Archive mensuelle de mai 2008

Les gens du voyage

J’ai récemment reçu un fichier sur les gens du voyage qui m’a beaucoup choquée. Je ne le mets pas en pièce jointe pour ne pas aider à sa propagation.
Ce diaporama montrait des bohémiens, à l’allure très pauvre dans les années 50, puis des bohémiens d’aujourd’hui, propriétaires de grosses caravanes et de voitures puissantes. Ce diaporama était émaillé de commentaires bourrés de fautes et extrêmement violents, accusant les gens du voyage de toucher le RMI et de bénéficier de la CMU sans cotiser à aucune caisse ni payer aucun impôt. Avec cette constatation qu’en face, un travailleur payé durant toute sa vie au smic ne pourra jamais se payer les grosses cylindrées des « Manouches ». A la fin, l’auteur s’adresse au Président de la République pour qu’il remette de l’ordre dans ce domaine et remonte dans les sondages. Comme s’il avait besoin d’un tel encouragement !!!
J’adore Internet car je trouve que c’est un extraordinaire outil de recherche et de communication. Hélas ! c’est aussi un dangereux défouloir !… Je trouve par ailleurs dommage que certains Français, au lieu de descendre dans la rue pour protester contre le pouvoir d’achat qui baisse chaque jour, s’en prennent à une population de passage qui ne fait que profiter de ce qu’on leur offre.
Il reste aussi à prouver que l’auteur de ce fichier soit réellement en souffrance suite aux conditions de vie et de travail qui se dégradent effectivement de plus en plus. Car les plus virulents ne sont pas toujours les moins nantis !…

 

Bruxelles

Voilà enfin le compte-rendu et les photos de notre voyage à Bruxelles tant attendus par certain(e)s !
Que ceux et celles qui se sont inquiétés de ma santé soient remerciés et rassurés. Hormis une très grosse fatigue qui a déclenché divers petits maux, tout va bien !
Bonne visite à Bruxelles en cliquant sur l’onglet « voyages » et sur l’onglet « Photos ».

En attendant Bruxelles…

quelques photos de Véga… en cliquant sur ce lien http://zazecritoire.unblog.fr/photos/ 

 

HS, mais pas tout à fait !

Certains d’entre vous continuent à s’inquiéter de ne rien voir arriver concernant notre grand week-end à Bruxelles. Merci, merci, merci ! La raison est simple, ces deux dernières semaines ont été bien remplies, trop même, et je suis sur les genoux.
En plus, j’ai la crève ! Des amies sont venues dîner lundi dernier. L’une d’entre elles avait une angine. Mon organisme, surmené et hyper fatigué, a chopé le virus au vol ! Résultat : je pleure, je renifle, je tousse, je mouche ; bref, ce n’est pas la forme. Au point que j’ai dû, hier après-midi, m’allonger pendant deux heures…
Mais aujourd’hui, malgré une journée complète chez un client, je n’aurais pour rien au monde manqué le Requiem de Verdi à la basilique Saint-Epvre de Nancy. Je connais bien ce Requiem et ne fut pas déçue. C’était grandiose !!! D’aucuns aurait pu penser, me voyant bouche bée, que je l’étais d’admiration. C’était presque vrai… et sans doute pas très élégant !… Mais comment faire quand le nez est complètement bouché et qu’on ne peut décemment pas se moucher en plein concert ?

Tulipe et Domino

Suite à mon précédent article sur les redoutables cadeaux pour la fête des mères, une amie m’a posé la question : « Que dire des cadeaux reçus par les enfants ? » Il m’est alors revenu un autre souvenir lié à l’enfance de mon fils…

