L’araignée

AraignéeLe fil entre la rampe et la branche de l’if
Brillait comme un repère, une chaîne argentée ;
J’ai suivi le chemin de la ligne jetée
Et découvert l’ouvrage au singulier motif.

Rien ne peut échapper à mon œil attentif,
De la toile en suspens, dentelle crochetée
En perles de rosée et de givre teintée ;
Mais j’esquisse à ta vue un mouvement craintif.

Au milieu du filet, broderie aérienne,
Qui se balance au gré de l’onde zéphyrienne,
Tu sembles reposer, mais d’un sommeil trompeur.

Toi que je trouve belle en ton palais de soie,
Naturelle œuvre d’art, pourquoi me fais-tu peur ?
Entends mon souffle court ! Il faut que je m’assoie !

(Extrait de mon prochain recueil « Les Couleurs de l’âme »)

24 Réponses à “L’araignée”


  • Superbe poème, surtout de la part de quelqu’un qui a peur de ces petites bêtes ! Bravo !

  • Toujours ciselée, ta poésie est une dentelle de l’âme qui s’habille de toutes les couleurs.

  • Joli sonnet écrit dans les règles de l’art, sachant que le sonnet est l’un des exercices les plus difficiles de la prosodie française…
    Dans mon langage perso, reniant la notion de « suffisantes » c’est ce que j’appelle des « rimes parfaites »…
    Bravissimo…

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    • Merci Claudio. Hormis le premier vers, je pense qu’on peut dire que les autres rimes sont « riches ».
      J’aime beaucoup le sonnet ; de toutes les formes dites fixes, je trouve que c’est la plus sympa car il y a la contrainte de l’espace (14 vers, pas un de plus et pas un de moins) qui oblige à être concis dans son propos, mais sans autre contrainte (comme des vers répétitifs) permettant ainsi une certaine liberté d’expression en dépit de l’obligation des rimes (5 rimes pour 14 vers), mais il suffit de les bien choisir pour avoir un choix de mots intéressant. La forme est donc à la fois exigeante et libre, tout ce que j’aime !

  • Quelle est ta définition de la riche ?…

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    • Pour moi, la rime est riche lorsque la consonne précédant la rime est la même.
      Dans mon sonnet, je pense que « motif », « attentif » et « craintif » sont des rimes riches alors que « l’if » est une rime suffisante.

  • Je souhaite que tu aies raison Zaz, cela voudrait que les 30 à 40 dernières chansons que j’ai écrites sont toutes en rimes riches !…
    Mais je crains que cela ne soit plus complexe…
    Je reprends ton poème, d’après ma modeste connaissance des règles de l’art, argentée/jetée ne me semblent pas être des rimes riches… crochetée/teintée non plus…
    En revanche : attentif/craintif » oui…
    Je te cite quelques explications extraites de divers traités de versification :
    « Le résultat théorique de Beaudouin est donc d’une grande complexité : « Nous pouvons dire, parce que nous avons étudié les groupes de mots-rimes, que désir et soupir constituent une rime pauvre, mourir et périr une rime suffisante et secourir et mourir une rime riche»

    ou encore
    « la conception de Grammont part d’un simple compte des phonèmes identiques ; à partir de 3 phonème la rime est riche, que l’on ait :
    consonne + voyelle + consonne : cheval/rival
    consonne + consonne + voyelle : tordu/perdu
    voyelle + consonne + consonne : verve/serve »
    Prouve-moi que j’ai tort, Zaz, et je serais content pour mes petites chansons…

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    • Tu as parfaitement raison, Claudio ! Tes références sont excellentes ! Cela dit, je pense que « désir » et « soupir » ne sont pas des rimes pauvres mais des rimes suffisantes. Dans mon traité de poésie classique (Armand Colin), il est recommandé d’utiliser la rime riche pour rimes embrassées mais pas nécessairement pour les deux du milieu. Dans la mesure du possible, j’essaie de suivre cette règle, j’essaie de même d’éviter les rimes banales, parfois très tentantes !… Mais j’essaie aussi, dans mes poèmes, de ne pas pousser le bouchon trop loin afin de ne pas brimer l’expression. Même l’expert en sonnet, José Maria de Heredia, déroge aux rimes riches.

  • … et je doute également pour « de soie/assoie » car il n’y a que 2 phonèmes « S » « OUA »…

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  • Je ne comprends pas grand-chose à ce que dit ce Claudio, ce que je sais par contre, c’est que ton poème est magnifique. Ne te laisse pas attaquer comme ça car tu ne le mérite pas. qu’il commence par nous montrer ces fameuses chansons et on verra s’il t’arrive à la cheville.

    • Tout doux, Fred ! Claudio est un ami et il n’a rien dit d’insultant. Ses remarques sont légitimes et tout à fait fondées. Me targuant d’écrire en poésie rigoureusement classique, il est normal que mes lecteurs mettent le doigt sur les imperfections de mes poèmes. Surtout s’agissant d’un sonnet, cette forme fixe ne souffrant guère les à peu près ! Mais j’apprécie ta fougue à me défendre, venant d’un ami purement virtuel, elle me touche énormément.

