop, son personnage perd en crédibilité.

L’enfant

L'enfant Jules Vallès   Roman de Jules Vallès

Autobiographie ou roman de fiction, ce récit est l’histoire d’un enfant maltraité, physiquement et psychologiquement.
Fils d’un professeur de collège mal considéré et d’une paysanne bornée, bête et méchante, Jacques Vingtras subit les coups et les humiliations avec le stoïcisme de tous les enfants battus qui assimilent les coups à des marques d’attention et qui souvent mettent longtemps à comprendre que le comportement de leurs parents n’est pas normal. Le petit Jacques aime ses parents et est convaincu qu’ils l’aiment en retour puisqu’ils le frappent « pour son bien ». Il est alors très étonné de découvrir que ses camarades ne reçoivent pas tous gifles et coups de fouet et il les plaint même d’avoir des parents aussi peu aimants ! Vers la fin de l’adolescence, alors qu’il séjourne à Paris, il cherche à s’émanciper, après avoir enfin compris qu’il était préférable pour lui de se séparer de ses parents afin qu’ils l’aiment un peu moins !…
Ecrit dans un style grinçant, avec un humour qui met le lecteur souvent mal à l’aise, cet ouvrage est celui de la maltraitance universelle et intemporelle.

Charlie Hebdo n°1227

Charlie Hebdo 1227
J’adore !!! C’est typique l’humour de Charlie Hebdo, à ne pas prendre au premier degré !!!

Je reçois toujours le journal alors que je n’ai pas renouvelé mon abonnement… :)

Il y a 76 ans…

Desproges44Le 9 mai 1939 naît Pierre Desproges, humoriste français, réputé pour son humour noir, son anticonformisme virulent et son sens de l’absurde.
Homme de radio, il anime plusieurs émissions avec Thierry Le Luron puis Claude Villers de 1978 à 1983.
En parallèle, en 1978 et 1979, il écrit une chronique pour le journal Charlie Hebdo.
Pierre Desproges était aussi homme de théâtre et de télévision.
Il décède en avril 1988 des suites d’un cancer.

Le premier numéro de Charlie Hebdo après l’attentat

Charlie Hebdo uneSi tu es Charlie, achète le prochain numéro du journal, ou mieux, abonne-toi pour trois mois, six mois ou un an. Après, tu verras bien si tu renouvelles, en fonction de ta sensibilité à l’humour et à l’esprit du journal. Je pense qu’acheter Charlie Hebdo demain et les semaines suivantes n’est pas une déclaration de foi mais un acte citoyen.

Balade en Alsace bossue

Pour clore la saison de notre association Cercle des Arts Laxou-Champ-le-Boeuf dont Monique est la présidente et moi-même la secrétaire, nous avions organisé ce samedi de Pentecôte une excursion d’une journée en Alsace bossue, cette excroissance au nord ouest de l’Alsace qui empiète géographiquement sur le plateau lorrain.
Première visite : l’habitat troglodytique à Graufthal avec un guide local.
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Ces maisons n’ont pas été taillées dans la roche, mais les habitants ont profité d’excavations naturelles dans la paroi rocheuse pour construire leurs maisons. Ainsi, ils économisaient les murs et tout ou partie du toit ; ils n’avaient plus qu’à aménager la façade.
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L’aménagement est plutôt rudimentaire… mais dans l’une des trois maisons, habitées encore dans les années 50, le sol est recouvert d’un plancher et elle est équipée de l’électricité !
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Les outils sont pareillement rudimentaires et il faut aller puiser l’eau à la fontaine du village, en contre-bas des maisons troglodytiques.
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Pour passer d’une habitation à une autre, un passage étroit. Ici, on a sauté un siècle en arrière !!!

Nous reprenons le bus pour nous rendre à Schoenbourg où Rodolphe, notre guide accompagnateur durant toute cette journée, nous présente l’habitat rural ancien avec les différentes portes plus ou moins richement décorées où il importait qu’elles se distinguent les unes des autres !
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L’habitat rural, traditionnellement flanqué d’une écurie et d’une étable, se caractérisait par le nombre des fenêtres : plus il y en a, plus le propriétaire est riche !
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Après le déjeuner à l’auberge d’Imsthal où nous avons la chance de pouvoir profiter de la terrasse tant il fait chaud, nous allons visiter La Petite Pierre, sa ville haute et son église richement pourvue de fresques et de pierres tombales:
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Pour finir cette belle journée à la fois culturelle et récréative dans une ambiance conviviale avec un guide passionné par l’histoire de sa région natale et doté d’un humour très apprécié de tous, nous allons à Domfessel pour visiter son église fortifiée du XIVe siècle :
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Dans un aussi petit village, l’édifice impressionne.

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Dans la tour, accessible par un escalier en colimaçon étroit et aux marches usées et inégales, nous accédons à la machinerie du clocher.

Nous quittons l’Alsace bossue vers 17h30 pour rejoindre Laxou.
Après cette journée de canicule et d’activité autant physique qu’intellectuelle, nous sommes tous bien fatigués mais très contents de cette superbe journée.
Merci à Rodolphe pour ses commentaires et le partage de sa passion, et à Monique pour les photos. Pour voir toutes les photos, cliquer sur l’album ci-dessous :

Alsace bossue 06/14
Album : Alsace bossue 06/14

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Bien arrivées…

… en Bretagne après un week-end prolongé chez ma meilleure amie Jeannette et son compagnon Philippe à la Ferté-Bernard.
Un séjour chez Jeannette, c’est à la fois épuisant et très reposant. Epuisant car Jeannette est de ces personnes qui parlent tout le temps ! De la minute où elle s’éveille à la seconde où elle s’endort. Et encore ne serais-je pas étonnée d’apprendre qu’elle parle en dormant ! Elle parle de tout, commente tout et a un avis sur tout ! S’il n’y a personne à qui elle puisse s’adresser, elle fait alors la conversation aux animaux et si ceux-ci ne sont pas à portée de sa voix… eh bien !… Jeannette chante ! Mais reposant car chez Jeannette, on se couche entre 23h et minuit, autrement dit, pour nous, comme les poules !!! Même si nous avons un peu lu avant d’éteindre la lumière, autant vous dire que nous avons fait une cure de sommeil !
Mais le plus appréciable chez Jeannette, outre le fait qu’elle nous a gâtées sur le plan culinaire, c’est la liberté avec un grand L. Moi qui stressais à l’idée de rester quatre jours sans Internet, Jeannette me dit d’emblée, dès notre arrivée, que l’ordinateur était à notre disposition ! Obligée à rien, empêchée de rien, quoi demander de plus ? Chez Jeannette, on peut s’isoler pour lire et surfer sur Internet sans craindre les reproches ni le comptage des minutes ! Elle fait confiance à la bonne éducation de ses hôtes pour qu’ils n’abusent pas de cette liberté et c’est bien !

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Le soir, avant le coucher, Jeannette s’attaque aux nœuds qui se sont formés dans la journée autour des oreilles de Hella qui a vite compris qu’avec cette personne qui adore les animaux, il est inutile de regimber !…

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Quant à Philippe, il est tout simplement tombé raide dingue amoureux de Hella qui en profite pour se faire porter en fin de promenade !

Merci Jeannette et Philippe pour votre sens de l’hospitalité, votre bonne humeur, votre humour, votre tolérance, votre générosité… Bref, nous reviendrons avec plaisir !

Immortelle randonnée – Compostelle malgré moi

Immortelle randonnée - Compostelle malgré moi dans Livres lus immortelle-randonnee-150x150 Récit de voyage de Jean-Christophe RUFIN

Ce livre n’est pas un roman, mais le récit du pèlerinage que l’auteur a effectué jusque Saint-Jacques de Compostelle.
Parti de Hendaye, il a effectué plus de huit cents kilomètres, en empruntant l’itinéraire côtier, le Camino del Norte, plus sauvage et beaucoup moins fréquenté que le mythique Camino Frances. On le suit ainsi durant son périple qu’il nous raconte par étape, sans fioritures. Il nous parle de sa motivation, finalement assez floue et qu’il explique par une quasi nécessité qui s’est imposée à lui, de son optimisme du départ et des phases de découragement qui ont vite suivi. Il évoque la brutale métamorphose de l’homme social – il est médecin et fut ambassadeur – en une sorte de sous-homme, proche de l’animal, qui n’a bientôt plus en tête qu’à se nourrir, s’abreuver, s’abriter et se soulager dans la nature… Mais il nous confie aussi son cheminement philosophique sinon religieux, son détachement progressif de tout ce qui semble important à l’homme moderne, sa totale communion avec la nature. Son chemin de Compostelle n’est pas un long fleuve tranquille ni une carte postale pour tout candidat pèlerin qui rêve de prendre son sac à dos et son bâton pour effectuer à son tour ce périple qui se révèle être bien plus qu’une randonnée pédestre.
Dans son livre, Rufin donne une foule de conseils sur la façon de préparer et d’aborder le pèlerinage sans doute le plus célèbre au monde, mais il en expose aussi les éventuels écueils à en attendre. Il brosse également une galerie de portraits de tous les types de pèlerins qu’il est possible de rencontrer sur le Chemin, aux motivations diverses et variées.
Ecrit avec beaucoup d’humour et une bonne dose d’autodérision, ce livre n’est pas un journal de bord, rédigé chaque soir à l’étape, mais un récit qui rassemble les souvenirs qui ont émergé, quelque temps après le retour du pèlerin, autrement dit la quintessence de son chemin.

Le caveau de famille

Le caveau de famille dans Livres lus le-caveau-de-famille-150x150 Roman de Katarina MAZETTI

C’est la suite du livre à succès « Le mec de la tombe d’à côté ». On retrouve donc les deux personnages principaux : Désirée, bibliothécaire et citadine convaincue, et Benny, paysan et campagnard dans l’âme.
Ils s’étaient rencontrés au cimetière : l’une rendait régulièrement visite à son époux brutalement décédé et l’autre allait fleurir la tombe de sa mère. Malgré leurs différences, ces deux-là étaient tombés amoureux et, à défaut de partager des centres d’intérêt, ils partageaient une véritable passion sexuelle ! À la fin du livre, ils s’étaient néanmoins séparés, aucun des deux ne souhaitant faire un pas vers l’autre. Il faut que dire que pour Benny, avec sa ferme et ses vaches, ce n’était pas du tout évident. Quant à Désirée, dite la Crevette, elle ne se voyait pas en fermière…
Au début du tome deux, on retrouve donc Désirée, titillée par son désir d’enfant. Et comme géniteur, elle ne voit pas un autre homme que… Benny ! Le fermier entretemps s’est résolu à se mettre en ménage avec sa cousine Anita… dont il n’est pas amoureux mais qui se montre à la ferme et dans la maison d’une efficacité convaincante.
Désirée propose donc un marché à Benny : ils feront trois essais et si elle ne parvient pas à tomber enceinte, elle disparaîtra à tout jamais de son existence. Alors quand le test s’avère positif, Benny donne congé à sa cousine
sans grand remords et accueille celle qu’il a toujours surnommée « la crevette » ! Et Désirée saute le pas : elle vend son appartement et emménage dans la ferme ! Elle ne quitte toutefois pas son emploi…
Après un premier fils naît à peine un an plus tard un deuxième, puis… Désirée est plus féconde que la meilleure vache reproductrice de Benny !
L’effet de surprise du premier roman n’agit bien sûr pas dans le deuxième ! L’histoire est plus conventionnelle et l’humour un peu moins efficace. Mais on passe quand même un bon moment !

