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Archive journalière du 3 sept 2010

Foutu cordon

Ce fil qui relie l’embryon au placenta est sectionné à la naissance, occasionnant un traumatisme à la fois pour la mère et l’enfant, néanmoins banalisé ou occulté par l’arrivée du bébé. Mais ce cordon ne cesse de se reformer virtuellement et il faut recommencer la manip, plus délicate encore car on est seul, plus exactement seul à deux.
Mon petit partit à 20 ans, la fleur au fusil pour vivre avec sa copine. On a beau s’y préparer, on est pris au dépourvu et ce cordon, mal ou trop vite sectionné, causa de part et d’autre des petits soucis de cicatrisation. Puis il y eut un autre déménagement, une autre copine, puis encore un déménagement, seul dans un grand appartement pour valider son entrée dans la vie active par un CDI à Nancy. Il était à la fois autonome et proche ; c’était bon de le savoir à un quart d’heure de la maison, à portée de vue et de cœur. Or voilà que le travail l’oblige à quitter Nancy pour Forbach. Au contraire de nous, nos enfants doivent en effet choisir leur lieu de vie en fonction du marché de l’emploi. Nous avions de la chance, cela aurait pu être Paris ou Bordeaux. Il aurait aussi pu s’expatrier comme moi ; à peine majeure, j’étais partie vivre outre-Manche puis outre-Rhin et ma mère redoutait l’outre-Atlantique…
Cette fois, pas question de le déménager nous–mêmes ; en deux ans, il avait amassé meubles, vaisselle, linge de maison et appareils électroménagers en conséquence. Monique et moi – surtout Monique – l’avons aidé à faire ses cartons.
Puis le jour J arriva. Je le sentais à la fois soulagé de ne plus avoir à faire la route chaque jour et anxieux de ce nouveau départ. Un déménagement n’est jamais anodin ; on laisse toujours une petite part de soi dans les murs qu’on abandonne. Monique alla l’aider à emménager et je sentais bien qu’il avait très envie que je vienne aussi voir son petit nid, un appartement en duplex qu’il nous avait montré en photo. Par chance, je n’avais pas de travail urgent sous le coude ; j’ai donc pris la route avec lui. J’étais émue et fière de sa réussite. Il était heureux de me montrer chaque pièce de son T3. Nous n’avons pas eu le temps de ranger quoi que ce soit ; le temps pressait car il avait rendez-vous avec son ancienne propriétaire. Puis il me ramena à la maison et ne s’attarda pas car il devait encore récupérer son chat chez un copain qui l’avait hébergé le temps du déménagement. En même temps qu’il avait envie de partir vite pour être plus tôt chez lui, je sentais qu’il tardait, m’embrassant deux fois de suite. « Ce n’est pas loin ; on se verra aussi souvent qu’avant » promit-il.  Nous avions tous deux une boule dans la gorge et une autre au creux du ventre. Le foutu cordon tirait dur…




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