Comme tous les enfants, vers l’âge de six ans Stefan émit le désir d’avoir un animal domestique. Comme je ne voulais aucune contrainte, je refusai tout net l’adoption d’un chat ou d’un chien. Devant la mine déconfite de mon bambin qui n’osait pas fondre en larmes pour ne pas me donner l’impression d’un caprice, je lui concédai l’achat de poissons… Je vis bien à son air qu’il ne considérait pas vraiment les représentants de cette espèce comme des animaux domestiques, mais je demeurai intraitable : c’était ça ou rien !… Le ça étant toujours mieux que le rien, il accepta. Cependant, Comme je n’avais pas voulu investir dans un aquarium avec pompe et tout l’attirail qui l’accompagne, nos poissons mouraient les uns après les autres, promptement remplacés. Le vendeur de l’animalerie, pris de pitié, finit par me conseiller l’achat d’une petite tortue d’eau d’une espèce très résistante et interdite aujourd’hui. La seule nécessité était l’installation, dans l’aquarium, d’une pierre plate émergeante afin que le reptile pût y grimper pour dormir.
Malgré la mine dubitative du gamin qui espérait toujours l’arrivée d’un chat, j’achetai la tortue. Le vendeur me fit gentiment remarquer qu’il fallait en prendre deux si je ne voulais pas voir notre tortue déprimer… On me l’avait déjà faite dix ans plus tôt avec des chats !!! Mais soit, je ne voulais pas être responsable de la dépression d’un malheureux reptile incarcéré dans quelques litres cubes d’eau… Les deux tortues installées dans leur aquarium furent derechef baptisées Tulipe et Domino, en raison des dessins qu’elles portaient sous le ventre. Au moment du bisou du soir, Stefan me fit néanmoins remarquer que c’était bien dommage qu’on ne puisse pas faire câlin avec une tortue…
Deux ans plus tard, l’une d’entre elles, peut-être Tulipe, mourut subitement. A notre retour en fin de journée, nous la trouvâmes dans l’eau, ventre en l’air, tandis que la seconde demeurait prostrée sur sa pierre… Choqué par le récent décès de sa grand-mère maternelle, Stefan pleura longuement la mort de Tulipe. Me voyant prendre l’aquarium, il me demanda ce que j’allais faire.
– Il faut enlever la bête morte et nettoyer le récipient pour que l’autre se sente mieux, dis-je.
– Et Tulipe, tu vas en faire quoi ?
– Eh bien… la jeter…
– Quand même pas dans la poubelle !!! fit-il avec des yeux exorbités d’horreur.
– …
– On pourrait l’enterrer…, suggéra-t-il.
– L’enterrer ! Mais où ? Nous n’avons pas de jardin !
Il se tut pour réfléchir. Le cadavre gisait sur un journal. Je nettoyai l’aquarium, le remplit d’eau propre et y plongeai Domino qui nagea vigoureusement, à mon plus grand soulagement.
– Tu pourrais pas l’enterrer près de ton usine, au bord de l’eau ? fit une petite voix.
Je travaillais alors dans une entreprise située en bordure de la Moselle. Je regardais mon gamin qui épiait sur mon visage les signes d’un assentiment.
– Ce n’est pas évident… je vais me salir…. Je vais arriver crottée au bureau…
– On pourrait y aller samedi…
– On ne va pas garder une bête crevée à la maison pendant cinq jours !
– Alors fais-le, toi…
J’hésitais. La situation me semblait absurde. Je me voyais déjà, dans mon costume de secrétaire commerciale, dévaler la pente qui menait à la rive et, armée d’une fourchette, creuser une tombe pour y déposer le petit corps mort d’une tortue d’eau…
– Maman, s’il te plaît !
– Bon, d’accord !
– Tu jures ?
– Ah ça suffit ! on ne jure pas comme ça pour n’importe quoi !
Le lendemain, je mis le cadavre emballé de papier journal dans un sac en plastique. Après avoir déposé mon fils à la garderie, je me demandais comment j’allais bien pouvoir me débarrasser de cette bestiole. Je fus tentée de jeter le tout dans un caniveau… Finalement, je pris l’autoroute et réfléchis en chemin. Il était évident que je ne pouvais pas descendre sur les bords de la Moselle, habillée comme je l’étais. En même temps, j’avais quasiment juré… J’optai pour un compromis et à l’heure du déjeuner, je balançai le cadavre par-dessus le pont, directement dans la Moselle.