Le testament d’Ariane

Le testament d'Ariane dans Livres lus le-testament-d-ariane-150x150Roman de Françoise BOURDIN

Dans les Landes, une vieille dame s’apprête à faire son testament. Ariane Nogaro, descendante d’une grande famille d’exploitants résiniers, a vécu douloureusement la ruine de son père et la vente de la propriété familiale. Elle avait alors dix-huit ans et s’était juré de racheter la maison. Elle s’y emploiera durant toute sa vie, avec la seule arme dont elle dispose : la séduction. Une fois de nouveau propriétaire de sa chère bastide, elle invite son jeune frère Gauthier avec son épouse Estelle et leurs quatre enfants, deux garçons et deux filles. Mais Gauthier n’a jamais aimé cette grande bâtisse perdue au milieu de la forêt proche de l’océan. La seule qui semble sensible à la beauté et l’élégance de la bastide et des objets qu’elle recèle est Anne. Elle est aussi la seule à avoir toujours montré de l’affection envers sa tante qui passe pour une folle auprès des autres membres de la famille. Aussi Ariane a-t-elle décidé de faire de cette nièce son unique héritière.
Anne vit alors avec son mari, vétérinaire associé dans un village à l’intérieur des terres, Castets, à une vingtaine de kilomètres de Dax, et leur fils unique Léonard. Afin de concilier vie professionnelle et vie familiale, Anne a repris à mi-temps et à domicile une activité de comptable indépendant. Régulièrement, elle rend visite à sa tante qu’elle apprécie pour son originalité et son humour. Anne ne s’interroge guère sur son existence ; elle aime son mari et il lui a paru normal de l’aider à réaliser ses projets : investir dans une clinique vétérinaire et construire un petit pavillon.
Lorsqu’elle se retrouve seule héritière de la bastide des Nogaro avec un petit pécule en prime pour pouvoir s’acquitter des droits de succession, Anne ne se doute pas des conséquences désastreuses du testament d’Ariane. Car elle va devoir affronter la jalousie et la rancœur dès lors qu’elle décide de garder la bastide au lieu de la vendre comme chacun s’y attend. La famille se divise alors en deux camps…
Une belle histoire familiale en deux tomes pour un très agréable moment de lecture.

Croisière en Baltique : J+5 Saint-Pétersbourg

Jeudi 6 septembre, nous arrivons à Saint Pétersbourg, le clou de la croisière, l’escale qui a guidé notre choix. La veille au soir, nous avons encore avancé nos montres d’une heure, soit deux heures par rapport à la France. Le départ en excursion est prévu à 7 h 00… il faut donc se lever à 5 h 00 !!! Mais au final, nous ne partons qu’à 7 h 45… Notre guide, Svetlana, parle un excellent français et a également beaucoup d’humour.
La circulation en centre-ville est assez dense et il nous faut un  certain temps pour atteindre la ville de Pouchkine, initialement Tsarskoïe Siélo, où se trouve le palais Catherine. Un ensemble de cinq musiciens nous accueille.
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En 1710, le tsar Pierre le Grand offre à son épouse, la future reine Catherine 1ère, une métairie située dans une forêt au sud de Saint Pétersbourg. Elle y fait construire une demeure assez modeste qui sera la résidence d’été des tsars. Sa fille Elisabeth fera édifier à sa place un somptueux palais baptisé Catherine. Francesco Bartolomeo Rastrelli, architecte italien né à Paris et mort à Saint Petersburg, en achève la construction en 1756. L’intérieur est magnifiquement aménagé par lui-même puis par l’architecte écossais Cameron. En 1937, la ville est rebaptisée Pouchkine en mémoire au célèbre poète russe.
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Fort endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale, le palais est aujourd’hui entièrement restauré. C’est une splendeur. Lorsque je découvre ce palais monumental surmonté de clochers bleus à bulbes dorés, une énorme vague d’émotion me saisit. Je suis bouleversée par tant de beauté. La vue de cette façade bleue et blanche rehaussée de dorures, longue d’environ trois cents mètres et ornée d’inombrables Atlantes, est absolument saisissante. Je reste pétrifiée, une main sur la bouche et la poitrine presque douloureuse à cause des battements de mon coeur.
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Les salles sont somptueuses…
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Les panneaux d’ambre qui ornaient le fameux « Salon d’Ambre » n’ont cependant jamais été retrouvés après le pillage par les troupes allemandes et de nouveaux panneaux d’ambre recouvrent les murs depuis 2003. Cette pièce est fascinante.

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Nous continuons la visite des salons dont la beauté est à couper le souffle.
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Nous sortons du palais et effectuons une petite promenade dans le parc gigantesque où Catherine fit aménager des pavillons et des jardins à l’anglaise autour du grand étang. Nous pouvons ainsi voir le palais avec un peu de recul.
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Dans un de ces bâtiments, nous sommes accueillis par un trio de chanteurs qui entonnent un chant russe traditionnel. Très émouvant…

Après toutes ces émotions, je ne suis pas mécontente d’aller déjeuner ! Il s’agit d’un repas typiquement russe (crudités, soupe, émincé de poulet en sauce et riz, boule de glace). Le tout est arrosé d’un petit verre de vodka que j’avale, non pas cul sec, mais quand même en entier après y avoir versé une cuillérée de sucre en poudre pour adoucir le feu de l’alcool.

Après le déjeuner, nous reprenons le bus pour poursuivre notre visite de Saint-Pétersbourg. Au programme, la cathédrale orthodoxe Saint-Isaac, l’Hermitage et la forteresse Pierre et Paul.
Nous passons devant le palais d’hiver dont fait partie le musée de l’Hermitage.
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Nous arrivons à Saint-Isaac. Lors de sa construction entre 1818 et 1858, elle était la plus grande église de l’empire russe. C’est aujourd’hui une des plus vastes cathédrales d’Europe, la troisième après Saint-Pierre de Rome et Saint-Paul de Londres dont elle est inspirée. Elle a été érigée d’après des plans de l’architecte français Auguste de Montferrand.
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Les portes monumentales pèsent plusieurs tonnes et sont finement sculptées.
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De nombreux tableaux ornent l’intérieur de l’édifice. En s’approchant, on réalise qu’il ne s’agit pas de peinture mais de mosaïque !
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En sortant, nous passons devant la statue équestre de Pierre 1er.
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Puis nous entrons dans le musée de l’Hermitage qui contient plus de mille salles et près de trois millions d’objets dont seize mille tableaux des plus grands maîtres du monde. Bien sûr, nous n’en verrons qu’une infime partie durant les deux heures dédiées à cette visite. Dans le bus, la guide attire notre attention sur la présence de nombreux pickpockets. A peine arrivés, elle nous signale la présence de plusieurs hommes qui semblent effectivement à l’affût… Du coup, on devient un peu paranoïaque et pendant quelques minutes, nous sommes davantage occupées à dévisager les gens qu’à regarder les splendeurs qui nous entourent. Une fois rassurées sur l’arrimage de nos « bananes » dissimulées sous nos vestes, nous dégustons la visite. C’est superbe ! Les plafonds et les parquets de chaque salle rivalisent de beauté entre eux. Je ne m’attarde guère sur les peintures – que l’on peut découvrir dans d’autres musées – pour savourer la vue des colonnes en marbre et en malachite, les lustres colossaux, les sculptures monumentales, les vases gigantesques. Ici comme au Palais Catherine, tous les superlatifs sont d’usage !
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Malgré la fatigue qui commence à se faire sentir, nous suivons volontiers notre guide qui nous emmène en bus à la forteresse Pierre et Paul, fondée en 1703 au bord de la Neva. Elle servit de prison pour Dostoïevski et Trotsky et abrite les sépultures de la dynastie des Romanov. La flèche culmine à plus de cent vingt mètres.
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Malheureusement, le temps presse et nous repartons en bus pour un dernier arrêt technique et achat de souvenirs avant de rejoindre le port et le bateau qui quitte Saint Petersburg à 19 h 00. Nous pouvons acheter des cartes postales que nous payons en euros ; en revanche, pas de timbres. Nous confions nos cartes à Svetlana avec le prix des timbres afin qu’elle les poste pour nous. Il faut compter trois semaines… Avis à Stefan, Jeannette, Sylviane et quelques autres…
Avant de nous faire ses adieux, Svetlana nous dit que Rembrandt aurait prétendu qu’il y a toujours une bonne raison de revenir à Saint-Petersburg. Personnellement, je n’en doute pas ! Il y a encore tant à découvrir dans cette ville magique…
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Croisière en Baltique : J+5 St-Pétersbourg
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Les Jolis Garçons

Les Jolis Garçons dans Livres lus Les-jolis-garçons-150x150 Roman de Delphine DE VIGAN

Emma Pile est une jeune femme célibataire, la trentaine, journaliste dans la presse écrite.
Elle tombe éperdument amoureuse de Marc, célèbre avocat. Cet amour passionnel va tourner à l’obsession puis aux portes de la folie avant de la conduire à l’hôpital psychiatrique.
Puis elle rencontre Ethan, écrivain à succès. Mal marié avec une femme qui refuse de lui rendre sa liberté, il voit en Emma l’opportunité de supporter son couple qui part à la dérive.
Enfin, elle rencontre Milan, un animateur télé, coqueluche de la chaîne et des ménagères de moins de cinquante ans. Cette fois, la jeune femme est bien décidée à ne pas tomber dans le panneau d’une nouvelle histoire sans espoir d’un avenir stable. Elle regimbe avant de finalement tomber sous le charme de cet homme au moins aussi fantasque qu’elle.
Ce roman est en fait constitué de trois nouvelles, sans rien entre chaque histoire d’amour. On ignore même le temps qu’il s’est passé entre chaque rencontre. Mais l’écriture, sur un sujet aussi grave que l’amour passionnel et la folie amoureuse, est presque légère, avec des pointes d’humour et des phrases superbes, qui font rire le lecteur s’il ne fond pas en larmes… Par exemple celle-ci : « Apprendre à dire non est un travail de plusieurs années ; apprendre à dire non plusieurs fois de suite relève de la compétition.»
On retrouve dans ce petit livre, ou ces trois nouvelles, la plume alerte de Delphine de Vigan qui excelle dans l’art de décrire des situations graves sans tomber dans le pathos, en assaisonnant son récit dramatique de situations cocasses et de petites phrases drôles qui font passer la pilule. Car les personnages de cet auteur sont toujours un peu sur le fil du rasoir, « borderline » comme on dit aujourd’hui, et on ne sort pas indemne d’une telle lecture…
À découvrir.

Le mec de la tombe d’à côté

Le mec de la tombe d'à côté dans Livres lus Le-mec-de-la-tombe-dà-côté-150x150 Roman de Katarina MAZETTI

Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son époux, décédé bien trop tôt, après seulement quelques années de vie maritale. Elle y rencontre souvent Benny, un homme d’une bonne trentaine d’années qui vient se recueillir sur la tombe de ses parents.
Elle, citadine jusqu’au bout des ongles, et lui fermier convaincu malgré la rudesse de la vie paysanne, ne voient que leurs différences. Elle est agacée par son apparence rustre et le soin qu’il apporte au fleurissement de la pierre tombale tapageuse. Il est irrité par le physique sec et terne de cette voisine de cimetière qui incarne tout ce qu’il déteste chez une femme.
Et puis un jour, leurs regards vont vraiment se croiser et un sourire va faire fondre tous les préjugés. L’un et l’autre vont se sentir happés par le désir et balayés par une vague qui va les emporter bien au-delà de cette attirance charnelle. Mais ce violent coup de foudre va se transformer en choc des cultures, des goûts, des idées et des conceptions de la vie. Désirée la bibliothécaire va découvrir une ferme à la limite de la malpropreté et Benny va entrer dans le monde aseptisé d’un appartement au décor blanc minimaliste. Alors qu’il rêve d’une soirée à regarder avec elle un film grand public, elle l’invite à l’opéra, alors qu’il lui expose le problème de l’insémination de ses vaches laitières, elle évoque Lacan. Bref, ces deux-là s’aiment comme des fous mais ne sont jamais sur la même longueur d’ondes. Difficile, dans ces conditions, d’envisager un avenir commun…
Ce roman est une petite merveille. Ecrit sous la forme d’un journal à deux voix, on examine tour à tour le point de vue féminin puis masculin. C’est écrit avec beaucoup de tendresse et une tonne d’humour, avec des expressions hilarantes pour décrire des situations cocasses.
A lire absolument.

 

Merde alors !

