L’enfant de l’espoir

Un enfant se prépare à découvrir le monde
Après neuf mois dedans le ventre maternel,
Issu du feu des corps, l’embrasement charnel,
Fruit conçu dans l’amour ou dans le crime immonde.

Il ne sait rien de la famille et du pays
D’accueil. Hélas ! on ne choisit ni l’un ni l’autre,
Ni les draps en satin dans lesquels on se vautre
Ni le cloaque infâme où le porc fait son nid.

Un trottoir de Manille ou la villa cossue
D’une riche banlieue attendra ce gamin
Dont les parents peut-être ont tracé le chemin :
Boulevard pavé d’or ou route sans issue.

Fusil en bakélite ou cuillère en argent,
Cette arme dans son poing fera de lui l’esclave
D’un univers cruel où chaque jour s’aggrave
L’ampleur de la misère au front de l’indigent.

Mais si rien ne s’oppose à la fureur qui gronde,
Je conserve en mon cœur l’inébranlable espoir
Qu’une lueur demain rejaillisse du noir,
Qu’un enfant se prépare à sauver notre monde.

Ce poème a obtenu le Premier Prix, Prix Charles Guérin, au Prix littéraire de Graffigny, organisé par la Ville de Lunéville et la Communauté de Communes du Lunévillois, en partenariat avec le Cercle Littéraire Léopold. Le thème du concours était « L’enfance ».
Par manque de temps, j’écris désormais très peu de poésie et ce poème est le seul de l’année, composé expressément pour ce concours. C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’ai pris connaissance de ce palmarès qui m’honore.

19 Réponses à “L’enfant de l’espoir”


  • Une récompense amplement méritée Isabelle !
    Un très joli poème.
    Bisous, bonne journée.
    JC

    PS : J’aimerais le mettre sur mon blog, bien sûr en indiquant l’origine, serais-tu d’accord ?

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  • Versification classique parfaite….
    Sinon, pour te taquiner Zaz,je ne savais pas que tu faisais partie de ceux qui attendent le « messie »….

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  • Bien sûr JC, ce serait un honneur pour moi !

  • Le Messie est en effet l’Espoir incarné !
    J’espère que tu as apprécié le rejet dans la 2e strophe, dont je ne suis guère coutumière. En tout cas, écrivant si peu de poésie, ce prix me fait très plaisir.

  • Les rejets, j’adore!…. Je sais que les ayatollahs du classique ne courent pas après, mais pour moi c’est un signe de l’intelligence de l’auteur…
    J’aime encore plus quand le mot est coupé pour fabriquer la rime…. Les mêmes ayatollahs s’écrieront alors au sacrilège!….
    Ton poème est parfait… S’il fallait trouver une petite faiblesse, faut bien te faire râler, c’est justement cette rime masculine avec pays et nid qui, par opposition à riche, me semble pauvre….
    Ce prix est mérité, à part quelques rares poètes de notre connaissance, ils sont peu nombreux à versifier aussi bien que toi….

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  • Ayatollah !… Grrrrrrrrrrrr ! J’ai ce mot en horreur !
    Couper le mot pour fabriquer la rime… il ne faut quand même pas trop en demander ! Là, tu pousses Mémère dans les orties ! Personnellement, je n’ai rien contre, mais alors ce n’est plus du classique !
    Blague à part, je partage ton avis sur la pauvreté de la rime pays/nid. Et j’ai aussi découvert la répétition du mot « rien » que les mêmes Ayatollahs ne me pardonneraient pas ! Il faut croire qu’à Graffigny, on est plutôt tolérant… Mais pour moi, l’inconvénient d’un concours est qu’on ne sait jamais quels candidats de quel niveau on a eu en face. Ce qui explique d’ailleurs que par le passé, quand je faisais des concours tous azimuts, certains poèmes raflaient le premier prix et les mêmes ailleurs rien du tout !

  • ca dépend si on s’attache plus à la forme qu’au fond par exemple…

    J’aime beaucoup les contrastes que tu exprimes si bien dans ton poème.
    bravo

  • Oui, j’aime bien les images contrastées qui caractérisent notre monde.

  • Très juste, ils sont même à l’opposé dans ton poème

  • De retour sur le net après un peu d’absence.
    Bravo pour ce (nouveau) succès!
    Pourtant, personnellement, je ne suis plus trop porté sur la forme classique, que je trouve en décalage avec le monde actuel et sa langue – contradiction de plus car, pour le reste, je suis plutôt critique à son égard.
    Merci aussi pour vos différents commentaires sur mon blog, votre intérêt me faisant toujours plaisir malgré, parfois, nos petites divergences (j’en ai bien avec ma femme qui pense beaucoup comme vous…)
    Olivier

  • Je fais partie de ceux qui attendent le Messie …
    En plus j’adore ce poème !

  • Les petites divergences, quand elles sont exprimées avec respect, font tout l’intérêt des échanges. Bises à votre femme !

  • Merci Bernard pour ce commentaire enthousiaste ! C’est beau, un fan !!!

  • J’ai lu ce poème chez un bloggueur ami, je le trouve très beau l’espoir qu’il suscite me rassure sur l’avenir de notre humanité.
    Bonne journée Jacqueline.

    Dernière publication sur Binicaise : Blog en pause pour une durée indéterminée.

  • Merci Jacqueline, pour votre commentaire.
    Je pense en effet qu’il est très important de garder l’espoir car c’est souvent quand l’espoir nous quitte que tout va mal…

  • Jean-Jacques CHIRON

    Félicitation Isabelle ! Bien que tu connaisses ma rigueur poétique, je laisse de côté les faiblesses et suis
    ta pensée exprimée dans ce beau poème.

  • Jean-Jacques CHIRON

    Suite à ta demande, j’ai remarqué un grand nombre de
    « ou » et « où » dans ton poème. A travers le texte, cela
    ne représente-t-il pas le cri d’une huée ?
    Au deuxième quatrain l’enjambement est très hardi ;
    mais ne renforce-t-il pas le mot accueil ? D’un autre
    côté la rime « pays et nid » est plus que faible.
    Voilà ce que j’ai constaté en toute amitié.
    Bises.

  • Pour être honnête, je n’avais pas remarqué cette prolifération du son « ou ». Ta remarque me fait penser au commentaire de Camus assistant à une conférence de Sartre sur son livre « L’étranger » : « J’ignorais avoir exprimé autant de choses » !
    Oui, l’enjambement est hardi ! Une fois n’est pas coutume.
    En revanche, entièrement d’accord sur la pauvreté de la rime pays/nid. J’ai cherché, je n’ai pas trouvé, j’ai renoncé. C’est la liberté que s’octroie le poète de conserver une rime pauvre pour ne pas sacrifier l’idée. En toute connaissance de cause.
    En tout cas, merci de ton avis très avisé ! Et c’est ce qui me fait parfois regretter de ne pratiquement plus faire de concours : me frotter à des maîtres de ta trempe !
    Bisous Jean-Jacques !

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