Une semaine plus tard, Domino gisait ventre en l’air… Le chagrin, sans doute… Par lassitude ou habitude, Stefan contempla sa tortue et ne broncha pas lorsque je l’emballai à son tour dans du papier journal. Nul ne fut besoin d’argumenter sur son sort et Domino termina sa courte et triste existence dans la poubelle… Ce fut la fin de l’épisode animal domestique, jusqu’à l’arrivée dans notre vie de Monique et son labrador Lorca. Mais cela est une autre histoire !…

 

 

 

Une maman heureuse

Outre un très beau cadeau, mon fils unique m’a offert hier un repas préparé par ses soins et ce deuxième cadeau m’a beaucoup émue, car il a bien du mérite à cuisiner dans son petit studio équipé de deux petites plaques électriques. D’autant qu’il en profite, lorsqu’il nous invite, pour faire le ménage afin de nous accueillir dans un endroit rangé et propre. Moi qui suis très paresseuse, j’apprécie cet effort à sa juste valeur !
Longtemps mon fils a ignoré combien j’appréhendais, quand il était enfant, cette fête populaire qui fait le bonheur des mamans et des commerçants ! Car les cadeaux des petits enfants sont redoutables !!! Les maîtresses, souvent très jeunes et encore célibataires, n’ont aucune pitié pour les mères de leurs élèves. Et comme si cela ne suffisait pas, les jeunes femmes de la garderie en remettaient une couche ! Le matin du jour J, mon gamin débarquait dans ma chambre avec ses paquets maladroitement ficelés desquels émergeaient, au mieux un foulard peint de sa petite mimine et au pire un objet en pâte à sel !… Il fallait faire semblant d’être heureuse et je m’en voulais de ne pas sincèrement m’extasier devant la chose et ne pas voir dans cette horreur la preuve d’un génie artistique en gestation. Heureusement, le lendemain, nous étions quelques jeunes mamans à nous retrouver devant la machine à café du bureau et à comparer nos cadeaux. Et nous nous moquions sans honte des objets plus grossiers et plus laids les uns que les autres. Dieu merci ! le collier en coquillettes peintes me fut épargné !!! Deux fois même, je reçus de beaux présents : un poème joliment illustré et une boîte à bijoux en pinces à linge très sobre et très mignonne.
Le plus difficile, après avoir feint l’extase devant le bambin attentif, était de lui expliquer qu’il n’était vraiment pas possible d’exposer la chose sur la table ou une étagère du salon. Mon plus gros mensonge de maman fut d’affirmer à mon fils que je voulais garder son cadeau pour moi toute seule dans ma chambre, à l’abri des regards concupiscents de mes amies qui peut-être le voleraient par envie !… Le gamin en resta bouche bée et poussa plus tard la candeur à fermer lui-même la porte de ma chambre lorsque nous recevions des amis à dîner !
Très tôt, Stefan reçut de l’argent de poche hebdomadaire qu’il devait lui-même gérer. Il eut alors à cœur d’économiser pour m’offrir un cadeau supplémentaire, un bijou acheté. Ma mère, connaissant mes goûts, tenta de conseiller son petit-fils. Mais le gamin déjà têtu refusa tout net les discrètes boucles d’oreilles fantaisie proposées et opta pour une paire de clips d’une taille monstrueuse et ornés d’énormes « diamants ». Bien que discrètement prévenue par ma mère, le choc fut rude… Sous son œil rigolard, je déballai le paquet et en restai bouche bée de stupéfaction. Elle retenait avec peine un fou rire qui enflait en elle, se trouvant peut-être vengée des horreurs qu’elle-même avait reçues de son dernier enfant, le seul des quatre qu’elle ait élevés. J’avais d’ailleurs à chaque fois une pensée émue pour ces mères de plusieurs enfants d’âge scolaire…
J’imagine que mon fils mesurait son amour pour moi à la grosseur du bijou acheté. Je ne dis pas que je souhaitais alors qu’il m’aimât un peu moins, mais j’attendais avec hâte qu’il comprenne qu’il n’en est rien. Afin de ne pas faire de peine à mon garçon, j’accrochais chaque matin les énormes clips à mes lobes, les décrochais dans la voiture et les raccrochais le soir. Et gare si par malheur je les oubliais dans la boîte à gants ! Immédiatement son regard affuté se portait sur mes oreilles nues et je devais improviser un nouveau mensonge. Heureusement, j’étais au moins aussi vigilante que lui, et il ne me fut qu’une ou deux fois nécessaire de me justifier…
Et puis un jour, pré-adolescent, il eut la lumineuse idée de m’offrir un livre de poche ! Le matin même, il se leva à l’aube pour aller acheter une rose unique au fleuriste du coin et la déposa dans un soliflore sur la table du petit-déjeuner qu’il avait préparé avant d’aller me réveiller par un bisou. Ma joie, cette fois non feinte, dut le convaincre de poursuivre dans cette voie. Il faut dire aussi qu’il avait passé l’âge des travaux manuels puisqu’il ne fréquentait plus la garderie.
Depuis, mon gamin est devenu un grand garçon et même un homme, et ses cadeaux sont désormais plus conformes à mes goûts ! Les horreurs de sa jeunesse ne sont plus que de bons souvenirs qui le font hurler de rire lorsque je les évoque !