En allant travailler cet après-midi, je suis tombée à quelques dizaines de mètres de chez nous sur un étrange écriteau. Je n’ai pu résister à l’envie de le prendre en photo. L’image est un peu tronquée car à cause du soleil, je ne voyais rien sur l’écran de mon téléphone, mais l’essentiel y est (Merci pour le cadeau. Tous les jours, c’est trop !!!). Je trouve que ces propriétaires ont beaucoup d’humour et j’espère que leur message sera entendu. Les sacs à crottes sont justement faits pour les chiens ! Nous ne quittons jamais la maison avec Véga en laisse sans nous assurer que nous en avons dans la poche.
Merde alors ! dans Humour merde-de-chien

Intouchables

intouchablesintouchables021120118a.jpg Film d’Olivier Nakache et Eric Toledano avec François Cluzet, Omar Sy, etc.

Philippe, aristocrate, vit dans un hôtel particulier. Il souhaite embaucher un homme pour l’aider dans son quotidien. En effet, il est tétraplégique depuis un accident de parapente. Paralysé du cou à la pointe des pieds, il vit dans le souvenir de son épouse décédée après une longue maladie.
Driss, l’ainé d’une famille très nombreuse, vit dans une banlieue populaire. Afin de bénéficier des indemnités de chômage, il doit faire signer un formulaire attestant de sa présence à la convocation. Persuadé qu’il ne peut faire l’affaire et pas vraiment intéressé par le job, il accepte de laisser son document pour que Philippe, l’employeur potentiel, le signe en toute tranquillité. Avant de quitter la demeure luxueuse, il dérobe un œuf de Fabergé qu’il offre à sa mère.
Lorsqu’il revient le lendemain, à sa grande surprise, Philippe lui propose de l’embaucher en ajoutant : « De toute façon, vous ne tiendrez pas quinze jours ! ». Driss relève le défi, soulagé de trouver le gîte et le couvert puisque sa mère, excédée par la conduite irresponsable du garçon, l’a mis à la porte. Cependant, les tâches qui l’attendent sont parfois au-dessus de ce qu’il pense pouvoir supporter…
Philippe en revanche est ravi. L’humour décapant et la joie de vivre de ce grand Noir lui font du bien et il en redemande. Avec Driss, il revit et il se marre. Quand le jeune homme découvre que son patron et presque ami entretient une relation épistolaire avec une jeune femme, il décide de prendre l’affaire en main…
Un film extrêmement drôle sur un sujet pourtant ô combien délicat, d’après une histoire vraie. Les blagues de Driss, comme le fameux « pas de bras pas de chocolat », sont pour l’homme handicapé plus qu’un coup de fouet. Grâce à l’humour décapant du jeune homme, l’homme blessé dans son corps comme dans son âme va retrouver goût à la vie et se sentir de nouveau debout dans sa tête.
L’humour et l’émotion sont déversés à justes doses et les deux acteurs principaux sont très crédibles dans leurs rôles. A voir absolument et pourquoi pas, même revoir !

Le voleur d’ombres

levoleurdombres.jpg Roman de Marc LEVY

Un jour, le monde du narrateur – qui n’a pas de nom – s’écroule : son père quitte la maison. Ce même jour, il avait découvert un étrange pouvoir : il lisait dans le cœur des autres en chevauchant leur ombre. Alors qu’il s’apprêtait à confier ce secret à son père, celui-ci s’en allait, les laissant, lui et sa mère, dans la peine. Durant toutes les années de son enfance et de son adolescence, il a attendu la visite de son père qui n’est jamais venu le voir, ainsi qu’il l’avait promis. Alors il se raccroche à sa mère et à son ami Luc, le fils du boulanger. Un jour, en vacances avec sa mère au bord de la mer, il fait la connaissance de Cléa, une petite fille sourde et muette. A la fin de la semaine, il lui promet de revenir l’année suivante. Malheureusement, il n’a jamais pu honorer cette promesse car sa mère et lui ne sont jamais retournés en vacances à cet endroit.
Devenu adulte, il part étudier pour devenir médecin. Il rencontre Sophie. Depuis l’enfance, il ne parle plus beaucoup avec les ombres ; pourtant, une fois, il parvient grâce à son étrange pouvoir à deviner le secret d’un petit garçon qui se laisse mourir de faim. Il conquiert ainsi le cœur de Sophie. Mais leur relation a du mal à prendre son envol, même s’il emmène la jeune fille dans son village pour qu’elle fasse la connaissance de sa mère et de son meilleur ami à qui il propose de venir réaliser son rêve : étudier la médecine. Les deux garçons et la jeune fille forment un trio aux sentiments ambigus et aucun ne semble vraiment heureux.
Et puis un jour, alors qu’ils sont tous les trois dans une station balnéaire, le passé remonte à la surface et tout bascule. Il se souvient de cette plage, de ce phare, de ce petit garçon qu’il était manipulant un cerf-volant, et cette petite fille, Cléa…
Dans ce roman, humour et émotion alternent avec bonheur et le lecteur qui apprécie l’univers imaginaire de l’auteur entrera sans difficulté dans la peau du personnage qui a en lui plus d’humain que de surnaturel.
Un très bon Marc Lévy, peut-être le meilleur.
 

Absolument dé-bor-dée !

absolumentdebordee1.jpg ou le paradoxe du fonctionnaire. Récit de Zoé Shepard

Après huit ans d’études, la narratrice intègre une mairie de province comme chargée de mission. Mais son enthousiasme du début va vite tomber à plat lorsqu’elle se rend compte dans quel univers ubuesque elle est tombée. Les personnes les moins compétentes sont à l’encadrement et les collaborateurs rivalisent de stupidité et de paresse. Alors qu’une tâche requiert au maximum deux heures de travail, on lui donne un délai de deux semaines. Entre son chef surnommé Simplet et la collaboratrice de celui-ci surnommée Coconne, Zoé Shepard fait ce qu’elle peut pour garder un minimum de conscience professionnelle et désespère de s’épanouir dans son boulot quand les 35 heures ne se font pas en une semaine mais en un mois.
Ce livre, écrit à la première personne du singulier, se lit très vite et si on rit parfois aux anecdotes rapportées par l’auteur, on finit quand même par s’ennuyer car les trois cents pages de ce livre ne sont qu’une accumulation d’anecdotes redondantes écrites, qui plus est, dans un style assez lassant et assez peu littéraire.
On peut aussi reprocher à Zoé Shepard le ton très condescendant qu’elle emploie de la première à la dernière page et son humour qui vire au mépris et à la cruauté verbale pour parler de ses collègues, supérieurs et subalternes dont aucun, sauf une à qui elle dédie à peine une page tout compris, ne semble lui arriver à la cheville. Dans son environnement professionnel, tout le monde est con, à un tel point que cela en devient suspect…
On peut aussi lui reprocher d’avoir réalisé une caricature du fonctionnaire qui peut nuire gravement au service public, déjà mis à mal par la politique du gouvernement actuel. Ayant travaillé dans des entreprises privées de taille moyenne, je peux affirmer qu’il y a aussi des « glandeurs » qui ne font rien ou pas grand-chose de leurs journées, qui passent leur temps entre la machine à café, les toilettes et le fumoir, qui utilisent leur ordinateur pour retoucher leurs photos personnelles et la photocopieuse du service pour reprographier des bouquins entiers.
Mais le plus gros reproche que l’on pourrait faire à Zoé Shepard, ou plutôt à Aurélie Boullet, puisqu’elle a été démasquée depuis la sortie de son livre, est d’avoir réintégré son poste dans la mairie de la région Aquitaine qu’elle a tellement dénigré dans son livre. Cela aurait eu tellement plus de panache de démissionner, puis d’écrire son livre. Alors que là, après avoir si farouchement craché dans la soupe, elle retourne à la mangeoire, après quatre mois de suspension qui ne lui auront rien coûté puisque en remplacement de son salaire, elle aura touché d’énormes droits d’auteur.
Quand on se souvient de la vague de suicides à France Telecom, on peut s’interroger sur les qualités intellectuelles mais surtout humaines de cette jeune femme qui, avec son livre, donne de l’eau au moulin des nombreux détracteurs de la Fonction Publique qui ne se privent pas de mettre tous les fonctionnaires dans le même sac.
Tout compte fait, on en arrive à trouver Coconne et Simplet beaucoup plus sympathiques car eux, même s’ils brassent de l’air à longueur de journée, ils ne font de mal à personne… 

Dix ans de télé !

10ansdetl.jpg Chroniques de Guy CARLIER

Ces chroniques, sous forme abécédaire, ne sont pas récentes puisqu’elles balaient la télévision de 1995 à 2005, le livre ayant été publié cette même année 2005. Mais le thème est intemporel, même si en six ans la TV a encore évolué, ou plutôt dégringolé.
Moi qui ne suis pas scotchée devant le petit écran – j’entends celui de la télé car celui de mon ordi, je le connais par coeur ! – je n’ai pas toujours identifié les émissions et les animateurs brocardés. Certains ont disparu du PAF mais d’autres, Lepers et Foucault par exemple, sont toujours là.
Dans ces chroniques, Guy Carlier n’est pas tendre, il est même souvent féroce, à la limite de la méchanceté. Mais il a un énorme talent et quand on a du talent, on peut tout se permettre, la vulgarité comme la méchanceté.
Cela dit, s’il est féroce avec les autres, il ne manque pas d’humour envers lui-même puisqu’il dit que son bouquin est énorme, comme lui, ou quand il explique que, par ennui, il va chercher son pot de nutella pour y tremper ses Pépitos !!!
Bref, j’ai passé d’excellents moments, même si la lecture de ces plus de six cents pages a pris du temps car le format du bouquin ne me permettait pas de le prendre avec moi dans le bus. Heureusement d’ailleurs, car il me faisait parfois rire aux éclats. Alors déjà qu’en voiture, je passe pour une débile à rire toute seule au volant en écoutant Nicolas Canteloup…

L’exil est mon pays

lexilestmonpays22217802.jpg Roman d’Isabelle ALONSO 

Angel, Espagnol républicain, a fui son pays et trouvé refuge en France, dans une petite ville de Bourgogne. Libertad le rejoint avec leur bébé, Rodrigo. En France naissent trois autres enfants, un garçon et deux filles. C’est l’aînée des filles, Angustias, qui prend la plume pour raconter la vie de cette famille d’émigrés bien intégrés et pourtant toujours étrangers, même les enfants dont le pays natal est la France. Pas tout à fait Français, plus tout à fait Espagnols, les enfants grandissent entre deux patries, deux langues, sans jamais parvenir à être « comme les autres » d’un côté des Pyrénées comme de l’autre.

On découvre avec plaisir la vie de cette fratrie unie autour d’un couple dont on devine que rien, sinon la mort, pourrait séparer. Ecrit sans tabou et avec beaucoup d’humour, ce livre est un régal de drôlerie et d’émotion. L’auteur nous emmène avec beaucoup d’habileté du pays du rire à celui des larmes, sur un ton très juste, sans excès. Un ouvrage qui aide à faire comprendre le mal-être de ces enfants qui ne parviennent pas à trouver leur place car issus de l’immigration, bien que nés en France.

Le premier jour

lepremierjour.bmp Roman de Marc LEVY

Adrian, greco-anglais, est astronome physicien ; Keira, anglo-française est archéologue. Il travaille sur un haut-plateau chilien ; elle fouille la terre dans la vallée de l’Omo en Ethiopie. Tous deux, passionnés par leur travail, sont hantés par les origines de l’humanité. Une pierre naturelle offerte par un petit orphelin à Keira va bouleverser la vie de l’archéologue et la jeter dans une aventure haletante aux côtés d’Adrian qui n’est autre que son premier amour qu’elle retrouve par hasard pour leur plus grand plaisir. Mais ils ne sont pas les seuls intéressés par ce mystérieux pendentif et leurs ennemis sont déterminés à les empêcher coûte que coûte d’accéder à la vérité.
Un roman passionnant dès la première ligne. Marc Levy embarque son lecteur dans un récit émouvant et plein d’humour dans des pays aussi différents que le Chili, l’Ethiopie ou la Chine.
A lire absolument pour passer un bon moment.