    • Mais non Fred, il faut juste distinguer la critique dévastatrice de la critique constructive.
      J’ai déjà eu droit, sur ce blog, à des commentaires franchement méchants ; là tu aurais eu de quoi me défendre ! ;-)
      Bises et bonne journée.

  • Évidemment Zaz, Fred ne sais pas que nous sommes de bons amis et que nos échanges sur la versification ne datent pas d’aujourd’hui…
    Ceci étant, je n’ai rien dit de désobligeant et je pensais que c’était clair pour tous les lecteurs de ton blog…

    De plus, je ne prétends pas avoir ton talent de poète classique ni de t’arriver à la cheville, moi je ne suis qu’un auteur compositeur et j’écris des paroles que je mets en musique… Mais je fais tout de même attention quand j’écris mes petites chansonnettes…

    Pour satisfaire Fred, je te poste quand même une petite chanson écrite sur deux rimes, mais par couples de rimes RICHES, (dis-moi si je me trompe, Zaz)…

    Je reste fidèle à mes critères, à savoir : L’écriture de mes chansons, malgré la recherche de la rime, n’est faite que de mots simples car elle ne doit poser aucune difficulté de compréhension mémorisation pour ceux qui l’écoutent et qui voudront la fredonner, c’est le propre de la chanson populaire… Mais populaire pour moi est loin d’être péjoratif, au contraire… En résumé, on ne doit pas écrire de la « merde » c’est une question de respect pour le public…

    LA FEMME INFIDELE

    (refrain)
    J’aime la femme infidèle
    Et je suis amoureux d’elle
    Qui n’ose pas dire non
    Quand je murmure son nom.

    J’ai le cœur qui étincelle
    Lorsque je retrouve celle
    Qui se moque bien dit-on
    De tous les qu’en dira t’on
    J’aime ses passions charnelles
    Et le feu de ses prunelles
    Ses petits sourires fripons
    Les trésors de son jupon.

    Ne me cherchez pas querelle
    Si j’aime ces tourterelles
    S’échappant de vos maisons
    Où elles s’ennuient à poison
    C’est la vieille ritournelle
    Congédiez vos sentinelles
    Vous ne pourrez sans façons
    Les garder dans vos prisons.

    Mais parfois à tire-d’aile
    S’enfuit la femme infidèle
    Pour éplucher les oignons
    Du triste mari grognon
    Pour chauffer son vermicelle
    Et ses amours qui chancellent
    Conserver son cornichon
    Ne pas brûler le torchon.

    Quand elle revient rebelle
    Elle semble encor plus belle
    Pour me donner le frisson
    Pour entrer dans mes chansons
    Elle me revient femelle
    Et nos deux corps s’entremêlent
    Je goûte ses trahisons
    Pour en perdre la raison.

    Un jour la belle sensuelle
    Tout à coup devient cruelle
    Puis elle me fait faux bond
    Avec son cœur vagabond
    Après trois larmes modèles
    Je cherche une autre hirondelle
    Une autre beauté canon
    Qui ne me dira pas non.

    J’aime la femme infidèle
    Et je suis amoureux d’elle
    Qui n’ose pas dire non
    Quand je murmure son nom.

    Pour entendre la chanson rendez-vous sur mon blog :
    http://boaretto.unblog.fr/2010/03/09/la-femme-infidele/

    Dernière publication sur Photos, Reportages, Chansons, Venise : DANS LA SÉRIE « DÉSERTS D’EAU », « LA CLAIRIÈRE AUX CHAMPIGNONS » DE HUGO H

    • C’est pourquoi je le lui ai dit dans mon avant-dernier commentaire : « Claudio est un ami » etc. Fred est un ami virtuel, un fidèle de mon blog depuis quelque mois. Au-delà de l’aspect un peu chevaleresque du gentilhomme qui vole au secours de la dame, son attitude m’a touchée. Tu sais comme moi que la toile peut être un déversoir pour belliqueux impénitents, alors quand on rencontre un peu de tendresse, on ne peut s’empêcher de vouloir s’y vautrer un peu !
      Mais revenons à nos rimes ! Je suis tout à fait d’accord avec toi : on se doit de ne pas écrire de la merde, même si le public parfois s’en goinfre et s’en lèche longtemps les babines !… Les rimes de ta chanson sont impeccables, juste un petit bémol pour « façons/prisons ».
      J’espère en tout cas que nous n’aurons pas fait fuir l’ami Fred qui a l’air d’un gars bien sympathique !

  • façons/prisons, tu as raison, c’est le maillon faible…
    ton ami virtuel Fred m’est sympathique et l’on ne peut lui en vouloir de ne pas connaître la prosodie française dans laquelle parfois nous aimons plonger…

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  • En effet je ne connais rien aux règles de la poésie classique, mais je sais reconnaître un bon poème par l’émotion qu’il me procure. Et puisque ton ami me trouve sympa, n’en parlons plus.

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