 

Résultats du sondage du 30 mars 2008

A la question,  » Etes-vous pour ou contre l’heure d’été ? « , 25 visiteurs ont voté :

Pour : 16
Contre : 9

Merci à tous ceux et celles qui ont voté !

Pas d’inquiétude !…

Qui ceux et celles qui nous ont envoyé des messages ne s’inquiètent plus ! Nous ne sommes ni malades ni fâchées ! Notre week-end à Bruxelles s’est merveilleusement bien passé et nous avons bien évidemment l’intention de partager avec vous à la fois nos impressions et nos photos, mais j’ai eu une semaine très chargée en rentrant, avec plus de cinquante heures de boulot (sans compter les temps de route) à la fois à l’extérieur et à la maison. La semaine prochaine s’annonce à peine plus cool… Monique est en train de trier, redimensionner et nommer les photos et je devrais être en mesure de m’occuper du texte d’ici la fin de la semaine prochaine.
Patience ! Cela vaut la peine d’attendre, car les photos sont superbes !

La Punto de Momo

fiatgrandepunto.jpg

Punto est arrivée eh eh !
Sans s’presser eh eh !
La belle Punto,
La Grande Punto,
La nouvelle voitur’ de Momo !
 
Nous en parlions depuis des années, nous l’attendions depuis des semaines. Elle est enfin là, bleue comme la Reine de la nuit.
Elle devait arriver la semaine dernière… Fausse joie et multiples rebondissements ! Notre garagiste préféré, débordé depuis l’arrêt pour maladie de son mécanicien, n’avait pas eu le temps de la préparer. Il a donc appelé vers 20h00 pour dire qu’il passerait d’ici une demi-heure pour prendre la Toyota (qui n’était plus assurée à compter de minuit) et laisser une voiture de prêt à Monique pour le lendemain. Il arriva à… 22h30 ! Notre garagiste est un Stéphane… charmant mais pas toujours fiable !!!
La vieille Toyota, devenue en quinze ans beaucoup plus qu’une voiture – fidèle compagne porteuse d’un lourd symbole lié à la mort – partit donc dans la nuit et Monique n’eut pas le temps d’avoir la larme à l’œil qu’elle avait déjà disparu !
Monique et moi avons inversé nos choix : moi qui suis un parangon de fidélité, je n’ai pas acheté Fiat pour la première fois en 2006 mais Toyota. Monique en revanche avait déjà délaissé la marque japonaise pour des Américaines ou des Italiennes et revient, en 2008, vers ses premières amours.
Quant à la « vieille » Toyota (15 ans et plus de 250.000 km dans les roues), elle va encore faire le bonheur d’un couple d’amis. L’idée plaît beaucoup à Monique qui redoutait de voir sa chère Corola partir à la casse ! Aussi, quand elle sera prise de nostalgie, nous nous inviterons à l’apéro chez Nini et J.-P. pour caresser la carrosserie qui porte les stigmates de son grand âge !