11 septembre 2001

C’était un mardi. J’avais quitté le bureau comme d’habitude vers 16h30. Sur le chemin du retour, j’écoutais toujours la radio, une émission animée par Laurent Ruquier et ses chroniqueurs qui ne manquaient pas d’humour… plus ou moins lourd… Lorsque je tournai le bouton, j’entendis qu’un avion avait percuté une tour à New York… Je me dis qu’ils y allaient un peu fort ! Puis je compris que c’était vrai, que l’émission avait été interrompue et remplacée par un flash d’information en direct de Manhattan. Ce que j’entendais dépassait toutes les fictions.
Arrivée à la maison, je me ruai vers le poste de télévion, talonnée par notre labrador qui ne comprenait pas mon inhabituel désintéressement pour sa personne. Les images étaient à la hauteur des commentaires entendus à la radio. C’était inimaginable. L’émotion était immense. N’en pouvant plus devant ce spectacle d’apocalypse, j’avais appelé mon amie qui travaillait encore.
Je ne parvenais pas à me détacher du téléviseur. Tout cela paraissait tellement incroyable, tellement… hollywoodien !… Huit ans plus tard, en revoyant les images, l’émotion est toujours aussi vive. Quant aux hypothèses avancées sur une possible orchestration de ces attentats par l’administration Bush… cela laisse… perplexe… Réels sont bien les milliers de morts victimes de ces deux attaques spectaculaires.

Un cousin épatant

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Christian, mon cousin par alliance, est tétraplégique depuis deux ans et demi, précisément depuis le 1er janvier 2006. Alors qu’ils rentraient chez eux après avoir fêté la Saint Sylvestre en famille, un sanglier croisa leur chemin, une route qu’ils connaissaient par cœur. Sa femme, qui conduisait car elle ne boit jamais une goutte d’alcool, braqua à droite en direction d’un champ pour éviter le choc frontal avec l’animal. Malheureusement, entre la route et le champ se trouvait à cet endroit un fossé. La voiture piqua du nez et se retourna. Le cousin comprit tout de suite que c’était grave…
Après six mois à l’hôpital, le voilà dans un centre de rééducation. Le pauvre n’eut pas de chance : il souffrit d’un staphylocoque doré puis d’escarres gravissimes qui freinèrent sa rééducation. Puis sa femme le quitta, des soucis financiers s’enchaînèrent… Bref, la scoumoune la plus complète ! Et malgré tout, il garde le sourire, au moins en notre présence, toujours heureux de nous voir, toujours indulgent lorsque nous tardons à lui rendre visite, toujours à l’écoute de nos préoccupations, toujours content de recevoir une carte postale de nos lieux de vacances. Aucune amertume, aucune méchanceté, aucune agressivité ne sont venues modifier son caractère.
Je connaissais assez peu ce cousin par alliance bâti comme un géant, mais j’appréciais déjà sa personnalité et sa philosophie de vie qui me réconciliaient avec un type d’hommes dont le physique me fait peur !…
Et voilà qu’il peut rentrer chez lui pour quelques jours. Pour l’occasion, deux de ses enfants ont fait le voyage de Vendée en Lorraine. Son auxiliaire de vie, dont il nous avait un peu parlé lors de notre dernière visite au Centre de Réadaptation, serait également là. Il nous invita donc à venir déjeuner !… Cela faisait de très longs mois que nous ne l’avions pas vu autrement que couché dans un lit ; nous ne pouvons lui rendre visite qu’après 17h00, quand il est recouché après plusieurs heures de rééducation et balades autonomes en fauteuil électrique.
Alors il était heureux, le cousin, de nous accueillir chez lui ! Nous n’y avions pas mis les pieds depuis l’accident…  Les jeunes s’activaient autour du barbecue et de la table sur la terrasse ; Martine, l’auxiliaire de vie, œuvrait en cuisine. Christian, en vrai maître de maison, nous accompagna dans le jardin sur quelques mètres.
Cet après-midi en famille, chez lui, fut une bouffée de bonheur. Il plaisantait, il riait même, se débrouillait tout seul pour déambuler et manger à table avec nous. Martine, sans cesse attentive à ses besoins, semblait avoir trouvé la juste mesure entre l’aide nécessaire pour progresser et l’assistanat dégradant et destructeur. De notre génération, elle n’est pas étrangère aux propos du cousin sur ses souvenirs de jeunesse, des chansons d’autrefois, des évènements divers, etc. Souriante, sympathique, dévouée, un brin espiègle, elle semble avoir su nouer des liens complices, indispensables pour une bonne entente entre handicapé et auxiliaire de vie.
Merci mon cousin, pour cet après-midi très agréable. Ton rire, tes plaisanteries et tes regards moqueurs nous faisaient presque oublier ton handicap. Comme tu le dis si bien, la différence entre un handicapé et un non-handicapé est que le handicapé vient avec son siège quand on l’invite ! Voilà l’humour décapant du cousin Christian qui a décidé que devenir tétraplégique n’est pas la fin du monde. Une belle leçon de courage et de relativité !… (pour d’autres photos, cliquer sur l’onglet « photos » dans la barre d’outils du blog)

 

Infos

J’aurai le grand plaisir de passer à la TV en direct sur France 3 le vendredi 26 mars 2010 à midi à l’occasion de la parution de mon roman « Malou ». Cela sera aussi l’opportunité de répondre à quelques questions sur le métier d’écrivain public que j’exerce depuis 2004.

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Article paru dans Le Républicain Lorrain du 25/04/2009 :
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Archives

Publié le : lundi 23 mars 2009

La saga de Zaz

Une histoire de famille.
Une histoire de famille.
Infos


A l’occasion de la sortie de son dernier roman intitulé « La lavandière d’Igney », Zaz Chalumeau était à la médiathèque Gérard-Thirion pour une présentation suivie d’une séance de dédicaces. « C’est le 11e livre que j’auto-édite et le 1er d’une saga en 4 volumes », explique l’auteur. « La lavandière d’Igney a vraiment existé. Elle est née en 1865 et a vécu presque centenaire. Elle a eu onze enfants qu’elle a tous enterrés, plus une vingtaine d’enfants dont elle s’est occupée. La mère de mon amie a été élevée par cette dame-là, ça valait le coup de raconter son histoire », ajoute-t-elle. Un gros travail de recherche d’éléments historiques ont été nécessaires pour relater la vie de deux familles vosgiennes dont les descendants se rencontreront plus d’un siècle plus tard. Secrétaire trilingue de formation, Zaz a profité d’un licenciement pour devenir écrivain public en profession libérale en 2004, au service des professionnels et des particuliers. Passionnée d’écriture et de poésie, c’est en 1999 qu’elle a publié son premier recueil de poèmes, elle a notamment obtenu le grand prix des Poètes lorrains en 2002. « Je connais la poésie de Zaz. C’est perlé, fignolé, cousu main… », confie Pierre avec admiration en tournant les pages d’un recueil. Le second volume de la grande saga familiale est prévu pour début 2010 et sera intitulé « Malou ».
Informations : www.zazecritoire.unblog.fr.

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Archives Est Républicain

Publié le : mardi 3 mars 2009

Isabelle Chalumeau

Zaz Chalumeau vient de publier « La Lavandière d'I- gney ».
Zaz Chalumeau vient de publier « La Lavandière d’I- gney ».

Après la parution d’un premier recueil de poésie en 1999, Isabelle Chalumeau s’est engagée en littérature et a publié à la suite une série de onze ouvrages.
Depuis 2004, elle a fait de sa passion d’écrire son métier : elle est devenue écrivain public indépendant. A la veille des salons littéraires régionaux, sous son nom de plume « Zaz Chalumeau », elle publie « La lavandière d’I- gney », premier tome d’une tétralogie intitulée « Colin – Maillard »
- ER : Votre ouvrage est le premier volet d’une saga familiale. Quelle histoire vouliez-vous raconter ?
- Les quatre ouvrages mettent en scène deux familles originaires des Vosges ; le premier commence en 1865 et le dernier amènera le lecteur jusqu’en 1998. Ils retracent l’histoire de personnalités au caractère bien trempé. Née en 1865, l’héroïne, Marie-Joséphine a vécu une époque tourmentée et a connu trois guerres. Soutenue par une foi inébranlable, elle a surmonté des épreuves terribles avec la perte de ses onze enfants. Dans la deuxième famille, avec Léonie, on suit l’histoire d’une jeune fille portée par la soif d’apprendre qui cherche à s’affranchir de sa condition paysanne. Le destin finira par faire se rejoindre, dans le dernier tome, ces deux familles si différentes dans leur mode d’expression et leur conception de l’amour familial. L’une est ouverte et communicante alors que l’autre, dominée par les non dits, s’enferme dans le silence et cultive les secrets.
- Le temps se mêle au temps dans ce premier ouvrage. Pourquoi ?
- Mon activité d’écrivain public m’amène à situer la petite histoire dans la grande. Comme je le fais dans les romans de la vie que j’écris pour retracer la biographie de mes clients, j’ai ancré mes personnages, réels et fictifs, dans un contexte historique qui leur donne du relief et une véracité palpable. D’ailleurs, Marie-Joséphine et Léonie s’intéressent beaucoup à l’actualité et aux événements de leur époque.
- Vos lecteurs pourront vous rencontrer très prochainement. Quelles sont les dates à retenir ?
- A l’instar du « Livre sur la Place » à Nancy, les prochains salons littéraires régionaux se tiendront d’a- bord le 8 mars à Chaligny, puis le 21 mars à Essey-les-Nancy et le 26 avril à Metz avec « Floralivres ». Le 14 mars, je ferai une présentation de mon livre à la Médiathèque de Laxou à partir de 16 h 30 avec séance de dédicaces, ainsi que le 25 avril au rayon librairie de Cora Houdemont. Ces contacts avec les lecteurs sont toujours source d’échanges et de plaisantes rencontres.

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Archives
Publié le : mardi 23 décembre 2008
Formation
« Un sérieux atout en plus »

Ils étaient 190 étudiants du CESI à recevoir diplômes et félicitations au Palais des congrès.
Ils étaient 190 étudiants du CESI à recevoir diplômes et félicitations au Palais des congrès.

C’est rare et ça mérite d’être souligné. Vendredi, en fin d’après-midi, le grand amphithéâtre du Palais des congrès avait pris des couleurs. Les couleurs des trois établissements du groupe CESI qui, ce soir-là, distribuaient leur diplôme à chacun des étudiants ayant suivi un cursus l’an passé.
Pour assister à cette cérémonie il y avait du beau monde. Le groupe avait dépêché de Paris son directeur général, Jacques Bahry, la Région Lorraine sa vice-présidente en charge de la formation professionnelle et de l’apprentissage, Hélène Bénabent. Une douzaine de chefs d’entreprises dont certaines sont partenaires du CESI de Nancy étaient également présents.
A l’occasion du 50e anniversaire de l’organisme de formation continue dont le slogan est « valoriser les personnes par la formation et favoriser la performance de l’entreprise par l’évolution des salariés», les orateurs ont fait le point sur la société actuelle et son évolution compte tenu d’une crise qui ne va pas se résoudre de sitôt. La formation reste un atout pour les futurs diplômés et en particulier pour ceux qui vendredi recevaient leurs parchemins. «Vous n’arrivez pas avec un diplôme dans une période faste, mais vous avez un sérieux atout en plus», expliquera Jacques Bahry, qui traitera par la dérision, tout en étant profondément désabusé, la plus grosse fraude récente aux USA.
Présent également, l’un des fondateurs de l’école d’ingénieurs du CESI à Nancy : Bernard Guerrier de Dumast, qui est monté sur scène pour remettre les diplômes aux ingénieurs. Jaune pour les diplômés de CESI entreprise, obtenant des diplômes de management et d’organisation en formation en alternance, rouge pour les informaticiens d’EXIA et bleu pour les ingénieurs et masteriens de l’école EI CESI. Chacun est venu, en toge et coiffé d’un mortier de la couleur de son établissement, recevoir son diplôme.
La cérémonie s’est terminée par le célèbre lancer de mortiers, très prisé aux USA, avant le buffet qui réunissait parents, élèves, professeurs et entreprises partenaires.
De notre correspondant Jean-Luc GEORGES

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  Article paru dans l’Est Républicain du 22.10.2008 :

« Le Cercle des Arts tient salon
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De nombreux artistes talentueux. 
Le 15e Salon d’Automne du Cercle des Arts réunit plus d’une vingtaine de peintres, débutants et confirmés, dont le président de l’association, Pierre Dufour, qui présente une série intitulée « Géométrie ». Aquarelles, huiles, abstrait, figuratif, il y en a pour tous les goûts, même des icônes religieuses réalisées par Françoise Hachet, dont certaines ont nécessité jusqu’à 50 couches d’enduit avant d’être illustrées dans les moindres détails avec de la peinture mais également de l’or et de l’argent pur. La richesse de l’exposition se poursuit avec les tableaux de Nanda Perrin qui a usé d’un collage froissé pour son « abstrait noir et rouge », ses « couleurs du moment avec le blanc », avoue l’artiste. Muriel Jeanmaire présente des monochromes rouges épurés, mais aussi une toile sombre intitulée « Vallée des âmes » qu’elle confie avoir peint après le décès de son père : « Je suis en pleine recherche. J’essaie différents styles ». Le dessin a aussi sa place avec Pierre Hachet qui expose des falaises réalisées à l’encre de chine, à partir d’une techniques de pointillés. Par cette exposition, les artistes invitent le public à voyager, à travers des paysages ou des portraits et à se laisser porter par .son imagination pour les toiles les plus abstraites. « Il y a des styles, des couleurs, des formats différents. Cela permet de voir plein de choses », ajoute Marie-Jeanne. L’exposition est présentée jusqu’au 31 octobre dans la salle de spectacle du CILM au Champ-le-Bœuf, le lundi de 13 h 30 à 21 h et du mardi au vendredi de 8 h à 23 h, les samedi et dimanche de 14 h à 18 h ; entrée libre. »

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Archives – Article paru dans l’Est Républicain en page / LE LUNÉVILLOIS / FONTENOY-LA-JOÛTE / 02/09/2008

 » Les tribulations de l’édition

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Un étal commun et convivial pour une nouvelle rencontre des auteurs régionaux.

Dimanche, le « Village du Livre » mettait à l’honneur les auteurs auto-édités. Venus proposer leurs ouvrages dédicacés au public, 22 exposants s’étaient déplacés du « Grand Est ». A ce rendez-vous annuel, de « petits trésors » échappés des firmes d’édition, souvent nés d’un vécu personnel, et parfois romancés, ont retenu l’attention des amateurs avertis et des simples visiteurs. Derrière un étal commun dressé sous chapiteau au centre du village, se mêlaient styles, genres et personnalités : romanciers, historiens, poètes, biographes, verbicrucistes, écrivains publics, ou encore cet adepte de la psychologie appliquée au recrutement en entreprises, Chrisitian Sirven de Badonviller, auteur-conférencier en graphologie et morphopsychologie. Vétérans du « non-système » et jeunes auteurs en quête de reconnaissance, se sont ainsi retrouvés dans leur passion de l’écriture, privilégiant ici le contact avec les lecteurs à celui des éditeurs. Le meilleur moyen sans doute de maîtriser le parcours et l’impact de leurs livres, selon l’avis de Jean-Camille Hanus, de Charmes, romancier régional depuis 1986. « Les émeraudes de Marainville », le dernier de ses onze romans inspirés de faits et de lieux réels par souci d’authenticité, ont tous été vendus sur place. Suzy le Blanc, Nathalie Rouyer, Bernard Colin et Rémy De Bores, représentaient l’association d’auteurs « Rebelyne » de Haroué. Habitués de la manifestation locale, Pier Marx venu de Fontoy, présentait son œuvre romancée et « Petits cons de Français », anthologie de coups de gueule selon l’auteur, Isabelle Chalumeau de Nancy, sous le pseudo de Zaz, exposait ses recueils de poèmes et de nouvelles, Jean Castelli, 78 ans, ses « Polémiques Lorraines », commentées avec humour et tirées de 25 journaux d’opinion de la vie politique au 19è siècle. Christian Ingret-Tallard, avec « Meurtrissures en milieu confiné », présentait son vécu d’éducateur spécialisé auprès d’adolescents durant 25 années, Daniel Jacques, de Toul, ses romans inspirés de faits divers dont « Le Double crime du curé d’Uruffe ». Josette Ecuyer-Ravailler avec « Tant qu’il y a de la vie », Noëlla Caillet et les douloureux écueils de son enfance au fil des canaux de la batellerie avec « Les mémoires de Sophie », et Véronica Liari, du cercle littéraire Léopold, son dernier roman « L’éternité pour Jeanne » qui sera présenté à la seconde édition du salon du Livre le 29 novembre à Lunéville, ont également suscité l’intérêt de nombreux amoureux du livre. Nouvelles venues à l’étal, deux écrivains publics, Jocelyne Bigard, d’Azelot, avec le premier épisode d’une trilogie : « Le dernier jour », et Fabienne Lartillerie, jeune romancière, avec son premier roman « Doppa Vitia » et « Plongée sur le Nautilus », recueil d’anecdotes sur l’évolution de la plongée subaquatique.  

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Archives – Article paru dans l’Est Républicain en page / LE LUNÉVILLOIS / BAYON / 02/09/2008

 » Mémoires, mémoires !

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Un atelier qui a fait ressurgir les petites histoires du passé.

Isabelle Chaumeau, en proposant son projet d’écriture dans le cadre des ateliers mémoire, a d’emblée trouvé un accueil favorable, voir enthousiaste, aussi bien de la part du directeur Daniel Gérardin que des animatrices, Claudine et Céline, de la résidence Saint-Charles.
Ainsi pendant plusieurs mois, à raison d’une séance hebdomadaire, 21 pensionnaires de l’établissement ont raconté leurs souvenirs sur une douzaine de thèmes tels que le mariage, la naissance, la guerre, les avancées sociales, le travail des femmes et, bien sûr, les recettes.
Isabelle Chalumeau, écrivain public à Ludres, munie de son dictaphone, a enregistré les entretiens avant de les réécrire pour les publier dans un recueil sous le titre « Souvenirs… souvenirs…»
Isabelle Chalumeau se souvient : « d’un accueil chaleureux dans une ambiance très conviviale. » Elle se dit « touchée, que malgré les différences et les soucis de chacun, les entretiens ont toujours eu lieu dans des conditions exceptionnelles de gaieté, les très rares anicroches ayant rapidement été balayées par les animatrices. »
Quant aux résidants, certains ne se faisaient pas prier de relater leurs souvenirs tandis que d’autres étaient plus réservés. Claudine et Céline ont alors su freiner les plus bavards et solliciter les plus timides.
Mme Berset a participé à tous les ateliers avec un vrai plaisir et explique : « Nous avons tous raconté nos petites histoires vécues : la cuisine, des anecdotes et des souvenirs d’enfance, bref la vie de l’ancien temps. C’était très sympathique, les souvenirs qu’on a cru oubliés ont refait surface. Je me suis souvenue du temps des vendanges, du labourage, de la fenaison avec la voiture de foin, ou encore de la recette de la « Michotte », espèce de grosse brioche à laquelle on intégrait les chons après avoir fait le saindoux avec la panne du cochon qu’on venait de tuer. Qu’est que c’était bon ! »
Le livre est en vente à l’accueil de la résidence Saint-Charles au prix de 12 euros.  »

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Article paru le 24 juin 2008 : 

Archives – Article paru dans l’Est Républicain en page / GRAND NANCY / JARVILLE-LA-MALGRANGE
Rencontre autour d’un livre20080624_2034219_1
Zaz Chalumeau entourée de lectrices.

A l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, un recueil de nouvelles, la Bibliothèque Pour Tous de Jarville avait invitée Zaz Chalumeau afin qu’elle parle de son livre, qu’elle explique comment elle choisit ses sujets, le temps qu’elle met pour écrire un livre, si être écrivain est un métier facile . Elle s’est prêtée de bonne grâce, pour répondre aux questions, indiquant que c’était le dixième livre qu’elle publiait en auto-édition, qu’il faut galérer pour vendre mais, qu’au fil du temps, les livres finissent par s’autofinancer.
Au cours de cette rencontre elle a précisé que certains de ses romans avaient connu un franc succès comme « Les mémoires d’un labrador » ou encore « Ecrivez-moi ». Son dernier livre « Rencontres » compte 15 nouvelles qui mettent en scène des enfants, des adultes, dans des lieux différents, une rencontre se déroule même à Nancy. « Ce genre littéraire revient à la mode ».
Zaz Chalumeau a déjà un nouveau roman en tête ou plus exactement une saga familiale en quatre tomes ; le premier devrait sortir début 2009 et l’action se passe dans les Vosges…
Une rencontre intéressante pour laquelle trop peu de Jarvillois s’étaient déplacés.

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Article paru dans l’Est Républicain du samedi 10 mai 2008 :
Archives – Article paru dans l’Est Républicain en page / GRAND NANCY / LAXOU
«Zaz» dédicace

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L’auteur entourée de ses nombreux lecteurs.
Depuis une dizaine d’années, Isabelle Chalumeau, alias « Zaz » publie un livre par an.
Depuis plusieurs années, Pierre Dufour, président du Cercle des Arts l’accueille au CILM pour promouvoir son dernier travail. Cette semaine, « Zaz » est revenue pour dédicacer son dernier ouvrage « Rencontre ».
Elle a été accueillie par Pierre Dufour, mais aussi le maire Laurent Garcia et Anne-Sophie Roy, adjointe à la culture qui l’ont assurée de leur soutien pour sa fidélité à Laxou.
Le maire a remercié le public fidèle à l’auteur et tous les bénévoles, et a tenu à « saluer chaleureusement le travail de l’artiste aidée en cela par le Cercle des Arts présidé par Pierre Dufour », et a conclu par « elle est la plus Laxovienne des Heillecourtoises ».
« Pour ce dixième ouvrage publié en auto-édition, j’ai choisi de réunir quinze nouvelles sur le thème de la rencontre. Notre vie entière dépend du hasard des rencontres.
Elles déterminent souvent le cours de notre existence. Si je crois chacun maître de son destin, j’accorde aux aléas des rencontres une grande importance ; elles influencent nos choix, nos goûts, nos désirs, nos angoisses.
Parmi ces quinze nouvelles, certaines ont été primées dans des concours littéraires, d’autres publiées dans des magazines ; toutes ont été écrites avec la même passion et le besoin récurrent de coucher mes émotions sur le papier pour pouvoir les partager
»
Zaz aime écrire, elle a le sentiment d’être utile en rédigeant des romans qui sont des tranches de vie, elle se définit comme un passeur de mémoire.

Poèmes

 

L’ARAIGNEE

Le fil entre la rampe et la branche de l’if
Brillait comme un repère, une chaîne argentée ;
J’ai suivi le chemin de la ligne jetée
Et découvert l’ouvrage au singulier motif.

Rien ne peut échapper à mon œil attentif,
De la toile en suspens, dentelle crochetée
En perles de rosée et de givre teintée ;
Mais j’esquisse à ta vue un mouvement craintif.

Au milieu du filet, broderie aérienne,
Qui se balance au gré de l’onde zéphyrienne,
Tu sembles reposer, mais d’un sommeil trompeur.

Toi que je trouve belle en ton palais de soie,
Naturelle œuvre d’art, pourquoi me fais-tu peur ?
Entends mon souffle court ! Il faut que je m’assoie !

(Extrait de mon prochain recueil « Les Couleurs de l’âme »)

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L’ENFANT DE L’ESPOIR

Un enfant se prépare à découvrir le monde
Après neuf mois dedans le ventre maternel,
Issu du feu des corps, l’embrasement charnel,
Fruit conçu dans l’amour ou dans le crime immonde.