 

Le jeu de massacre

Chez nous, la télévision ne fonctionne pas du matin au soir, elle ne sert pas de bruit de fond, elle n’est pas non plus allumée lorsque nous recevons et pas davantage si nous décidons de faire une partie de yams ou de scrabble. Elle est habituellement mise en marche au moment du dîner, pour les informations, si celles-ci ne sont pas terminées. Durant la période estivale, elle jouit d’un repos quasiment complet et à peine mérité, sauf en cas d’été pourri. Tout cela pour dire que nous sommes assez peu au courant des diverses séries ou jeux télévisés et encore moins des émissions de TV réalité. Quant à la Star Ac’, je n’en connais que le nom ! Il n’y a guère que les films et le sport (foot et rugby pour Monique, patinage artistique pour moi) et les talk shows en deuxième partie de soirée qui trouvent grâce à nos yeux.
Afin de m’éviter un match de foot à table, Monique zappa (d’habitude, c’est moi la reine de la zappette !) sur une autre chaîne. Une émission de variété venait de commencer. Pas vraiment ma tasse de thé, mais Monique ne déteste pas. En fait, c’était « La nouvelle star », le pendant sur M6 de la Star Ac’.
Sur le coup, je crus qu’il s’agissait d’un jeu de massacre et que le gagnant serait celui qui chanterait le plus mal possible la chanson connue d’un chanteur célèbre. En l’occurrence, la jeune fille qui interpréta un « tube » de Barbara était bien partie pour remporter une palme !… La pauvre Barbara a dû faire péter le couvercle de son cercueil en sursautant d’horreur !… Le garçon suivant, qui massacra allègrement un gros succès de David Bowie, tenta néanmoins de mieux faire et réussit peut-être…
Le suspens était à ce point insoutenable que nous avons éteint le poste et entamé une bonne partie de yams !!!

Petite démonstration de relativité

Lorsque j’étais salariée, j’adorais le mois de mai et ses ponts multiples. Je pestais lorsque deux jours fériés tombaient le même jour, ce qui, fort heureusement, arrivait assez rarement.
Depuis que je travaille pour mon propre compte, je crains les mois à ponts et tout particulièrement le mois de mai ! Cette année, la Fête du Travail et l’Ascension tombèrent le même jour ! Ouf ! un jour de gagné ! Car le jeudi, je travaille depuis quelques mois toute la journée chez un médecin. Heureusement, il n’a pas fait le pont, ni le 2 ni le 9 mai, et j’ai donc pu bosser ces deux vendredis en échange. Autrement dit, pas de manque à gagner.
Et ce lundi de Pentecôte, férié pour certains et pas pour d’autres depuis une polémique et une danse de Saint-Guy qui dure depuis plusieurs années, j’ai travaillé à la maison, dès l’aube, à la rédaction du roman de la vie d’un client.
Avant 2004, il aurait bien fallu me payer au moins triple salaire pour que j’accepte de bonne grâce de bosser un jour férié ! C’est fou comme on change !…