 

Il ne sait rien de la famille et du pays
D’accueil. Hélas ! on ne choisit ni l’un ni l’autre,
Ni les draps en satin dans lesquels on se vautre
Ni le cloaque infâme où le porc fait son nid.

 

Un trottoir de Manille ou la villa cossue
D’une riche banlieue attendra ce gamin
Dont les parents peut-être ont tracé le chemin :
Boulevard pavé d’or ou route sans issue.

 

Fusil en bakélite ou cuillère en argent,
Cette arme dans son poing fera de lui l’esclave
D’un univers cruel où chaque jour s’aggrave
L’ampleur de la misère au front de l’indigent.

 

Mais si rien ne s’oppose à la fureur qui gronde,
Je conserve en mon cœur l’inébranlable espoir
Qu’une lueur demain rejaillisse du noir,
Qu’un enfant se prépare à sauver notre monde.

 

Ce poème a obtenu le Premier Prix, Prix Charles Guérin, au Prix littéraire de Graffigny 2012, organisé par la Ville de Lunéville et la Communauté de Communes du Lunévillois, en partenariat avec le Cercle Littéraire Léopold. Le thème du concours était « L’enfance ».
Par manque de temps, j’écris désormais très peu de poésie et ce poème est le seul de l’année, composé expressément pour ce concours. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai pris connaissance de ce palmarès qui m’honore.

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Ô FEMME UNIVERSELLE

Au-delà de la mort, Ferrat chante Aragon
Et la femme toujours est l’avenir de l’homme,
Qu’elle obéisse au maître ou croque dans la pomme,
De New-York à Paris, d’Alger à Saigon.

 

Cheveux courts sur la nuque ou très longs sous le voile,
Elle offre un corps d’albâtre ou d’ébène à l’amant,
Ou l’époux tyrannique, objet de son tourment ;
En ses yeux meurt ou naît la lueur d’une étoile.

 

Quelquefois lapidée, elle expire en public
Pour avoir osé vivre un amour adultère ;
Ailleurs, l’homme trompé traite plus bas que terre
L’infidèle à l’abri d’un appartement chic.

 

Qu’il soit ou non béni, le fruit de ses entrailles
Reste son privilège et sa force et son droit ;
En son ventre fécond, le futur enfant croît
Et sa mère construit d’invisibles murailles :

 

« Que ma fille jamais ne subisse d’abus,
Qu’au soleil de son père elle vive authentique,
Et mon fils ne succombe au champ patriotique,
Comme chair à canon sous le feu des obus. »

 

(Ce poème a obtenu le Prix Charles Maire au concours littéraire Graffigny
de Lunéville de 2010.)

 

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Voici les cinq poèmes pour lesquels j’ai obtenu l’Alérion d’or 2009 décerné au meilleur des poètes déjà détenteurs du Grand Prix des Poètes Lorrains attribué par la SPAF (Société des Poètes et Artistes de France) :

L’ABSENCE 

Dans le ronronnement de mon ordinateur,
J’entends le souvenir de son panier qui grince ;
Le souffle court, je vais constater mon erreur :
À sa place, le vide affreux. Mon cœur se pince. 

Il manque, le matin, son accueil chaleureux,
J’accomplis chaque jour un geste, une habitude,
Dans ma gorge l’appel de son nom sonne creux,
Le silence répond, maudite certitude ! 

Il semble ridicule aux yeux des gens sensés
De chérir une bête et de craindre sa perte,
Alors on tait la peine et les pleurs déplacés
Quand sa mort nous fait mal comme une plaie ouverte. 

Le trépas de tout être, animal ou parent,
Cause un chagrin semblable, une même souffrance ;
Pourquoi le désespoir serait-il différent
Quand pareille est en nous la douleur de l’absence. ? 

 

LE CHOIX DES MAUX 

Depuis six mois déjà, je n’aime plus rentrer :
Ma maison est un piège où j’ai peur d’être prise ;
Je retarde l’instant de tomber sous l’emprise
De l’homme qui jamais n’aurait dû m’engendrer. 

J’ai tant de fois cherché le soutien de ma mère !…
N’a-t-elle pas voulu comprendre mes humeurs ?
A-t-elle craint l’opprobre et le poids des rumeurs,
Son regard dans la glace, ennemie éphémère ? 

Impossible de fuir le redoutable accueil.
Ma clef dans la serrure explose le silence ;
Puis-je encore espérer tromper sa vigilance ?
Je marche vers ma chambre… Il m’attend sur le seuil. 

Je subis ses baisers, ses mains sur ma peau nue,
L’obscénité des mots qu’il murmure, essoufflé,
La douleur qui surprend mon corps écartelé,
Le dégoût qui soudain dans mon cœur s’insinue. 

Je le retrouve à table, assis devant l’écran.
On y parle d’inceste et de pédophilie.
La boue est toujours là dont je me sens salie.
Pour sourire quand même, il faut beaucoup de cran. 

Maman dit qu’à leur place, elle en mourrait de honte,
Qu’elle reconnaîtrait un pervers sexuel,
Qu’elle divorcerait d’un mari criminel
Mais ne survivrait pas aux procès qu’on raconte. 

Ne rien dire, bien sûr, est lui donner raison
Et refuser de mettre un terme à mes souffrances.
Le choix me fait horreur : sauver les apparences
Ou briser la famille aux murs d’une prison. 

 

DANS LA CHAMBRE FUNERAIRE 

On devine le corps sur cette couche étroite,
Au milieu de la pièce où brûle de l’encens.
Es-tu plongée au fond du froid que je ressens
En voyant tes doigts joints et ta tête trop droite ? 

Comme une vague, en moi déferle mon passé.
Ton visage anguleux me ramène en arrière,
Quand ta bouche en rictus et ton regard sévère
Estimaient d’un coup d’œil mon élan terrassé. 

Jamais tendre baiser n’est venu sur ma joue
Adoucir le chagrin de l’enfant mal grandi
Qui de rage brûlait la robe d’organdi
De son unique sœur et le remords me noue. 

Comment l’indifférence au jour de ton trépas
Peut-elle me guérir des anciennes blessures ?
Des pleurs sur ton cercueil ne seraient qu’impostures,
Ma peine indescriptible est de n’en avoir pas. 

 

L’ERREUR 

Le soleil luit dans le jardin du souvenir,
Et les fleurs ont poussé sur les pierres tombales.
J’ai voulu prendre part aux agapes tribales ;
J’ai cru pouvoir, mais je n’aurais pas dû venir. 

La messe dite, ils ont couru dans les allées,
Portant leur chrysanthème au chevet de leurs morts.
La corvée achevée, ils se sentaient plus forts
Pour déguster le vin, leurs larmes ravalées. 

Entre la quiche au lard et le pâté lorrain,
J’ai fait semblant de rire et j’ai tenu le rôle
Du gamin du pays, comme ils disent : du drôle !
Elle était loin la peine, oublié le chagrin… 

J’ai prétexté la route et le brouillard d’automne
Pour quitter la famille avant le clafoutis.
Dans la boîte en plastique, un restant des frichtis
Régale au coin du feu la chatte qui ronronne. 

 

LA MORT D’UN JEUNE-HOMME 

Je me souviens de lui, petit garçon têtu
Au regard de velours sous un front volontaire.
Au plus petit caprice, il se roulait par terre
Mais retenait ses cris quand il était battu. 

J’ai vu l’adolescent qui se croyait un homme
Après avoir fait don de sa virginité.
Fier de sa neuve ardeur, fraîche virilité,
Il voyait chaque femme en croqueuse de pomme. 

Souffrait-il, comme nous, d’une famille en vrac ?
Je l’ai revu plus tard, la vingtaine arrogante.
Il semblait engagé sur la mauvaise pente ;
J’ai parlé d’avenir, d’école après le bac. 

Il m’apprit la nouvelle avec désinvolture :
Une tumeur maligne attaquait son cerveau.
« En plus la chirurgie est vaine à ce niveau.
Mon futur, le voilà ! » me dit-il pour conclure. 

 

Je ne saurai jamais s’il a craint d’être seul
Face à la mort dont il parlait avec bravade.
Mais le ciel s’est paré d’une couleur maussade ;
Je suis triste aujourd’hui, mon neveu, mon filleul.

 

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 MAI

La première journée est toujours un cadeau
Offert aux travailleurs de France et de Navarre,
Et les brins de muguet dérident le badaud
Lorsque le ciel de bleu se montre trop avare.

Car malgré le printemps et son heure d’été,
La météo n’est pas encore à la clémence,
Et le gel sait punir avec méchanceté
Ceux qui n’ont pas voulu protéger la semence.

Qu’importe cependant ! partout naissent des fleurs !
Si le crocus se meurt, vive la primevère !
Dans la nature en fête éclatent les couleurs
Et le vent nous les conte, inlassable trouvère.

Sous le rose organdi d’un pommier du Japon,
Un couple de moineaux chante l’amour volage,
Celui des séducteurs dont le regard fripon
Aime à se faufiler sous le mince corsage.

(Ecrit le 16 avril 1998)

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AVRIL

Au sortir de l’hiver, alors que le printemps
Pressé de s’installer s’était montré précoce,
La pluie inaugura le changement de temps
Et le vent rugissant se déchaîna, féroce. 
Mais dès le premier jour, ce mois capricieux
Présenta son aspect le plus irrésistible :
Son amour de la farce et du facétieux
Dans l’accomplissement d’un rite irréductible. 
Les averses de mars ont déclaré forfait ;
Le soleil courageux perce à l’aube la brume
Et le chant des oiseaux dans un accord parfait
S’élève dans les airs, léger comme une plume. 
Mais il ne faudra pas se découvrir d’un fil
Avant que ne s’en aille, avec la bise rude,
La dernière gelée, ô funeste péril !
Pour les arbres en fleurs malgré l’incertitude. 

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MARS

L’hiver se retira lorsque mars fut venu ;
Fatigué de sévir depuis quelques semaines,
Il s’en alla plus loin dans le brouillard ténu,
Vers d’autres horizons, pour de nouveaux domaines.

Pour effacer la trace encore fraîche au sol
De la neige, la pluie est tombée abondante,
Imposant au printemps la touche d’un bémol,
Incitant la nature à se montrer prudente.

Car chaque nuit le givre imprime avec ardeur
Sur les carreaux gelés des fleurs imaginaires,
Des perles en cristal, ornements de splendeur
D’un costume argenté sous les rayons lunaires.

Le soleil matinal, l’innocent criminel,
Gomme sans le vouloir le décor éphémère
D’un spectacle magique au pouvoir éternel,
Jusqu’à ne plus savoir le vrai de la chimère.

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DECALCOMANIE

J’ai toujours refusé de croire en vos paroles
Quand vous disiez souffrir juste après le plaisir
Pris sur un corps d’enfant que vous aimiez choisir
Parmi ceux qui suivaient le chemin des écoles. 

Vous saviez chaque fois me convaincre en douceur
De venir avec vous, sans autre violence
Qu’acheter bon marché le prix de mon silence,
Vos humides baisers me soulevant le cœur. 

Derrière l’écran noir de mes paupières closes,
J’imaginais vos doigts défaisant lentement
Les lacets, les boutons de chaque vêtement,
Retardant les sommets de vos apothéoses. 

Votre souffle rapide effleurait mes cheveux ;
Transi, je respirais l’odeur de vos mains moites
Explorant mes accès, ouvertures étroites
Où glisser malgré tout votre membre nerveux. 

Vos râles écœurants me devenaient mesure
Pour calculer le temps jusqu’à ce point final
Qui délivrait ma peau du contact infernal,
Mais rougie aux endroits de quelque déchirure. 

Après le rituel répugnant du kleenex,
Vous donniez des conseils sur l’attitude à prendre,
Avec des arguments que je croyais comprendre ;
Me quittant vous posiez sur ma bouche un index. 

Je n’ai jamais rien dit, je n’ai pas fait de peine,
J’ai gardé le secret, ma honte et ma douleur ;
Vous voyant retraité, Monsieur l’instituteur,
Je voudrais bien savoir si le remords vous gêne. 

Mais lorsque je répète à des petits garçons
Les mots qui, criminel, ont brisé mon enfance,
Je ressens vos élans et la même souffrance,
Un émoi similaire, identiques frissons.

(Extrait de mon recueil Rouge et Noir Eden)

PS : mon propos n’était bien évidemment pas de stigmatiser le corps enseignant dans son ensemble. L’instituteur est ici victime de la rime !…

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 FEVRIER

Est-ce pour se venger de sa petite taille
Que cet instable mois, dans un brusque sursaut,
Se jette à corps perdu dans l’ultime bataille,
Pour offrir à l’hiver le bonheur d’un assaut ?

Mais bravant la froidure ou les flocons de neige,
Les enfants déguisés fêteront carnaval ;
Sur la place déjà les chevaux d’un manège
Attendent les acteurs du joyeux festival.

Au milieu de sa vie une journée entière
Est vouée à l’amour grâce au cher Valentin ;
Le cœur d’une fleuriste ou d’une bijoutière
Bat au rythme effréné des pièces du butin.

La douleur de partir est parfois prolongée ;
Un jour supplémentaire est un cadeau cruel
Pour qui voit sa tristesse à peine soulagée
Par le retour certain de l’an perpétuel.

(Ecrit le 01.01.1998)

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JANVIER

Arrivé le premier au milieu de la fête
Il explose de joie au son des violons,
Des bouchons de champagne et des coups de trompette,
D’une valse musette et des joyeux flonflons.

Après les baisers longs et les tendres étreintes
Des amoureux toujours mais pour combien de temps,
Les résolutions, d’enthousiasme empreintes,
Se prennent chaque année et se perdent longtemps.

Vers le petit matin, les yeux lourds de fatigue
Et la bouche pâteuse à cause de l’alcool,
Chacun rentre chez soi comme l’enfant prodigue,
Malgré le brouillard dense et givrant sur le sol.

Trente et un jours de neige, autant de nuits polaires,
Janvier s’étire et dure et tue avec froideur
Les exclus du système en plusieurs exemplaires
Avant de disparaître au fort de son ardeur.

(écrit le 29 novembre 1997)

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LA NEIGE

Pendant la nuit, sans bruit, les flocons ont paru
Et valsé dans le ciel avant de toucher terre,
La recouvrant bientôt jusqu’au moindre parterre
D’un mince tapis blanc de nul pas parcouru.

A l’aube cependant le silence est sublime :
La ville a revêtu son manteau virginal,
Et chacun découvrant ce décor hivernal
Est saisi malgré soi d’un respect légitime.

Parfois le vent s’amuse à frôler dans le parc
La cime des sapins frissonnant sous le souffle ;
Le pied d’un banc chaussé d’une étrange tantoufle
Réconforte un rameau recourbé comme un arc.

Moi, si j’étais la neige, à partir de novembre
Je tomberais sans cesse avec l’espoir diffus
De semer un émoi dans ton regard confus,
Au risque de périr sur le seuil de ta chambre.

(Extrait du recueil Amours Multiples)

 

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Aux victimes de l’attentat sur le World Trade Center à Manhattan
Le 11 septembre 2001

QUIPROQUO 

Nous avons vu ce soir des images de guerre :
Un avion kamikaze a percuté deux tours,
Sœurs jumelles jadis aux familiers contours, 

Et nous vivons l’horreur de nos parents naguère. 

Devant les caméras, des corps ensanglantés
Par des éclats de verre implorent la clémence
Sans pouvoir mettre un nom sur ceux que la démence
Habite au point de suivre un plan d’atrocités. 

Du milieu d’un immeuble une femme, peut-être,
Agite ses bras nus, geste de désespoir
Que suivent les passants debout sur le trottoir,
Et soudain sous leurs yeux saute par la fenêtre. 

Sur le petit écran, la fumée et le feu
Envahissent la ville. Est-ce un film d’épouvante ?
Un cauchemar plus vrai qu’un récit qu’on invente
Se déroule en direct dont la mort est l’enjeu. 

L’absurde augmente encore : un gratte-ciel s’effondre,
Spectacle hallucinant quand le deuxième aussi
S’écroule avec lenteur. Truquage réussi ?
Cinéma ? Fait réel ? On pourrait bien confondre. 

Mais les milliers d’acteurs ne se relèvent pas,
Le tournage a pris fin, le décor est en cendres,
Le héros ne peut plus murmurer des mots tendres
À sa douce maîtresse aux généreux appas. 

Je vois l’heure figée aux cadrans des pendules,
Les larmes des parents toujours couler à flots ;
Que vienne le silence étouffer les sanglots
Des témoins de la rue aux regards incrédules.
  

(écrit le 11 septembre 2001)

 

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Aux terroristes après l’attentat sur le World Trade Center à Manhattan
Le 11 septembre 2001 

LETTRE OUVERTE 

En ce jour de septembre où vous avez plongé
L’Amérique et le monde au cœur de l’épouvante,
Le plan d’attaque issu d’un esprit ravagé
A surpassé l’horreur des films que l’on invente. 

Obéissant aux lois du terrorisme pur,
Au nom d’une fureur toujours inassouvie,
Pour répondre aux besoins d’un idéal obscur,
Vous semez la terreur en offrant votre vie. 
  

Sous des tonnes d’acier, de verre et de béton,
Des milliers d’innocents gisent sous les décombres ;
On se croit spectateur d’un mauvais feuilleton
Quand le décor explose en moutonnements sombres. 

Dans ces ruines en feu, vos compagnons sont morts,
Criminels pour les uns, martyrs pour leurs émules,
Et si les sauveteurs décuplent leurs efforts,
Les flots de sang versé mélangent les formules. 

L’âme d’un assassin se réclamant de Dieu
En choisissant aussi le sort de ses victimes
Erre-t-elle à jamais en un différent lieu
De celle d’un pasteur en prières ultimes ? 

Des familles en pleurs depuis vos attentats
Cherchent en vain des corps, vous accusant du pire,
Et les discours du chef du plus grand des états
Veulent venger les tours, symboles d’un empire. 

Vous avez déclaré la guerre à l’Occident.
Si quelques uns se font l’avocat de vos actes,
Beaucoup d’Américains, avec leur président,
Ajouteront l’exode à vos douleurs intactes.

(écrit le 11 septembre 2001)

 

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L’ABSENCE

Dans le ronronnement de mon ordinateur,
J’entends le souvenir de son panier qui grince ;
Le souffle court, je vais constater mon erreur : 

À sa place, le vide affreux. Mon cœur se pince. 

Il manque, le matin, son accueil chaleureux,
J’accomplis chaque jour un geste, une habitude,
Dans ma gorge l’appel de son nom sonne creux, 

Le silence répond, maudite certitude ! 

Il semble ridicule aux yeux des gens sensés
De chérir une bête et de craindre sa perte,
Alors on tait la peine et les pleurs déplacés
Quand sa mort nous fait mal comme une plaie ouverte.
  

Le trépas de tout être, animal ou parent,
Cause un chagrin semblable, une même souffrance ;
Pourquoi le désespoir serait-il différent
Quand pareille est en nous la douleur de l’absence ?

(Ecrit le 12.09.2004 après la mort de Lorca, notre femelle labrador) 

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SOEUR DEFUNTE

Voilà dix ans déjà que tu nous as quittés
Sans laisser à personne une lettre un message
Pour tenter d’expliquer par des mots inventés
Tes raisons de partir pour l’ultime voyage.

L’abandon d’un amant et ton retour ici
Pouvaient-ils motiver ce geste irréparable,
Qui devait tout régler jusqu’au moindre souci
Mais nous glaçait le coeur d’un sentiment coupable ?

Pas encor quarante ans et pourtant sans espoir
De bonheur ni désir de donner à ta fille
Cet amour maternel qui devenait devoir
S’il demeurait adjoint au père de famille.

Voilà dix ans déjà mais je revois toujours
Sur ton visage blème un rictus qui se fige,
Autour de ton cou mince un ruban de velours
Pour masquer du cordon le douloureux vestige.

(Ecrit le 15 juillet 1996 en souvenir de ma soeur)

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UN JOUR

 Un jour d’été trop chaud tu préféras partir
Plutôt que de lutter pour demeurer en vie
Et ton affection que la mort m’a ravie
Dans mon coeur est gravée à n’en plus ressortir.

Un jour sans le vouloir j’entrais dans ton histoire
Cadeau maudit, je sais, d’un homme de toi fou
Et l’enfant qui naissait à l’aube du mois d’août
Poussait son hurlement comme un cri de victoire.

Tes parents bravement ont tenté d’élever
Le fruit de ton erreur qu’ils ne pouvaient comprendre
Tandis que j’attendais une parole tendre
Et qu’à l’amant futur je préférais rêver.

Un jour adolescente enfin tu m’as reprise
Affrontant le courroux de ton père trahi,
Blessé dans son orgueil, par la peine envahi,
Qui voyait en ce choix une triste bêtise.

Un jour de février, majeure depuis peu,
J’abandonnai l’école et m’exilai de France
Pour fuir les souvenirs douloureux de l’enfance
Et trouver le bonheur auprès de qui me veut.

Et le temps s’écoulait toujours un peu plus vite ;
Mariage et naissance, un divorce plus tard,
Me voilà revenue à mon point de départ
Vers cet amour déçu que ma pensée évite.

Un jour proche ou lointain serons-nous réunis ?
Cet espoir obsédant nous donne le courage
De poursuivre sans toi jusqu’au bout le voyage
Mais ton départ subit nous laissa démunis.

(Ecrit le 17 juin 1996 en souvenir de ma mère)

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Pour écouter ce slam, cliquer ici : Poèmes wma femmedehandicap.wma

FEMME DE HANDICAPE

 

(Ce slam est dédié à mon cousin Christian, tétraplégique depuis le 1er janvier 2006).

C’était aux premières heures du premier jour de l’an,
En janvier deux mille six qu’a eu lieu l’accident.
Le hasard a voulu qu’un sanglier
Au même instant traverse la chaussée.
Pour éviter le choc frontal,
Ta femme a fait un geste brutal :
Un coup de volant à quarante-cinq degrés.
La voiture a piqué du nez
Dans le fossé qui bordait la route
Et qu’elle n’avait pas vu, sans doute.
Quand on nous a prévenues
Que tu ne marcherais plus,
J’ai eu mal aux tripes pour toi,
J’ai versé quelques larmes, je crois,
J’me souviens plus très bien,
Je pensais à tout et à rien.
Sur ton lit d’hôpital,
T’avais pas l’air si mal.
On a regardé ta figure,
Y’avait pas de blessure.
On a réprimé un soupir,
On s’était attendu au pire.
Bien sûr, tu ne marchais pas,
Mais tes jambes, on les voyait pas.
On admirait beaucoup ta femme
Qui restait là malgré le drame.
Elle venait tous les jours
Pour te prouver son amour.
Puis les mois ont passé,
T’étais toujours handicapé.
Alors elle a changé d’attitude,
Elle a montré d’la lassitude,
Et l’exaspération
A remplacé la passion.
Pour couronner le tout et ajouter à ta souffrance
Elle a piqué le fric, celui que l’assurance
Avait déjà versé pour ton fauteuil.
Faut quand même pas avoir beaucoup d’orgueil.
Je n’veux pas juger ni la blâmer,
J’veux seulement témoigner.
Je ne suis pas certaine que je serais meilleure
Confrontée au même malheur.
Pour sûr, je ne suis pas voleuse
Et tellement plus orgueilleuse,
Mais est-ce que j’aurais plus de couilles
Pour faire face à la trouille
Qui naît du handicap,
De la différence qui frappe,
Peur du regard des gens
Qui se veut compatissant
Pour finir par se détourner
Sous prétexte que c’est trop dur à supporter ?
Quand ta femme t’aura quitté un sâle matin,
Ne lui cache rien de ta déception, de ton chagrin,
Afin qu’elle sache qu’en plus de la douleur qui te fracasse,
Elle t’a elle-même porté au coeur le coup de grâce.
J’aimerais encore te dire
Qu’il faut toujours croire en l’avenir,
Mais comment trouver les mots
Qui sonnent juste sans être faux ?