Mai 68 : 40 ans

Dès le début de l’année 1967, des milliers d’ouvriers se mirent en grève. Les salaires étaient les plus bas de la CEE, la durée hebdomadaire de travail la plus longue et les impôts les plus élevés. Sans parler des nouvelles ordonnances sur la Sécurité Sociale. Le gouvernement en place fit savoir qu’il était impossible de relever le niveau des salaires, les caisses étant vides (tiens ! ça me rappelle quelque chose !) . Le mouvement gréviste se renforça et s’étendit à toute la France.
Début 1968, les étudiants organisèrent des manifestations, tout d’abord à Paris puis aux quatre coins du pays. De nouvelles réformes jugées injustes ajoutées à des universités bondées et des locaux vétustes, ils avaient quelques raisons de se montrer mécontents, en plus de leur opposition à la guerre du Vietnam et la politique des Etats-Unis.
Du 6 au 10 mai, de violents combats de rues opposèrent étudiants armés de pavés et CRS. Les évènements, largement commentés par la radio, souleva l’opinion publique, déjà en faveur des étudiants.
Georges Pompidou, alors Premier ministre de Charles de Gaulle, Président de la République française, céda sur toutes les revendications estudiantines dans l’espoir de désamorcer la crise. Au contraire, elle s’amplifia. Un million de manifestants défilèrent, ouvriers et étudiants unis pour une même cause. Le mouvement protestataire s’amplifia et plus des deux tiers des travailleurs se mirent en grève. Ce fut une grève quasi générale.
Résultats du mouvement : les accords de Grenelle avec une augmentation du smic de 25% et des autres salaires de 10% (malgré les caisses vides !) et une diminution du temps de travail hebdomadaire.
Cela ne suffisait pas et la crise sociale évolua en une crise politique qui aboutira un an plus tard à la démission du Général de Gaulle.
En 1968, j’avais 11 ans. Hélas trop jeune pour jeter des pavés ! En 2008, à bientôt 51 ans, hélas trop vieille… En admettant que les organisations syndicales parviennent à faire bouger les Français qui ont pourtant au moins autant de raisons de manifester leur mécontentement qu’il y a quarante ans !

Hommage à Pascal Sevran

sevran.jpg

Voilà, cette fois il ne s’agit pas d’une fausse information ; Pascal Sevran est mort ce matin.
Oh ! bien sûr, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat… à peine un article dans un blog… Ce n’était pas un grand homme, seulement un personnage.
Le grand public le connaissait pour ses émissions de variété un peu ringardes ; nombreux sont ceux qui ignorent qu’il était avant tout un écrivain, même un très bon écrivain, qui avait reçu le Prix Roger Nimier en 1979. Sevran, autodidacte, avait fréquenté Emmanuel Berl et lu Chardonne. Tout de même !…
Bien sûr, il agaçait, il provoquait, il exaspérait. Certains lui reprochaient ses amitiés, se demandant comment il pouvait à la fois avoir été l’intime de François Mitterrand, être en même temps l’ami de Jack Lang et Bertrand Delanoë et soutenir Nicolas Sarkozy. C’est oublier que derrière la politique se trouvent des hommes de chair et d’os, de sang et de larmes et qu’on peut éprouver de l’amitié pour des personnes d’horizons opposés. Qui peut prétendre n’avoir des amis que de son bord ? Je l’ai déjà dit, j’ai des amis qui se réclament de gauche et d’autres qui sont de droite. Et ceux qui avouent pencher à droite ne sont pas toujours les moins chaleureux, les moins généreux, les moins attentifs aux autres.
Même si la variété n’est pas ma tasse de thé quotidienne, je reconnais à Pascal Sevran le mérite d’avoir inlassablement défendu la chanson française, alors qu’il est davantage à la mode de chanter en anglais.
Mais j’aimais par-dessus tout l’écrivain talentueux à la plume tour à tour trempée dans l’acide et les larmes. Il est délicieusement méchant dans ses phrases assassines destinées à ceux et celles qu’il n’aime pas ; il est infiniment tendre dans les souvenirs qu’il a ressassés depuis la disparition de son compagnon en 1998. J’ai découvert Pascal Sevran dans ce livre, « La vie sans lui », premier tome d’une série de journaux intimes publiés ensuite chaque début d’année. Sevran était un extraordinaire diariste ! Car le journal intime est sans aucun doute un des genres littéraires les plus difficiles à maîtriser.
J’ai lu chacun de ses livres et j’ai apprécié le talent de cet écorché vif qui mordait pour se protéger et se soulait de mots pour survivre. Certains ont essayé de souiller cet amour qu’il avait pour Stéphane ; les phrases qu’il écrivait sur ce garçon, qu’il a aimé jusqu’au bout de sa terrible maladie, encore et toujours dans chaque nouveau journal, me bouleversaient.
Voilà. Pascal Sevran n’était pas un ami, mais je suis triste ce soir.