 

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Pour écouter ce slam, cliquer sur ici : wma premierslam.wma 

PREMIER SLAM

J’ai découvert le slam
Un soir de solitude ;
C’était comme de la came,
J’ai pris de l’altitude.
J’ai entendu Grand Corps Malade
J’comprenais rien à ses salades ;
J’me suis forcée à l’écouter
Et là, ses paroles m’ont scotchée.
Les keufs, les meufs, chelou et relou,
C’est sûr, j’comprenais pas tout,
Mais je captais l’essentiel,
Ecrire, pour moi, c’est naturel.
Alors j’me suis dit, faut qu »t’essayes,
Même si j’me trouvais un peu vieille.
Les rappeurs, les slameurs, les purs,
Vont me trouver nulle, c’est sûr !
Depuis je suis accro
Je slame en douce comme une clepto
Du matin au soir
Et même la nuit dans l’noir.
Au début c’était pas évident,
Je fais de la poésie depuis quarante ans,
De celle que l’on dit belle et classique,
La poésie académique,
Même si déjà dans mes poèmes
J’abordais différents thèmes :
L’amour, la mort, la maladie,
La guerre, le chômage et la pédophilie.
Mais pour quelqu’un comme moi
Qui a fait du carcan des règles un choix,
Ne plus respecter le sexe des rimes,
C’était un peu comme un crime.
Les mots qui circulent toujours dans ma tête
Se sont mis à danser, c’était la fête !
Plus de laisse ni de muselière,
Ils ont appris l’école buissonnière,
Plus d’obligation ni d’interdits,
Plus de maître en prosodie.
Seuls comptaient les mots qui claquent
Comme des coups de poing ou comme des claques
Pour qu’ils aillent droit au but,
Comme un bon coup de pied au cul !

*****************************************

 

SUR LA TOMBE D’UN ARBRE

J’attendais chaque année avec impatience
Le retour du printemps et des premiers crocus, 

Petits points de couleur au pied du vieux prunus,
Objet de mon plaisir et de ma surveillance. 

Car les fleurs de cet arbre offraient à l’horizon 
Une touche pastel au cœur de la grisaille,
L’usine où brillent seuls les éclats de grenaille 

Aux mains des ouvriers dans leur chaude prison. 

J’aimais, le contemplant, songer à d’autres choses,
Oublier mes chagrins, mes soucis et tourments, 

Puis revenir plus forte, après ces errements,
Vers les visages clos des collègues moroses. 

Mais la tempête, hélas ! me l’a déraciné ; 
Le cèdre du Liban, mis à terre de même,
N’a laissé que l’écho de sa douleur extrême 

Et je pleure ma part de rêve assassiné. 

Il ne reste qu’un trou, comme une plaie ouverte,
Où mon regard s’attarde, observant un corbeau 

Chercher sa nourriture au sein de ce tombeau,
Fragile souvenir d’une pensée inerte. 

 

***************************************

LES ECHOS DU NEANT 

Lorsque trempant ma plume au fond de ton silence 
Me revient en mémoire un poème de toi,
J’entends battre mon cœur sans comprendre pourquoi 

Car tu n’as pas nourri mes souvenirs d’enfance. 

Tous les ans j’espérais un cadeau de Noël,
Rêvant d’une poupée ou d’un ours en peluche, 

De papa, joli mot sur lequel je trébuche :
J’obtenais un baiser, pas même paternel, 

Et des vœux anodins formulés sur la carte 
Que tu me gribouillais, t’acquittant d’un devoir.
Il m’a fallu du temps pour ne plus t’en vouloir, 

Pour que la rancœur passe ou que je m’en écarte. 

Alors j’ai découvert un homme différent,
Acceptant de te voir sous les traits d’un poète ; 

Je ne connaissais pas tes yeux, ta silhouette,
Mais tu m’apparaissais, dans tes vers, transparent. 

J’ai tenté bien souvent de démêler l’histoire 
De ma naissance au sein d’un couple dévasté,
Mais tes alexandrins, mensonge ou vérité, 

Entretenaient le doute et l’art contradictoire. 

L’amour n’a pas jailli de mon premier regard,
Rien n’a jamais scellé nos rencontres furtives ; 

La tendresse et la joie en nos âmes captives
Auraient voulu bondir, mais il était trop tard. 

Peut-être un jour lointain, sur ton lit de souffrance, 
Aurais-tu des regrets ? Sans messe ni cercueil
Ton corps fut emporté. Tu m’as privé d’un deuil 

Et je trempe ma plume au fond de ton absence. 

***************************************

SONGE D’AMOUR

Je traverse avec toi l’espace et le temps vides, 
Souvenir récurrent du jeu des unités,
Mots dont le sens est mort pour nos corps habités 

Par le noir et l’oubli de nos âmes avides. 

L’espoir toujours déçu d’un baiser paternel
Se consumait au feu de l’incommensurable ; 

Mon cœur frappé jadis de ce mal incurable
De honte s’est brisé dans le désir charnel. 

Il m’a fallu te suivre au seuil de la souffrance 
Pour que la paix survienne au sein de la douleur ;
Une larme vermeille en tes yeux sans couleur 

A libéré d’un coup ma peine en survivance. 

Mais ton image fuit l’aube d’un jour nouveau
Qui sème ton parfum sur les rives du songe ; 

J’aimais croire au bonheur, l’amour fût-il mensonge
Et l’absence une fleur à l’ombre d’un caveau. 

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                                                                                                          Sonnet 
À ma mère

LES NON-DITS

 Le temps n’a pas brouillé les traits de ton visage ;
Comme je t’ai quittée, un dimanche matin, 

Je te retrouve en songe, en jupe de satin,
Quelques brins de muguet piqués dans ton corsage. 

As-tu le souvenir de ta fille en bas-âge, 
Abandonnée à ceux qui t’appelaient putain ?
La poupée aux yeux verts que je nommais catin 

Se taisait sous les coups quand je n’étais pas sage. 

Cinq ans d’adolescence à croire, à tes cotés,
Que l’amour se rattrape ;hélas ! les cœurs mâtés 

Ne savent plus s’épandre. Alors, je suis partie. 

Mes sentiments pour toi ne se devinaient pas,
Tu maquillais d’humour la peine ressentie ; 

Ainsi t’ai-je manquée au seuil de ton trépas. 

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Les cinq poèmes suivants ont été récompensés en novembre 2007 par l’Alérion d’or décerné au meilleur participant parmi les anciens Grand Prix des Poètes Lorrains :

LE CRI DES OMBRES 

La tête me tournait : j’ai fermé les paupières. 

Un homme se pencha pour ramasser des pierres,
Une arme redoutable au poing d’un révolté, 
Au nom de la justice et de la liberté, 
Pauvres mots bafoués dans un pays en guerre.
Un père pleure un fils qu’il ne connaissait guère
Mais que son peuple acclame en martyr idéal 
Pour secouer le joug du monde occidental.

Une femme cachée aux regards sacrilèges
Disparaît sous le voile. Infâmes sortilèges
Du mollah tout-puissant qui dicte aux musulmans 
Des versets détournés par quelques boniments, 
Sous couvert mensonger de la loi coranique.
Dame-chose immolée à la lutte islamique.
Des petits orphelins sans une larme aux yeux 
Sont les muets témoins de mon Noël joyeux. 
Ni bonhomme, ni rêne et point de cheminée
Pour ces laissés-pour-compte, enfance assassinée.

Les huîtres fleurent fort et le saumon sent bon,
Dans le four se prépare une dinde, un chapon ; 

Le champagne pétille au son des mitraillettes 
Et des gouttes de sang ternissent nos paillettes.
Le rire et les sanglots se livrent un combat
Sans même devenir le sujet d’un débat, 
Et j’entends des cailloux jetés dans nos soupières.

Le cœur me débordait : j’ai rouvert les paupières.

REVEILLON

 Ce soir il faudra rire et paraître joyeux,
Vouloir faire la fête et détourner les yeux
De la misère et de la mort environnantes. 

Je devrai rester sourde aux bombes détonantes, 
Aveugle aux attentats, aux suicides masqués
Sous des actes mortels de criminels manqués. 
Lorsque les douze coups sonneront aux églises,
Le chemin de l’amour éclairé de balises 
Conduira-t-il au port de la paix, les soldats ?
Pour finir en martyr, combien de candidats
Répondront cependant à l’appel de la guerre,
Qu’elle soit dite sainte ou simplement vulgaire ?


Le dernier jour se meurt, vive le Nouvel An ! 
Je trinque à l’avenir avec un faux élan.
Ô charme de l’hypnose ! étends sur moi tes voiles
Et ne laisse passer que le feu des étoiles
Puis des baisers ardents pour conjurer le sort 
Jeté sur l’univers lorsque le diable sort. 
Entre la bûche et le café, valsons ensemble ;
J’accuserai l’ivresse et l’émoi si je tremble, 

Non la honte de fuir les peuples à genoux.
Et vous, mes disparus, venez vous joindre à nous,
Sortez de vos tombeaux, renaissez de vos cendres,
Et mêlez votre voix à nos paroles tendres.

LA MER EN NOIR ET BLANC

Le soleil se reflète en flaques argentées,
Innombrables miroirs où se perd mon regard,
Dans les eaux de la mer aux couleurs tourmentées
Et si je l’aime tant, ce n’est pas par hasard. 

J’ai comme elle un penchant pour l’outrance et le calme, 
Balancement d’autiste et cadences des flots ;
Sa rage me fascine et sa beauté me charme,
Enfer et paradis au cœur des matelots. 

Le gris du ciel ressemble aux teintes de l’ardoise 
Des toits bretons barrant la ligne d’horizon ;
Un cormoran perché sur un écueil me toise,
Etonné de nous voir, touristes hors-saison. 

L’écume ivoire coiffe une vague anthracite 
Qui roule ses galets comme dansent mes vers, 
Créés pour l’océan que tout bas je récite
Tel un hommage sobre aux dieux de l’univers.

 

UNE ROSE AU VENT

Le ciel a revêtu son uniforme gris
Pour penser aux défunts, pour annoncer novembre,
Et j’écoute la pluie au carreau de la chambre 
Me parler du chagrin, des pleurs des cœurs aigris. 

Ces larmes de cristal qui ruissellent dans l’ombre,
Comme une source pure où naîtrait l’univers, 
Sont des puits de souffrance éclaboussant de vers
Mes rêves éveillés au fond desquels je sombre. 

J’entends venir à moi le cortège des morts
Qui chaque année augmente et me laisse pensive :
La vanité d’écrire et l’espoir que survive 
L’écho de mon esprit valent-ils tant d’efforts ? 

Mes fantômes s’en vont dans un rai de lumière
Rejoindre leur royaume à l’envers du soleil ;
Ultime souvenir avant le grand sommeil, 
Dans le vent se balance une rose trémière.

PENSEES MARINES

L’océan, vague à vague, enfle son corps d’azur
Et son chuchotement sur les chemins pervenche
De l’immensité bleue où mon âme se penche 
Enivre mon cœur lourd d’un concert triste et pur.

La houle me raconte un carnet de voyage
Ecrit par les embruns, dicté par tous les vents, 
Dessiné par l’éclat d’autres soleils levants,
Parfumé par l’essence ancrée en son sillage. 

Le cri des goélands me chante l’amour fou
Qu’éprouve pour la mer le marin solitaire,
Plus fort que le désir de prendre femme à terre, 
Pour qui la bague au doigt vaut une corde au cou. 

Et de la lande vient jusqu’à moi le murmure
Des sanglots qu’une fille étouffe dans son sein ; 
Le message confus que j’ignore à dessein
Cogne au silence d’or dans lequel je m’emmure. 




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