Un cousin épatant

lagneymai2008005.jpg 

Christian, mon cousin par alliance, est tétraplégique depuis deux ans et demi, précisément depuis le 1er janvier 2006. Alors qu’ils rentraient chez eux après avoir fêté la Saint Sylvestre en famille, un sanglier croisa leur chemin, une route qu’ils connaissaient par cœur. Sa femme, qui conduisait car elle ne boit jamais une goutte d’alcool, braqua à droite en direction d’un champ pour éviter le choc frontal avec l’animal. Malheureusement, entre la route et le champ se trouvait à cet endroit un fossé. La voiture piqua du nez et se retourna. Le cousin comprit tout de suite que c’était grave…
Après six mois à l’hôpital, le voilà dans un centre de rééducation. Le pauvre n’eut pas de chance : il souffrit d’un staphylocoque doré puis d’escarres gravissimes qui freinèrent sa rééducation. Puis sa femme le quitta, des soucis financiers s’enchaînèrent… Bref, la scoumoune la plus complète ! Et malgré tout, il garde le sourire, au moins en notre présence, toujours heureux de nous voir, toujours indulgent lorsque nous tardons à lui rendre visite, toujours à l’écoute de nos préoccupations, toujours content de recevoir une carte postale de nos lieux de vacances. Aucune amertume, aucune méchanceté, aucune agressivité ne sont venues modifier son caractère.
Je connaissais assez peu ce cousin par alliance bâti comme un géant, mais j’appréciais déjà sa personnalité et sa philosophie de vie qui me réconciliaient avec un type d’hommes dont le physique me fait peur !…
Et voilà qu’il peut rentrer chez lui pour quelques jours. Pour l’occasion, deux de ses enfants ont fait le voyage de Vendée en Lorraine. Son auxiliaire de vie, dont il nous avait un peu parlé lors de notre dernière visite au Centre de Réadaptation, serait également là. Il nous invita donc à venir déjeuner !… Cela faisait de très longs mois que nous ne l’avions pas vu autrement que couché dans un lit ; nous ne pouvons lui rendre visite qu’après 17h00, quand il est recouché après plusieurs heures de rééducation et balades autonomes en fauteuil électrique.
Alors il était heureux, le cousin, de nous accueillir chez lui ! Nous n’y avions pas mis les pieds depuis l’accident…  Les jeunes s’activaient autour du barbecue et de la table sur la terrasse ; Martine, l’auxiliaire de vie, œuvrait en cuisine. Christian, en vrai maître de maison, nous accompagna dans le jardin sur quelques mètres.
Cet après-midi en famille, chez lui, fut une bouffée de bonheur. Il plaisantait, il riait même, se débrouillait tout seul pour déambuler et manger à table avec nous. Martine, sans cesse attentive à ses besoins, semblait avoir trouvé la juste mesure entre l’aide nécessaire pour progresser et l’assistanat dégradant et destructeur. De notre génération, elle n’est pas étrangère aux propos du cousin sur ses souvenirs de jeunesse, des chansons d’autrefois, des évènements divers, etc. Souriante, sympathique, dévouée, un brin espiègle, elle semble avoir su nouer des liens complices, indispensables pour une bonne entente entre handicapé et auxiliaire de vie.
Merci mon cousin, pour cet après-midi très agréable. Ton rire, tes plaisanteries et tes regards moqueurs nous faisaient presque oublier ton handicap. Comme tu le dis si bien, la différence entre un handicapé et un non-handicapé est que le handicapé vient avec son siège quand on l’invite ! Voilà l’humour décapant du cousin Christian qui a décidé que devenir tétraplégique n’est pas la fin du monde. Une belle leçon de courage et de relativité !… (pour d’autres photos, cliquer sur l’onglet « photos » dans la barre d’outils du blog)

 




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